Section III : Autres concepts

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Cette section est réservée à la définition de certains concepts évoqués dans cette étude. Ce sont : la liberté d’expression, le droit à l’information et le droit à l’image(A). Des notions telles que la communication, l’information et le traitement de l’information ont également été définies (B).

A. Liberté d’expression, droit à l’information et droit à l’image

1. La liberté d’expression

Consacrée par la Déclaration française des droits de l’Homme de 1789 et proclamée par la loi du 29 juillet 1889, la liberté d’expression s’entend du droit d’opinion et de la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence des autorités publiques et sans considération de frontière.

2. Le droit à l’information

Le droit à l’information désigne le droit de tout un chacun à être informé. Il requiert des pouvoirs publics un certain interventionnisme dans le but de rendre l’information accessible au plus grand nombre. Dans Lexique d’information communication, on peut lire ceci : « Droit à l’information : Conception ou théorie qui voudrait, dans les systèmes démocratiques les plus avancés, constituer le principe d’information comme l’un des fondements du droit applicable aux activités d’information et de communication. Il s’agit notamment de faire du principe de liberté d’expression ou de communication, au-delà du privilège de quelques-uns (éditeurs, journalistes), ou d’une simple conception formelle, un droit pour le plus grand nombre, sinon pour tous. Sans remettre en cause les valeurs et les acquis des régimes de liberté d’expression, la théorie du droit du public à l’information vise à les conforter (15) ».

3. Le droit à l’image

Le droit à l’image est le droit pour tout un chacun d’autoriser ou de s’opposer à la fixation et à la diffusion de son image. C’est un droit de la personnalité au même titre que le droit au respect de la vie privée. Le droit à l’image est un droit inaliénable puisque rattaché à la personne; il ne peut pas être cédé. On peut être autorisé à fixer et à diffuser l’image d’autrui, mais en aucun cas on ne saurait être titulaire de son droit à l’image.

L’autorisation dont il est question est nécessaire quel que soit le lieu (public ou privé) dans lequel l’intéressé a été photographié ou filmé et quelle que soit la partie de son corps reproduite et diffusée. Il est en outre interdit de faire de l’image d’autrui un usage autre que celui consenti.

Toutefois, l’autorisation n’est pas requise lorsque l’on fixe et publie l’image d’une personne ayant une vie publique si l’image y est liée. Il est également permis que soit diffusée sans l’autorisation de l’intéressé, une image prise lors d’un évènement d’actualité, à la seule condition que l’image s’y rapporte. Enfin, il est possible de passer outre l’autorisation si l’image porte sur un groupe de personne sans centrer l’attention sur l’une ou l’autre d’entre elles.
En tout état de cause, la publication de l’image ne doit pas être dévalorisante. La sanction de la violation du droit à l’image peut consister en une interdiction de diffusion, en une condamnation pénale ou au paiement de dommages-intérêts pour le préjudice causé.

B. Communication, information et traitement de l’information

1. La communication

Etymologiquement, le mot communication vient du latin communicare qui signifie « mettre en commun ». Le mot s’est ensuite enrichi de multiples significations telles que « entrer en relation », « être en relation », « mettre en relation » ou bien encore « faire connaître ».

Francis Balle définit la communication dans Lexique d’information Communication comme : « l’action consistant, pour les Hommes, à échanger des messages, en face ou bien à distance, avec ou non le secours d’un média, et quelle que soit la forme ou la finalité de cet échange ». La communication désigne donc à la fois une action et le résultat de cette action : communicare et communitas (16) » (p. 82).

La communication est couramment définie comme l’action de communiquer, d’établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu’un. Elle désigne aussi l’ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d’un message auprès d’une audience plus ou moins vaste et hétérogène. C’est également l’action d’une organisation qui poursuit la promotion de son activité ou l’entretien de son image auprès d’un public par tout procédé médiatique.

La communication s’entend d’un échange de messages entre un émetteur et un récepteur et ce, par l’intermédiaire d’un canal. La communication implique une interactivité entre l’émetteur et le récepteur.

Au sein des organisations, il existe plusieurs types de communication. La communication interne est destinée aux membres de l’organisation tandis que la communication externe est orientée vers le public, les usagers ou les clients. On parle également de communication institutionnelle par laquelle une organisation cherche à faire connaître ses missions, ainsi que de la communication commerciale qui a pour but de « vendre » l’entreprise, ses marques et ses produits. Mentionnons enfin la communication de crise qui regroupe les actions de communication engagées par une structure en période de difficultés. La tragédie du Titanic en 1912, ce paquebot de 52 310 tonnes, marque de l’avis de certains auteurs comme Thierry Libaert, le point de départ de la communication de crise.

2. L’information

Le mot information découle du latin « informare » : façonner, former ou encore donner forme. L’information, elle aussi, est un terme polysémique. Dans le contexte de notre étude, l’information désigne la nouvelle d’actualité. Le Lexique d’information communication indique que l’information est une institution singulière avec ses techniques, ses professionnels et ses disciplines, née avec les journaux quotidiens au XIXe siècle. L’information désigne encore un texte qui, à partir d’un évènement, met en scène le plus efficacement possible les faits nouveaux, intéressants et significatifs en les plaçant dans leur contexte de signification.

3. Le traitement de l’information

Le traitement de l’information est l’ensemble des procédures mises en œuvre pour passer des informations « brutes », reçues de différentes sources, à la production de textes, illustrés ou non, prenant des formes rédactionnelles variées et remplissant les colonnes des journaux et périodiques, ou les séquences d’information des chaînes de radios et de télévisions.

Dans le cadre de cette étude, nous utilisons les termes « brève », « filet », « reportage » et « compte rendu » qui désignent des genres journalistiques.
La brève, comme son nom l’indique, est un article qui donne l’essentiel de l’information en quelques lignes. La brève répond aux questions : qui, quoi, où et quand ? En principe, elle ne doit pas être titrée mais il existe dans la pratique des déviations à ce principe.

Le filet est une brève plus ou moins développée. Elle reprend l’essentiel de la brève et s’allonge sur 10, 30 ou 50 lignes. Elle est titrée.

Le reportage est un article de presse qui donne à voir, à entendre, à sentir ou à vivre un évènement. Le reportage fournit la réponse aux questions : qui fait quoi, où, quand, comment, pourquoi et pour quoi ? Les anglais parlent de cinq W plus ,1 à savoir : who, what, where, when, why et how.

« Le reportage révèle l’âme du journal parce que le reporter, c’est un œil, un nez et une oreille branchés sur un stylo (17) », disait Jean Luc Lagardette.
Le compte rendu, lui, se contente de donner à voir ou à entendre un évènement. Mais il ne fait pas vivre ou sentir l’évènement en ce sens qu’il ne fait pas ressortir l’ambiance de la manifestation.

Dans l’étude, nous utilisons parfois les mots « titre », « chapeau », « intertitre », « attaque », « chute » et « légende ».

Le titre est défini comme « le visage de l’article », permettant d’attirer l’attention et de délivrer un message.

Le chapeau est un court texte qui permet au lecteur de connaître l’essentiel de ce qu’il va lire. Il est composé sur une autre largeur que le texte et dans des caractères différents de taille, de genre.

L’intertitre est un titre placé entre les colonnes de l’article pour en faciliter l’approche et la lecture. Il est parfois le résumé de la partie de l’article qu’il précède. Il a pour rôle de reposer l’œil, de casser la grisaille et la masse du texte.

L’attaque est constituée de la première phrase ou du premier paragraphe de l’article. Il est servi en apéritif au lecteur et doit lui donner l’envie de lire.
La chute, c’est les derniers mots, la dernière phrase ou le dernier paragraphe de l’article. Il est adapté à chaque genre journalistique. Pour les papiers informatifs, à l’exception des commentaires d’opinion, la chute est la dernière chose que le journaliste a à dire.

En journalisme, la légende est un texte qui accompagne une photo illustrant un article. En principe, son but est d’apporter une information qui n’existe pas dans le corps de l’article.

Le commentaire d’opinion et l’analyse ne sont pas concernés par cette étude. Ces genres rédactionnels ont ceci de particulier qu’ils ne se contentent pas de donner une nouvelle d’actualité. Leur propre est de livrer aux lecteurs l’opinion du journal sur un fait d’actualité.

L’interview, l’enquête, la chronique, le courrier des lecteurs et maintenant le forum ou la tribune des internautes ne sont pas pris en compte dans la présente étude.

15 Francis Balle et autres, Lexique d’information communication, Paris, Dalloz 2006, P.151
16 Balle Francis et autres, Lexique d’information communication, Dalloz, 2006, Paris, P. 82
17 Lagardette Jean Luc, Le guide de l’écriture journalistique, Syros, Paris, P. 107

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