REFLEXION SUR LA VALORISATION DE L’ESPACE. VITA

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Il s’agit ici de trouver les combinaisons possibles et susceptibles qui permettent de tirer le meilleur profit de la multifonctionnalité en tenant dûment compte des exigences environnementales. Ceci ne serait possible que si au préalable l’espace Vita reprend ses limites originelles encore occupées par des populations, produites de l’exode rural par exemple, qui s’installent selon leur « bon vouloir ».

La bonne compréhension des divers enjeux revient à fixer ou du moins matérialiser les différentes combinaisons possibles dans un plan qui prend en compte le génie civil et les autres travaux dans un espace construit à la fois par l’existence des lacs, de la rivière Nkondi et par la présence d’une forêt :

 Nettoyer le PV de tout ce qui lui est étranger : fondations des constructions, les déchets résultants de la combustion des vieux pneus, les baraquements, etc. ;
 Nettoyer et débarrasser au préalable les lacs des salissures et de la jacinthe qui encombrent les surfaces ;
 Elaborer une législation en soutien à la conservation et à la gestion du PV ;
 Préserver et restaurer la strate arbustive : le milieu buissonnier a presque disparu au PV, les quelques zones de bocages encore existants doivent être protégés d’urgence.

Ces milieux sont biologiquement très riches et nécessaires à l’avifaune. Leur disparition sonne le glas des espèces de ces milieux semi-ouverts. Il faut cependant encourager une replantation des strates arbustives en variétés locales ;

◊ Les arbres doivent être mieux protégés, du fait de leur valeur intrinsèque comme patrimoine naturel et utile à la biodiversité ; Favoriser les espèces indigènes de végétation (c’est une priorité) utiles à la flore et à la faune locales et qui peuplent nos forêts et éviter les espèces ornementales. La misse en oeuvre au niveau du PV d’un plan de développement de la nature comprenant un plan d’amélioration et de conservation des habitats de l’avifaune, de la botanique, des insectes, champignons et bryophytes ;

◊ L’utilisation ou l’inclusion des briques creuses pouvant servir de cavités nichoirs pour des espèces cavernicoles (moineau, rouge-queue, martinets, etc.).

◊ L’aménagement de la forêt par le reboisement permettrait l’introduction ici du petit gibier (hérissons, lièvres, écureuils, porcs-épics…) dont la chasse(108) organisée procurerait des ressources en même temps que l’activité touristique grevée autour ;

◊ Le peuplement de certains lacs suivant des techniques modernes de pisciculture par des variétés de poissons, et l’introduction dans les autres de certains animaux et oiseaux aquatiques (crocodiles, tortues, canards..) dont la pêche(109) et la fréquentation payantes contribueraient au budget des collectivités décentralisées.

◊ A côté de cet ensemble, le sport nautique, les promenades sur pirogue à moteur ou les canoës sur les lacs, l’aménagement des espaces de café apporteraient à l’économie locale d’importantes ressources et permettraient de financer de nombreux emplois permanents et temporaires ;la dédicace temporaire, payante de certains ouvrages(bancs, tableaux d’affichage..) édifiés au PV à la demande des particuliers pour commémorer des évènements de leur vie (fiançailles, mariages, anniversaires, baptêmes etc.) serait aussi à coup sûr une source de recettes ;

◊ La construction des ateliers de sport doit prendre en compte la charge des sollicitations et prévoir leur solidité ; il serait également loisible de construire le long du circuit de sport (tous les 200-300m) des bancs disposés de façon quelconque pour permettre le repos de certains et éviter ainsi les éventuels accidents ;

◊ L’Aménagement de la promenade(110) verte dont la conception devra non seulement viser les fonctions récréatives et sociales mais également, de façon équilibrée et indispensable, la fonction écologique. A terme cette promenade verte pourrait devenir un véritable maillon du maillage vert. Mais avant tout il faut conserver et réhabiliter cette zone de hautes valeurs biologiques existantes. ;

◊ Abandon des pesticides de toutes formes au PV ;

◊ Eviter de transformer l’espace Vita en un marché avec comme conséquence directe la pollution par les déchets des commerces ;

◊ Imposer aux riverains des actions en faveur de la salubrité dans le but de protéger les lacs, les eaux et l’environnement Vita contre la pollution domestique (par les eaux usées, les déchets de ménage, etc. .) ;

◊ Construire des postes de surveillance ou miradors d’hauteur suffisante à chaque 200m le long de la clôture et doter les gardiens de lunettes jumelles pour une surveillance efficace ;

◊ Etablir en concertation avec les collectivités territoriales décentralisées, les associations agréées de protection de la nature, un programme d’actions visant à restaurer, préserver, gérer et mettre en valeur de façon durable le PV ;préciser dans ce programme les pratiques à promouvoir ainsi que les moyens prévus pour favoriser leur généralisation, rendre obligatoires certaines de ces pratiques et préciser les modalités selon lesquelles ces pratiques peuvent ,le cas échéant ,bénéficier d’aides lorsqu’elles induisent des surcoûts ou des pertes de revenus.

◊ La transformation par des dynamiques d’adaptation des PV existants et ceux à créer en aires protégées ;

◊ Les collectivités territoriales décentralisées, les organisations non gouvernementales et les organismes gouvernementaux doivent tous de concert, élaborer de nouvelles formes de collaboration pour la protection et la conservation en vue de sa transformation du PV en une aire protégée d’une part et la création d’autres parcs ou aires protégées dans les centres urbains ; il s’agit d’adopter des initiatives de collaboration qui stimulent et récompensent les mesures d’aménagement axées sur la conservation.

Tout ceci est résumé dans le schéma1 ci-dessous.


Schéma 1 PROBLEMATIQUE DE LA CREATION DES AIRES PROTEGEES AU CAMEROUN  CAS DU PARCOURS VITA DE DOUALA.

Schéma 1: mode d’approche distinct de la valeur du PV

Source : Rapport centre de recherche pour études et l’observation des conditions de vie ; Paris France n° 255 Nov. 2008

108 La chasse constitue également une activité sportive. Son organisation dans le PV implique des dispositions spéciales pour éviter des accidents. Dans cet ordre d’idées, il s’agira d’une chasse à la criée avec des filets différente de la chasse au tir ou à l’arme à feu, en privilégiant la protection des espèces. Le gibier sera vendu à un prix concurrentiel et attractif. La chasse s’ouvrira par très courte période de l’année.
109 Il ne s’agit pas ici d’une pêche aux filets, encore moins du type industrielle. Pour intéresser le touriste et le tourisme, la pêche à la ligne serait indiquée .Chacun pourra apporter sa canne à pêche ou alors le PV disposera des cannes à pêche à louer. Le prix à payer pour le poisson pêché serait au kilogramme. Ce serait un prix concurrentiel, attractif dans le but de maximiser la fréquentation par le plus grand nombre. Pour ce faire les lacs doivent être protégés (bordés) des infrastructures de génie civil. Elle peut s’étendre sur une période de l’année (6 mois).Pour compléter l’attraction et vivre l’instantanée des postes de braise de poisson peuvent être installés en dehors du PV. L’essentiel est de préserver la propreté des lieux.
110 Pour la promenade verte, la réhabilitation doit aménager à l’intérieur du PV des pistes reliant les différents thèmes touristiques en y incorporant des points de repos à l’instar des bancs et des abris.

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