IV.4. Impact des investissements directs étrangers sur la croissance économique de l’UEMOA

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Dans le contexte actuel de l’internalisation des économies, les IDE sont apparus comme une composante essentielle de croissance et de développement économique, en raison des effets de report qu’ils engendrent sur la structure productive des pays partenaires. Mais quels peuvent être les effets des entrées d’IDE sur la croissance économique de l’UEMOA ? Les résultats ci-après indiquent que les IDE sont un déterminant mineur de la croissance économique de l’Union.

Impact des investissements directs étrangers sur la croissance économique de l’UEMOA

Théoriquement, le capital humain, les investissements directs étrangers, les exportations et les investissements domestiques ont un impact positif sur la croissance économique. Mais les résultats de l’équation de la croissance montrent que dans le cas de l’UEMOA, seul l’investissement domestique est significatif au seuil de 1%. Ainsi, une hausse des investissements domestiques de 1% stimule de la croissance économique de 0,26%, toutes choses égales par ailleurs. Les investissements directs étrangers n’ont pas d’impact significatif sur la croissance économique de l’UEMOA. Toutefois, le coefficient associé suggère qu’une augmentation des entrées d’IDE de 1% engendre une hausse de la croissance économique de 0,63%. De ce fait, les investissements directs étrangers agissant de façon faiblement significative sur la croissance économique des pays de l’UEMOA. Mais cela reste à relativiser au regard de l’impact positif et significatif des IDE sur les investissements domestiques qui sont un déterminant significatif de la croissance économique en zone UEMOA.

En revanche, le capital humain et les exportations n’ont pas le signe attendu et ne sont pas aussi significatifs. Un tel résultat paradoxal s’explique par le faible niveau de qualification de la main d’oeuvre et pose la problématique entre adéquation de main d’oeuvre et croissance économique dans l’UEMOA. Aussi, les exportations de l’Union sont essentiellement constituées de produits primaires et sont également peu diversifiées.

En somme, les IDE en direction de l’UEMOA ont un impact un peu moindre sur la croissance économique. Ce qui traduit une présomption d’existence d’effets de seuil. En effet, les pays de l’Union devraient atteindre un certain niveau de développement en matière d’éducation, d’infrastructure, de technologie et de santé pour tirer profit de l’implantation des firmes multinationales. Ainsi, l’OCDE (2002) soutient que, lorsque persiste un important « écart de savoir » entre les pays d’origine des IDE et les pays d’accueil, il n’y a guère de chances d’enregistrer des retombées significatives. De même, Lipsey (2000) montre que dans le cas des IDE entrants dans les pays en développement, plus l’écart technologique entre les firmes du pays d’origine et d’accueil est important, plus l’impact de l’IDE sur l’économie destinataire est réduit.

Cette faible performance des IDE sur la croissance économique de l’UEMOA peut être due à la forte concentration des IDE dans les secteurs miniers, bancaires et des télécommunications, qui sont peu porteur d’effets de report technologique, organisationnel et informationnel et à la vulnérabilité des taux de croissance aux facteurs externes dans la plupart des pays de l’Union. Par ailleurs les taux de croissance sont très fluctuants tandis que les taux d’IDE sont relativement stables (Cf. annexe n°4)

La prise en compte des effets aléatoires donne un coefficient de détermination R2-between d’une valeur de 0,9357 montrant que 93,57% de la variation inter pays de la croissance économique, est imputable aux variables explicatives du modèle. Le R2-within a une valeur de 0,0605, indiquant que les effets aléatoires des pays introduits dans le modèle, contribuent à expliquer le modèle de 6,05%.

Au regard de l’impact non significatif des investissements directs étrangers sur la croissance économique de l’Union, nous avons cherché à comprendre si les résultats sont significativement influencés par un pays. Ce qui nous conduit au test de robustesse des résultats.

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