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Section 2 – Rejet par le droit de la conception médicale du suicide

Pour comprendre le suicide dans son approche psychopathologique, il conviendra
d’étudier les données biologiques et neuro-anatomiques utilisées (§1) et l’association
fondamentale : conduites suicidaires et troubles de l’humeur (§2).

1 – Données biologiques et neuro-anatomiques

Le suicide ne fait pas l’objet de la même approche selon que l’on se situe dans le
domaine juridique précédemment étudié ou dans le domaine psychopathologique. Le
suicide « implique qu’il y ait décès et que ce décès ait été provoqué par la victime. Le
décès doit résulter d’un acte volontaire, avec comme intention consciente le désir de
mort. » (66) C’est bien un acte volontaire, mais les auteurs cités pointent du doigt la place
centrale du trouble psychique dans le suicide. Ainsi le type de trouble se retrouve dans
81 à 100 % des décès par suicide (Isometsä, 2001). Ce sont essentiellement des troubles
de l’humeur (30 à 90 %), des troubles bipolaires (0 à 23 %), des troubles schizophréniques
(2 à 12 %), et des abus et dépendance à l’alcool (15 à 56 %). Les troubles de la
personnalité ne sont pas toujours recherchés dans les études (0 à 57 %). (67) Le lien est bien
établi entre phénomène suicidaire et troubles dépressifs, schizophréniques, addictions et
troubles de la personnalité. (68)

Des recherches ont été effectuées pour essayer de comprendre les causes du suicide
et l’empreinte de la génétique. Il s’avère qu’il y a bien une possible transmission familiale.

Cela est vérifié chez les apparentés de sujets souffrant de troubles de l’humeur
et ayant réalisé un geste auto-agressif ainsi que les toxicomanes abstinents sujets d’une
augmentation des passages à l’acte suicidaire. Ce surgissement agressif serait favorisé
par l’existence d’abus sexuels dans l’enfance, de troubles de l’humeur, d’impulsivité mal
canalisée et d’abus de substance toxique. (69) D’autres auteurs montrent une corrélation
entre suicidabilité et troubles psychiatriques, dont les troubles dépressifs, anxieux et
alcooliques. (70) Rappelons que cette transmission familiale est distincte de la transmission
génétique. (71) Une étude a été réalisée en 2002 auprès de jumeaux homozygotes
ou « vrais jumeaux », disposant donc du même patrimoine génétique, et soumis aux
mêmes influences environnementales et de jumeaux dizygotes ou « faux jumeaux » ne
disposant que de 50 % de capital génétique commun et soumis eux aussi à des influences
environnementales similaires. Cette étude a montré que les facteurs environnementaux
non partagés par les jumeaux influencent la conduite suicidaire des sujets aux deux tiers.

Par ailleurs et plus fondamentalement il semblerait qu’il y ait une relation de cause
à effet entre les conduites suicidaires et les perturbations physiologiques des médiateurs
cérébraux à l’instar de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine, perturbations
précisément rencontrées dans les dépressions. (72)

La sérotonine est une « substance dérivée d’un acide aminé, le tryptophane, synthétisée
par les cellules de l’intestin et ayant par ailleurs un rôle de neurotransmetteur du
système nerveux central ». (73) Il existe un lien entre cette molécule naturelle et la capacité
de passer à l’acte suicidaire. Les récidives de tentatives de suicide sont selon une étude
de Traskman et al. réalisée en 1981 portant sur des sujets auteurs de tentative de suicide
et respectivement objets d’une mesure du 5-HIAA rachidien dans l’année suivante pour
les uns et dans les cinq ans pour les autres étaient plus fréquentes chez ceux qui avaient
des taux de 5-HIAA inférieurs à 80-90 pmol/ml. Une autre étude montre qu’un défaut
sérotoninergique au niveau du cortex ventral préfrontal peut être lié à une tendance au
passage à l’acte auto ou hétéro agressif, le cortex étant impliqué dans les fonctions exécutives
inhibitrices. Pour d’autres auteurs, le rapprochement entre sérotonine et suicide
se situerait au niveau de prédispositions ou de dimensions agressives, explosives ou
impulsives ou « phénotype intermédiaire ». On a aussi évoqué la mise en cause d’un
allèle du gène TPH1. » (74)

La sérotonine est fabriquée à partir d’un acide aminé appelé tryptophane (Trp) apporté
au cerveau par la circulation sanguine. Ce dernier est absorbé par les neurones et
certains de ceux du noyau du raphé le transforment le tryptophane en 5-hydroxytryptophe
sous l’action d’une enzyme appelée la tryptophane hydroxylase. Cette molécule est alors
convertie en sérotonine (5-HT) grâce à une autre enzyme appelée la 5-hydroxytryptophane
décarboxylase. L’arrivée d’un potentiel d’action ou influx nerveux au niveau de la ter-
minaison synaptique qui sépare deux cellules nerveuses destinées à communiquer entre
elles physiologiquement va libérer la sérotonine dans la fente synaptique par exocytose.

La sérotonine peut alors être recapturée par un neurone appelé présynaptique grâce au
SERT, un transporteur membranaire qui diminue la concentration de sérotonine synaptique.

Un transporteur membranaire est une protéine intrinsèque à la membrane cellulaire
lipidique permettant le passage de composés organiques intermédiaires ou issus du
métabolisme appelés métabolites. Une classe d’antidépresseur agit, en effet, en bloquant
cette recapture par le neurone. La sérotonine est impliquée dans les changements d’état
émotionnel, d’où l’utilisation d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine pour
traiter les symptômes liés à la dépression. (75)

La piste génétique, en amont du dysfonctionnement de l’action de la sérotonine est
tout aussi intéressante. Deux allèles fonctionnels du gêne du SERT ont un rôle dans la
régulation de la fonction sérotoninergique, un court et un long. Les psychiatres Caillard
et Chastang relèvent que « plusieurs études mettent en évidence une interaction entre
la présence de cet allèle court et l’existence d’événements de vie ou de conditions
d’éducation défavorables dans l’enfance et la capacité à développer ultérieurement des
syndromes dépressifs, de même que les sujets à allèle court résistent moins bien aux
événements de vie traumatiques récents. » (76)

La noradrénaline ou norépinephrine est une « substance synthétisée essentiellement
par les fibres nerveuses périphériques sympathiques, mais également par le système
nerveux central et, en faibles quantité, par les glandes médullosurrénales ; elle participe
surtout à la constriction artérielle. » (77) C’est une molécule organique qui joue aussi le
rôle de neurotransmetteur.

La noradrénaline est secrétée au niveau des glandes surrénales. Elle est libérée dans
la circulation générale et peut être à l’origine de bouffées d’adrénaline en cas de stress.

La noradrénaline est aussi produite certains neurones et agit alors comme neurotransmetteur
une fois libérée dans la fente synaptique évoquée ci-dessus. L’arrivée d’un potentiel
d’action (ou influx nerveux) la noradrénaline contenue dans les vésicules synaptiques
est déversée dans la fente synaptique. Elle peut entre autres être recaptée au niveau
présynaptique par un transporteur membranaire et être recyclée dans le neurone noradrénergique.

La noradrénaline est libérée par les fibres nerveuses du système nerveux
sympathique et agit comme neurotransmetteur réglant l’humeur, l’attention, et intervenant
notamment au niveau des émotions.

Si certains auteurs ne retiennent pas le rôle de la noradrénaline dans la psychopathologie
du comportement suicidaire, il en va différemment à propos du stress puisque « le stress
aboutit à une hyperproduction de noradrénaline notamment au niveau du locus coerulus,
et la noradrénaline est considérée comme cruciale dans la gestion de ce stress. »

Le diagnostic de trouble de l’adaptation est, lui, souvent associé au geste suicidaire.

Il semblerait au vu des résultats de plusieurs études que soient associées à ce trouble
des variations génétiques de la tyrosine hydroxylase. (78) Or cette enzyme à l’origine de
toute la chaîne de formation des deux médiateurs importants que sont la dopamine et la
noradrénaline.

Le questionnaire NEO (Neuroticism-Extroversion-Openness) ou test de personnalité
NEO PI-R donne une évaluation des styles émotionnel, impersonnel et motivationnel de
la personne. Cinq grands domaines servent à l’analyse du psychologue et trente facettes
sont nécessaires pour une analyse plus poussée. Ces domaines étant le névrosisme,
l’extraversion, l’ouverture, l’agréabilité et la conscience. L’anxiété, la colère/hostilité
et la dépression font avec la vulnérabilité, la timidité sociale et l’impulsivité partie du
premier domaine. Or des études associent l’allèle T8 de la tyrosine hydroxylase avec des
scores élevés de neuroticisme, en particulier des facettes hostilité colère et vulnérabilité.

La dopamine est un « neurotransmetteur du groupe des catécholamines, précurseur
de la noradrénaline, jouant dans le cerveau un rôle fondamental pour le contrôle de la
motricité et utilisé en thérapeutique pour son action stimulante sur le système cardiovasculaire
». (79) La dopamine est impliquée dans le contrôle des impulsions qui nécessitent
une activation dopaminergique. La dopamine est un neurotransmetteur issu de l’acide
aminé appelé tyrosine. Deux enzymes assurent la réaction, la tyrosine hydroxylase (TH)
qui contrôle la production de L-DOPA et la DOPA-décarboxylase (DDC) qui assure la
décarboxylation de la L-DOPA pour donner la dopamine. Cette dernière sous l’action
d’une autre enzyme pourra aussi se transformer en noradrénaline.

À l’arrivée d’un potentiel d’action ou influx nerveux, les vésicules synaptiques où est
stockée la dopamine libèrent celle-ci dans la fente synaptique. La plus grande partie
de la dopamine est recaptée par des neurones dopaminergiques présynaptiques via des
transporteurs sélectifs DAT et par des neurones noradrénergiques au niveau du cortex
préfrontal via le transporteur NET. L’activation dopaminergique stimule le système de
gratification et de récompense, « qui influe sur la recherche de satisfactions immédiates,
notamment sur les comportements d’appétence toxique et donc sur la réponse impulsive
à la frustration ». (80) Il y a là les contours d’un autre « phénotype intermédiaire » qui
peut concourir à la psychopathologie suicidaire et auto-agressive, les liens entre ces
composantes apparaissant tant dans les données de l’épidémiologie que dans celles de la
clinique. »

Le manque de sérotonine, de noradrénaline ou de dopamine, probablement associé à
d’autres perturbations plus fines est donc bine à l’origine du syndrome dépressif. (81) Il
convient désormais d’étudier l’association conduites suicidaires et troubles de l’humeur (§2).

2 – L’association conduites suicidaires et troubles de l’humeur

Le professeur Jean-Louis Terra rappelle que « le risque suicidaire appartient à la
dépression qui est presque le seul trouble mental où sont présentes des idées de mort
et de suicide. » (82) Affirmation corroborée par des études psychopathologiques et des
autopsies psychologiques comme l’analyse de Harris et Barraclough (1997) soulignant
des taux élevés de dépression, dysthymie et dépressions non spécifiées. La dépression est
reconnue comme responsable de 30 à 87 % des cas de suicides faisant l’objet d’autopsies
psychologiques. Ainsi « la dépression, comme d’autres pathologies psychiatriques,
comporte une augmentation du risque du suicide. Les patients de tous âges chez qui est
initié un traitement antidépresseur doivent être suivis de près pour détecter une éventuelle
aggravation, des signes de suicidalité ou tout autre modification comportementale
inhabituelle ». (83)

Les comorbidités addictives, l’impulsivité, la perte de plaisir et d’intérêt, l’absence de
perspective d’avenir sont des dimensions cliniques de la dépression. Huit étapes sont
retenues dans le cadre de l’intervention des psychiatres : l’établissement d’un lien de
confiance, l’exploration des émotions et sphères de souffrance, l’évaluation du potentiel
suicidaire, l’identification de l’événement précipitant et l’impact à diminuer ; la formulation
de la crise en mots simples ; l’isolement à briser, l’arrêt du processus autodestructeur
et la préparation de l’anticrise. (84) Les auteurs estiment que ce n’est pas tant les causes
psychiques qu’une vulnérabilité particulière qui poussera à l’acte le candidat au suicide.
C’est cette vulnérabilité qui fera la différence entre des individus atteints d’un même
trouble mental, comme l’atteste le plus fort taux de suicide chez les sujets vivant seuls
et chez les sujets au chômage ou inactif. (85)

Le trouble bipolaire successivement nommé psychose maniaco-dépressive puis maladie
maniaco-dépressive, est un trouble psychiatrique caractérisé par « plusieurs épisodes
de perturbation profonde de l’humeur et de l’activité allant tantôt dans le sens d’une
augmentation (manie ou hypomanie), tantôt dans le sens d’une diminution (dépression).
Ce trouble se caractérise donc par l’alternance d’excitation et de mélancolie. Les symptômes
maniaques et dépressifs peuvent se manifester en même temps : c’est l’état mixte.

Ce trouble connaît un fort taux de risque de suicide. Un tiers des patients bipolaires fera
un geste suicidaire, contre un sur 10 pour le suicide. » (86)

Les dépressions bipolaires génèrent plus de suicides que les dépressions unipolaires.
Ces patients connaissent un fort risque élevé de tentatives de suicide, comme le démontrent
les études. Les thèmes délirants fréquents sont de tonalité négative, en accord
avec la tristesse de l’humeur. S’y retrouvent des idées d’indignité, de culpabilité, de
pensées délirantes hypocondriaques. (87) Le trouble bipolaire semble s’expliquer par des
facteurs génétiques et environnementaux.

Le suicide est le risque majeur de la dépression car elle crée douleur et souffrance chez
l’individu atteint. C’est cette souffrance insupportable qui conduit au suicide. Ce qui fait
dire au professeur Michel Debout, spécialiste en la matière, que « le suicide est la marque
du désarroi souvent extrême et non celle de la liberté. C’est très souvent parce que la
personne est restée silencieuse dans son désespoir qu’elle passe à l’acte, prenant le risque
d’en mourir, et c’est pour cela que, s’il est difficile de parler du suicide, il est toujours
plus douloureux de se taire. » (88) C’est bien de la souffrance qu’expriment le plus souvent
au moment de passer à l’acte (quand ils nous ont laissé un document écrit) les défunts
suicidés. La solution radicale qu’ils choisissent est pour eux la seule façon de s’extraire
de la situation désespérée dans laquelle ils sont plongés. Ces témoignages intéressants
permettent de comprendre en aval ce qui se passe au niveau d’un ressenti expliqué par
ce que nous venons d’étudier en amont, à savoir le rôle des neurotransmetteurs et les
troubles de l’humeur associés à la perturbation de leur action. C’est une manière pour
les suicidés de s’exprimer, leur témoignage étant davantage pris au sérieux du fait de
leur décès. C’est donc leur dernier moyen de faire passer ce douloureux message.

Ainsi le témoignage de Rémy L., salarié de France Télécom qui reproche à sa
hiérarchie de contrevenir aux valeurs affichées par le groupe comme le respect des
salariés, de négliger l’intérêt de l’entreprise dans un laisser-aller général et d’être ainsi à
l’origine d’une situation sans issue : « cette situation est endémique du fait que rien n’est
fait pour y faire face : le suicide reste comme étant LA SOLUTION ! » (89) Le sentiment
d’impuissance du sujet éclate au grand jour. Son manque de confiance en lui et d’estime
de sa propre personne lui a rendu la vie trop difficile à supporter. Parfois un sentiment
de culpabilité surgit, le sujet se rendant coupable selon lui de ruine pour son entourage
voire son employeur. Ce qui se retrouve dans la forme mélancolique de la dépression,
qui est aussi la plus grave. Ainsi il se condamne lui-même au regard de la culpabilité
qu’il ressent et envisage logiquement les sanctions extrêmes qu’il va s’appliquer.

La dépression ne se présente pas toujours avec le même visage. Trois groupes de symptômes
sont retenus. Dans le premier c’est la souffrance morale qui domine l’humeur
dépressive : le sujet ressent de l’anxiété, est triste, pessimiste de soi, ne prend plus
goût aux activités ni aux relations sociales. Dans le second c’est un ralentissement
psychomoteur qui accentue les sentiments d’insuffisance et d’incapacité, c’est donc au
niveau professionnel que cet état est davantage ressenti. Dans le troisième ce sont la
gestuelle et le langage qui sont concernés. Les mouvements et le langage sont ralentis.

Ce qui s’accompagne d’une fatigabilité. Le diagnostic de la dépression n’est d’ailleurs
systématiquement pas arrêté du moins au début. Cependant le sentiment de dévalorisation
et de culpabilité, les troubles intellectuels, la perte de poids et d’appétit en
l’absence de régime, l’insomnie, le ralentissement ou l’asthénie sont des symptômes
qui vont permettre, associés à une tristesse pathologique ou un désintérêt vital de poser
le diagnostic de la dépression. (90) Enfin qu’entrent dans cette catégorie des dépressifs les
psychotiques, les névrosés et les pervers qui sont des états d’aménagement du caractère.

Les névrotiques connaissent « un contexte de tristesse, de dépréciation, de perte du goût
de la vie, réaction pouvant entraîner la mort tandis que les psychotiques sont en proie à
une mélancolie, état de dépression profond et sans cause repérable ». (91) Le cas du pervers
correspond à celui d’un individu qui agit comme un « serial killer psychologique » chez
lequel une absence d’empathie pour autrui va lui permettre de transférer sur les autres
la psychose et la dépression qu’il cherche à éviter. (92) Nombre des victimes de pervers
narcissiques se suicident.

Se suicider par le feu est une manière pour les suicidés de protester mais surtout
de le faire savoir, l’acte étant public. C’est une façon de se révolter. Le suicide est la
volonté et la possibilité d’échapper à une situation sans issue, à l’instar de la jeune fille
marocaine, qui avait dû épouser son violeur et s’était suicidée le 9 mars 2012. Citons le
témoignage d’un jeune cadre de La Poste : « cette vie m’est devenue trop insupportable.

Le travail que j’effectue chaque jour ne semble pas apprécié. Je me suis remis en cause
ne permanence sur toutes mes actions. Depuis que je suis passé cadre à La Poste, j’ai
cherché en vain à réussir, me former, écouter mais rien ne semble y faire. Je n’ai pas
eu de retour positif de ces actions volontaires. Du coup, cela a engendré un manque de
confiance terrible au fond de moi avec une anxiété permanente. Je ne préfère vraiment
pas vivre dans un tel contexte opprimant où les reproches sont soutenus ensuite par la
hiérarchie. On fait ce que l’on peut avec les compétences que l’on a. Toute cette anxiété
professionnelle a réussi à prendre le pas sur ma vie privée. » On remarquera que comme
dans le témoignage précédent, il s’agit d’un individu devenu cadre à la suite d’une
promotion, et qui a d’une part cherché à progresser et s’intégrer dans l’entreprise pour
réussir mais n’a pas reçu la reconnaissance attendue. Par conséquent, l’environnement
du travail qui serait sans effet sur d’autres personnes, va pousser les individus souffrant
déjà de faiblesses psychologiques à se suicider pour sortir d’une voie devenue pour eux
sans issue.

C’est donc à l’aide des éléments précédemment exposés que l’on peut affirmer que le
suicide le fait d’individus souffrant de troubles psychologiques avérés. À ce titre le
suicide n’est donc pas un acte volontaire car indépendant de la volonté de l’individu.

Ce qui amène donc objectivement le législateur à sanctionner une fraude inexistante.

66. V. CAILLARD et F. CHASTANG, Le geste suicidaire, Les âges de la vie, 2010
67. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
68. Michel GOUDEMAND (dir.), Les états dépressifs, Lavoisier, 2010
69. ROY et JANAL, 2005
70. STATHAM et al., 1998.
71. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
72. B. KOLB et I. Q. WHISHAW, Cerveau et comportement, 2e éd., De Boeck Université, 2008 (voir
annexe 2)
73. Petit Larousse de la Médecine, 2010
74. Rujescu et al. 2002
75. B. KOLB et I. Q. WHISHAW, op. cit.
76. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
77. Le Petit Larousse de la médecine, 2010
78. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
79. Le Petit Larousse de la médecine, 2010
80. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
81. B. KOLB et I. Q. WHISHAW, op. cit.
82. Michel GOUDEMAND (dir.), op. cit.
83. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
84. Michel GOUDEMAND (dir.), op. cit.
85. Bulletin épidémiologique hebdomadaire en date du 13 décembre 2011
86. V. CAILLARD et F. CHASTANG, op. cit.
87. Dr Chantal HENRY et Dr Christian GAY, Maladie maniaco-dépressive ou troubles bipolaires, janvier
2004
88. M. DEBOUT, Le suicide, un tabou français, 2012
89. Voir annexe 1, Le suicide de Rémy L., préventeur chez France Télécom
90. F. FERRERI, La Dépression, 100 questions pour comprendre et guérir, 2012
91. Entretien avec le docteur Candé, 25 janvier 2012
92. Le Nouvel Observateur en date du 15 mars 2012

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