1.2 Situation actuelle, méconnaissance du contexte et défis

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Malgré ces évolutions positives, et leurs contributions favorables au développement territorial, les circuits courts sont limités par un manque d’encouragement politique efficient. L’émergence de nouveaux projets manque de soutien financier, par méconnaissance du sujet et des actions menées qui sont plutôt éloignées des différentes réalités et dynamiques des territoires. Pour Traversac (2010), les acteurs principaux sont les agriculteurs, mais une coordination est aussi nécessaire avec des acteurs « pas traditionnels de la sphère agricole », comme des acteurs politiques, des associations, des élus locaux…etc.

Certes le plan de développement des circuits courts conduit par le gouvernement central, prévoit 4 axes dont, l’amélioration des connaissances sur les circuits courts, la formation des agriculteurs puis l’aide à l’installation et finalement une meilleure organisation à travers une charte qui définit des critères communs(23). Mais il paraitrait que tout cela a été construit loin des acteurs directs selon une modalité « Top Down »(24), et la plupart d’initiatives et des programmes de soutien viennent des politiques locales. Selon Frantz Jenot, délégué régionale en agriculture du Parti socialiste, le plan Barnier est très peu développé. Ce sont surtout les politiques locales et régionales qui sont très actives en matière de circuits courts, par contre « L’Etat

Français et l’Europe sont très peu présents pour l’instant ». La grande priorité selon lui, est justement : « la mise en place de dispositifs qui accompagnent d’une meilleure façon les collectivités territoriales, les producteurs, les acteurs économiques. »(25)

Le besoin de soutien de la part du gouvernement central est claire et aujourd’hui il est sous forme d’une proposition concrète. Elle propose un « vrai Plan d’actions circuits courts »(26) et fixe par exemple comme objectif : Passer de 5% de la consommation française en produits issus des circuits courts a plus de 15% à l’horizon 2025. Mais ce qui reste prioritaire dans ce plan actuellement et là ou l’accent devrait être mis c’est sur la concrétisation du soutien direct au producteur sous forme de formation ou de crédits pour le développement de leur mode de commercialisation.

Dans l’attente d’une meilleure structuration et coordination des pouvoirs publics et des collectivités territoriales, les initiatives émanées d’acteurs continuent à se développer. C’est le cas de plusieurs producteurs en Poitou-Charentes qui s’organisent afin de commercialiser en commun et en utilisant des ressources et des aides de la part d’associations de formation ou autres organismes syndicaux, militants tels que les CIVAM, Accueil Paysan, ou d’autres Fédérations.(27)

23 Plan Barnier, 2009, http://agriculture.gouv.fr/developper-les-circuits-courts
24 Expression en provenance des sciences informatiques, utilisée en sciences sociales para définir un modèle de développement mis en marche du haut vers le bas.
25 Interview réalisé a Frantz Jenot, délégué régionale en agriculture du Parti socialiste français, 19 Juillet 2013 – 11h00 AM
26 Voir Annexe 2 – (Proposition de plan d’action pour les circuits courts)
27 Dans les deux sevres: Acceuil Paysan, Impact, l’AFIPAR, la CIVAM travaille en réseau afin de mieux s’adapter aux besoins des agriculteurs et de leurs initiatives.

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