Quatrième Partie : Un groupe professionnel invisible ? – Introduction de la quatrième partie

Un groupe professionnel est en mesure de défendre son monopole sur son activité et son autonomie s’il développe une argumentation auprès des pouvoirs publics et de son public, tendant à les convaincre de son expertise. Il existe ainsi une dimension dialectique et rhétorique essentielle dans tout processus de professionnalisation.

Les notions d’expertise et de savoirs mobilisés des CPIP, décrites précédemment, doivent ainsi être intégrées à « un ensemble de disposition et de stratégies visant à faire qu’une activité nouvelle parvienne à la symbolique qui lui permet de prendre place dans la division du travail » [DEMAZIERE, GADEA, 2009, p244] pour s’insérer dans un processus de professionnalisation abouti. Nous montrerons dans cette partie que cette dimension symbolique n’a pas émergé concernant le groupe professionnel des CPIP.

En effet, l’adhésion au nom de CIP puis de CPIP ne s’est jamais vraiment opérée, en raison d’une forte segmentation professionnelle mais également d’un manque de reconnaissance du groupe professionnel (Chapitre 9). Cela est partiellement la conséquence d’une socialisation professionnelle problématique car différente selon les générations, et d’une mise progressive en compétition avec les surveillants pénitentiaires sur l’instruction des placements sous surveillances électroniques associée à une partition d’avec les assistants de service social (Chapitre 10).

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