Section 1:La convergence des indicateurs economiques

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La convergence des economies sfapprehende a travers lfanalyse des
indicateurs macroeconomiques clefs. Il sfagira dans la presente section dfexposer les
indicateurs de convergence (paragraphe 1) et dans un second paragraphe les
resultats de lfestimation statistique (ƒÐ- convergence) et econometrique (sconvergence).

Paragraphe 1 : Les indicateurs de convergence et leurs objectifs

La convergence des economies au sein de lfespace UEMOA repose dfune
part sur huit criteres qui ont des objectifs bien definis en fonction de leur nature ; et
dfautre part sur le taux de croissance reel par tete du PIB des pays.

A) Critere de convergence

1- Critere de premier rang

R1 : Solde budgetaire de base/PIB (%) . 0 ; R2 : taux dfinflation annuel moyen . 3% ;
R3 : Encours de la dette/PIB . 70% ; R4 : Arrieres de paiements = 0

2- Critere de second rang

R5; Masse salariale/recette fiscale . 35% ; R6 : Investissements sur ressource
internes/recettes fiscales .20% ; R7 : Solde interieur courant hors transferts
officiels/PIB . 5% ; R8 : Taux de pression fiscale .17%.

B) Objectifs

Lfobjectif vise depend de la nature des indicateurs de convergence.
En effet, R1 et R3 ont lfavantage de reveler les efforts dfajustement necessaire
pour assurer la viabilite des finances publiques qui a son tour permettra dfetablir les
conditions dfun endettement soutenable (eviter lfeffet BOULE de NEIGE).

Le ratio R2 vise d’une part à corriger le mésalignement du taux de change réel
et d’autre part réaliser un différentiel d’inflation favorable à l’UEMOA par rapport à la
zone Euro en raison de l’arrimage du franc CFA à l’Euro. Le ratio R4 ; vise une
élimination des arriérés de paiement. Ce qui accorde une crédibilité à la politique
monétaire et de surcroît, le déficit budgétaire ne sera plus financé par la création
monétaire. Les critères du second rang par contre, représentent un gage de la
réalisation des équilibres internes et externes des économies. Ces critères viennent
appuyer l’effort d’ajustement budgétaire. Ceci permet de redonner un souffle au
secteur privé dans un environnement macroéconomique assaini.

En somme, le respect des critères de convergence est censé asseoir les bases
de la convergence des économies. Ces mesures d’assainissement du cadre
macroéconomie des pays assureront à moyen et long terme une croissance
économique durable harmonieuse et sans “cavalier solitaire” des pays membres.

Paragraphe 2 : Résultats de l’estimation et interprétation

A) Présentation des résultats de l’estimation

1 – La  – convergence

L’écart type est l’indicateur de dispersion retenu pour estimer le processus de
convergence des économies de l’UEMOA. Le tableau ci-après révèle les résultats
du calcul par type d’indicateur tout au long de la période.

Tableau N°14 : Evolution des écarts types des indicateurs de convergence.

Tableau Analyse de l’optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d’intégration 14

Source : Calculs de l’auteur à partir des données de la commission de l’UEMOA sur les critères de convergence.

2 – La ß – convergence

L’estimation a été faite à partir des données de panel constituées par les
données des pays de l’UEMOA sur une base chronologique de 15 années (1991 à
2005). La méthode utilisée pour cette estimation est la « Pooled Least Squares ».

Cette estimation a généré pour ce panel 105 observations (Cf. Annexe 4).

Le modèle estimé est :

Formule Analyse de l’optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d’intégration 2

De ce modèle estimé, il ressort que toutes les variables explicatives sont
significatives au seuil de 5 %.

En effet, les t de student des paramètres des variables PIB réel initial par tête,
les taux d’épargne et la constante sont tous supérieurs à 1.96. Ceci révèle que ces
variables contribuent effectivement à l’explication du modèle. Ainsi donc, le taux de
croissance réel par tête (TCit) des pays de l’UEMOA repose bien entendu sur le
niveau antérieur de son PIB et aussi sur des paramètres structurels comme le taux
d’épargne. Cette estimation indique que ces déterminants (Yio, Zit) expliquent à 9%
le niveau du taux de croissance réel par tête de cet espace économique et
monétaire. Le pouvoir explicatif de ces variables exogènes parait faible au regard du
niveau de son R². Ceci indique que d’autres paramètres pourraient mieux expliquer
le TCit.

L’objectif poursuivi par l’usage de ce modèle n’était pas d’identifier les
déterminants du taux de croissance réel par tête ; mais par la valeur du coefficient ß,
nous puissions mettre en évidence :

– la vitesse de convergence vers l’état d’équilibre ;
– de mesurer la durée (d) nécessaire pour que l’économie comble la moitié
de l’écart (écart des économies par rapport à leur état stationnaire) à travers le
coefficient ß.

Ainsi donc, cet outil constitue un point de départ essentiel pour toute
interprétation économique du modèle.

B) Interpretation

1- La σ – convergence

L’observation graphique de lfallure des courbes est la methode utilisee pour
apprecier le processus de convergence des economies de l’UEMOA.

Graphique Analyse de l’optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d’intégration 7

Graphique N°7 : Evolution des courbes R1 et R2

Ce graphique montre que ces deux courbes ne sont pas convergentes car
l’évolution de leur dispersion est contrastée.

En effet, le trend de R2 (taux d’inflation) révèle que ces pays s’efforcent à faire
converger leur taux d’inflation en vue de rendre plus compétitive leur économie via le
taux de change réel. Par contre, le graphique 8 ci-dessous révèle quelques
remarques.

Graphique Analyse de l’optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d’intégration 8

Graphique N°8 : Evolution R3 et R4

En effet, l’évolution de la dispersion de R4 (Arriérés de paiements) révèle les
difficultés rencontrées par les pays de l’UEMOA à éponger les arriérés de paiement.
Son trend est instable et donc cet indicateur ne converge pas.

La tendance observée pour R3 (en cours de la dette / PIB) laisse à voir qu’il y a
une évolution de la diminution de cet indicateur. De ce fait, ce ratio R3 a entamé un
processus de convergence au sein de la zone. De manière globale, seul R3 est
l’indicateur de convergence du premier rang qui est resté convergent tout au long de
la période d’étude (1 indicateur sur 4 converge).

Cependant le graphique 9 ci-dessous nous présente des résultats non
satisfaisants.

Graphique Analyse de l’optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d’intégration 9

Graphique N°9 : Evolution des courbes R5, R6, R7, R8

En effet, l’allure des courbes liées aux critères de convergence du second rang
est instable. Les courbes R5 ; R6 ; R7 ont un trend haussier de 2000 à 2005. Ceci fait
soupçonner la présence d’un mécanisme de divergence de ces indicateurs. S’il est
vrai que l’évolution de la dispersion de R8 qui est contrasté (taux de pression fiscale)
atténue l’ampleur de la situation (non convergence), elle n’est pas trop significative
pour apprécier l’effort généré par l’UEMOA afin de dégager des recettes fiscales
supplémentaires pour le financement de son économie.

Grosso modo, tous les indicateurs de convergence du second rang ne sont pas
convergents sur la période d’étude. Ce constat révèle l’existence d’une contrainte
structurelle pesante sur les économies qui les empêchent de réaliser les équilibres
internes et externes. De même la courbe 10 indiquant le trend du PIB réel par tête
révèle qu’il y a une présomption de la présence d’un mécanisme de divergence de
cette variable.

En effet, suite à une contre performance observée en 1998, depuis 2000 ces
pays ont entamé un processus de convergence de leur revenu réel par tête.

Néanmoins en 2005, cette tendance est renversée et il est observé une trajectoire
ascendante de cette courbe. Ce constat serait apparemment dû d’une part, à
l’amélioration des performances économiques de l’UEMOA en 2005 et d’autre part,
au non maîtrise de sa démographie.

Graphique Analyse de l’optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d’intégration 10

GRAPHIQUE N°10 : Evolution de la dispersion des yit (taux de croissance des PIB réels par tête).

En synthétisant l’analyse graphique, sur les neuf courbes, seul R3
a entamé un processus de convergence au cours de la période d’étude. Ce constat
sur l’état des convergences de ces indicateurs ressort la question de la crédibilité et
de l’effectivité de l’organe chargé de surveiller la convergence des économies de
l’UEMOA (Mécanisme de la Surveillance Multilatérale).

De tout ce qui précède il est observé que cet indicateur de mesure (la σ-
convergence) donne un aperçu global de l’évolution de l’écart type des variables
sans pour autant s’interroger sur les déterminants du processus et son rythme de
convergence. L’indicateur ß – convergence tout en complétant l’analyse de la
convergence des économies vient pallier les insuffisances notées à son encontre.

2- La ß – convergence

Il s’agit ici d’interpréter les paramètres économétriques du modèle estimé. Ainsi
donc :

- ß = -2.89 ; la négativité de cette valeur est conforme aux
propriétés de la ß – convergence.

En effet, ce coefficient fournit le degré de convergence vers l’état
stationnaire. Si ß = -2.89 avec n =105 et λ = -[Log (1+ ßn)] n ; on a λ =
0.024

λ extrait de ß montre que la vitesse de convergence des économies est
de 2.4%. Cette vitesse parait faible au regard des défis auxquels cet
espace est appelé à faire face dans l’ère de la mondialisation des
économies qui s’opère par le biais de l’intégration sous régionale.

De même, le coefficient d = 13 [d = (log 2) / λ] ; indique que l’UEMOA
comblera la moitié de cet écart (convergence vers l’état stationnaire)
d’ici 13 années toute chose égale par ailleurs. Pour cette fin, un effort
soutenu doit être mis en oeuvre par les responsables de politique
économique afin de minimiser cette durée.

– γ = 0.13; ce coefficient est différent de 0. Cet indicateur montre
que la convergence des économies de l’UEMOA est conditionnelle. Les
variables structurelles sont différentes d’un pays à un autre. Autrement dit, cet
coefficient révèle que le revenu réel par tête de ces pays convergera vers un
niveau identique à long terme, indépendamment de leur situation initiale si elles
sont dotées des caractéristiques structurelles (Zit) identiques. D’où le PIB réel
par tête des pays de l’UEMOA n’est pas convergent. Ces résultats issus de la
ß-convergence viennent confirmer ceux de la σ – convergence.

3-Validation des hypothèses

. Vérification de l’hypothèse 1

La première hypothèse suppose que les échanges intra UEMOA sont faibles.
A la lumière de nos analyses l’on note que :
– les échanges commerciaux intra UEMOA varient entre 10 et 15% sur toute la
période d’étude ;
– les échanges financiers appréhendés par la culture boursière au sein de l’UEMOA
sont de 28%.
Ces indicateurs sont tous inférieurs à 50%. Ceci étant, l’hypothèse 1 est vérifiée.

. Vérification de l’hypothèse 2

La seconde hypothèse suppose que les économies de l’UEMOA ne
convergent pas. Les résultats auxquels les analyses ont abouti, montrent que sur 8 à
9 indicateurs de convergence, seul un ratio (encours de la dette/PIB) a entamé un
processus de convergence au sein de la zone. Ce qui se justifie par le niveau du
taux de convergence (2,4%) révélé par la ß – convergence au sein de l’UEMOA.

Etant donné que l’ensemble des indicateurs macroéconomiques n’est pas
convergent, il est évident que ces économies ne le sont pas non plus. L’hypothèse 2
est donc vérifiée.

Les résultats issus de cette analyse empêchent de voir en l’UEMOA, une ZMO
pour deux raisons :

-la faiblesse des échanges intra (car les indicateurs des échanges intra
uemoa sont tous inférieur à 50%) ;

– la non convergence des économies qui trouve sa justification dans le fait que
l’ensemble des indicateurs ne converge pas et par ricochet le faible niveau du taux
de convergence des économies ainsi observé.

Ces facteurs sur cités sont soumis à une forte disparité au sein des
économies de cette zone. Ce qui a pour corollaire, la non symétrie des chocs au sein
des économies.

Eu égard à tout ce qui précède, il apparaît donc nécessaire de prendre des
mesures de politique économique pour lever les goulots d’étranglement afin
d’améliorer les performances en la matière.

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