1.1. Analyse de la convergence

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Le modèle à estimer afin d’avoir le score de convergence se présente comme suit :

Formule

Après estimation sur le logiciel data enveloppement analysis programme (DEAP) version 2.1, les résultats sur le niveau de convergence sont présentés dans le tableau 11.

Tableau 11 : Résultat de la première estimation (DEA)

Résultat de la première estimation (DEA)

Source : Analyses auteurs

Graphiquement, la situation se présente comme suit :

Graphique 14 : convergence et non convergence

Convergence et non convergence

Source : Analyse auteur

On constate que les institutions sous études présentent un niveau de convergence entre la portée sociale et l’autosuffisance opérationnelle faible. En moyenne le score est de 0.29103226, largement en décas de 1. De plus, la plus part des institutions sous études (74%) ont affiché un score de convergence de moins de 0,5.

Il y a à peine quatre institutions qui affichent le score de 1. Cela étant, une analyse comparative sera menée entre ces dernières et le reste de l’échantillon en vue d’identifier les forces et les faiblesses leurs forces et faiblesses de manière à proposer des stratégies efficaces.

Tableau 12 : Benchmark entre les DMU efficientes et les DMU non efficientes

Benchmark entre les DMU efficientes et les DMU non efficientes

Source : Analyses de l’auteur

Parmi les IMF efficientes, on retrouve trois institutions mutualistes et une institution non mutualiste. Ces quatre DMU ont poursuivi un réel objectif social pendant l’année d’étude, s’il on se réfère à la taille du prêt(40), mais ont arboré également de très bons résultats financiers en regardant le niveau de l’autosuffisance opérationnelle. Bien que toutes les institutions n’aient pas pu réaliser cette convergence, néanmoins cet exemple illustre la capacité de certaines institutions actives à Kinshasa de combiner la portée sociale aux performances financières. Le 12% des institutions convergentes dans notre échantillon nous conduit à accepter partiellement notre première hypothèse.

Les DMU efficientes sont des structures de taille modeste et moyenne si l’on considère leur nombre total d’emprunteurs. Le point commun le plus frappant entre ces quatre structures est la faible proportion des charges d’exploitation sur l’encours brut de crédit. Sans doute trop hâtivement, on peut en déduire que le point fort de ces institutions résident dans leur localisation et ciblage qui influence positivement le coût de transaction et par ricochet baisse le niveau des charges de ces institutions. On doit toutefois nuancer ce propos en avançant que d’autres facteurs influent sur le niveau de charge administrative comme par exemple le faible nombre des employés.

Graphique 15 : Benchmark entre les DMU efficientes et les DMU non efficientes

Benchmark entre les DMU efficientes et les DMU non efficientes'

Source : Analyses de l’auteur

Cette illustration graphique vient étayer l’argument selon lequel, les DMU ayant un score de 1 sont très efficients dans la gestion de leur charge. En opposé, on remarque que les quatre DMU les moins efficients ont un ratio des charges d’exploitation très élevé. Par-là, on présume donc que le niveau de charge d’exploitation exerce une influence non négligeable sur le niveau de convergence.

Toutefois, au-delà ces éléments, ces DMU efficients possèdent aussi quelques faiblesses qui ne leur permettant pas d’être performantes sur tout point de vue. La prise en compte de ces détails améliorera sans nul doute les performances de ces institutions.

Tableau 13 : Forces et faiblesses des DMU efficientes

Forces et faiblesses des DMU efficientes

Source : Analyse de l’auteur

Le faible niveau des charges d’exploitation constaté au niveau du benchmark peut s’expliquer par le fait que ces institutions n’accordent pas des rémunérations adéquates à leurs employés. Leur niveau de salaire moyen s’est situé entre de 200 à 350 dollars US en 2011 (FPM dossier d’évaluation). Cette faible rémunération combinée à une motivation non régulière se répercute négativement sur le niveau de stabilité des employés et entraine par conséquent des démissions assez importantes de ces derniers. En 2011, Le taux de « turn over » a été supérieur à 8% pour quasiment toutes les institutions efficientes (FPM 2011). Pour certaines institutions, les politiques de motivation ne sont plus adéquates au contexte actuel.

A ces choses s’ajoute l’absence d’un plan de carrière bien défini et connu par tous. Les employés n’étant garantis en rien sur leur avenir au sein de l’institution, n’hésiterait en aucun cas de quitter l’institution lorsqu’une bonne offre se présente.

Pour ce qui est de ressource, il sied de noter que la plupart de ces institutions ne disposent pas des stratégies efficaces afin d’optimiser la collecte de l’épargne. Avec des taux de transformation allant jusqu’à plus de 140%, certaines institutions sous étude recourent aux emprunts en lieu et place de maximiser la collecte d’une ressource quasiment gratuite. Les dépôts à terme occupent une proportion très faible dans ces institutions.

Par ailleurs, le non recours ou la non actualisation des études de marché pose un grand problème dans ces institutions. Faute des moyens et des compétences nécessaires, pratiquement toutes les institutions efficientes ne recourent pas aux études de marché avant la mise en place d’un nouveau produit. Ainsi, ces dernières ignorent la dynamique des besoins de leur public cible dans les caractéristiques de leurs produits. Si leurs offres connaissent encore du succès jusque-là, c’est simplement parce que le marché de la microfinance est encore dans une phase oligopolistique. Le manque d’information sur les vrais besoin de leurs cibles leur pousse à offrir des produits standards.

40 Nous rappelons que la taille moyenne du prêt est utilisée comme proxy pour refléter la portée sociale.

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