INTRODUCTION GENERALE

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Les zones humides notamment les espaces côtiers recouverts de mangrove ont fait l’objet d’une attention particulière de la part de la communauté internationale au cours des quatre dernières décennies. Depuis la signature de la convention de RAMSAR sur les zones humides (1971) et la Conférence Mondiale sur l’Environnement de Rio (1992), de nombreuses actions sont menées en faveur des écosystèmes marins et côtiers dont l’on redécouvre l’importance écologique et des valeurs multiples.

C’est en effet dans l’optique de valoriser les ressources des écosystèmes forestiers et de protéger mieux que par le passé l’environnement dans son ensemble que le Cameroun s’est doté d’une nouvelle loi forestière en 1994 et d’un Plan National de Gestion de l’environnement en février 1996. Malgré toutes ces mesures politiques et administratives, les écosystèmes marins et côtiers, notamment les littoraux à mangrove, zone humide par excellence, demeurent soumis aux multiples pressions qui modifient et façonnent considérablement le faciès de l’ensemble de ce milieu tout en y induisant des perturbations, mieux des risques écologiques et des catastrophes naturelles à l’instar de l’érosion côtière et des inondations.

Paradoxalement, et pour reprendre les termes de la conférence mondiale de l’environnement de Rio (1992), les politiques de gestion de la mangrove se doivent de préserver tout à la fois l’environnement et le bien-être des populations qui dépendent de ces milieux pour leur subsistance. Le présent mémoire intitulé : Pression sociale et dynamique de l’espace côtier à Youpwe (Douala) s’inscrit dans la perspective générale de la gestion des ressources naturelles côtières, notamment la mangrove qui fait face à une pression sociale sans cesse croissante ; Autrement dit, à un prélèvement accru et une surexploitation. Cette pression sociale se manifeste aussi par la montée de plus en plus perceptible des aspirations, et des exigences de nombreux acteurs (groupes, individus, associations, ONG, écologistes, organismes, municipalité….), qui s’emploient et se déploient dans l’espace à mangrove et qui laissent apparaître au grand jour des intérêts opposés. D’où de nombreuses logiques d’acteurs. Cela dit, les travaux disponibles sur la mangrove dans leur majorité portent sur la cartographie, la morphologie, la physiologie et la taxonomie de cette formation végétale.

Le présent travail sur la pression sociale et la dynamique de l’espace côtier à Youpwe a pour idéal d’amener les élites ainsi que les populations locales à repenser leurs perceptions vis-à-vis de la mangrove en proie à une importante dégradation à Youpwe. L’exploitation de l’écosystème de mangrove par les hommes, pose à court et à moyen terme des problèmes de son équilibre. Une étude des causes, des logiques et des conséquences de cette exploitation ainsi qu’un monitoring de cet écosystème très proche géographiquement de l’espace urbain sont indispensables pour sa sauvegarde et son maintien.

I-Cadre de l’étude

L’espace côtier de Youpwe appartient au grand bassin hydrographique du Wouri qui est situé entre le 4°00’ et le 4°8’ latitude N, puis du 9° au 9°49’ longitude Est. Le grand bassin du Wouri qui couvre une superficie de 11 700 km² (J. Olivry, 1979)(1) est drainé pour l’essentiel par le fleuve Wouri (250 km) qui porte le nom Nkam dans son cours supérieur. Sur le plan administratif, notre zone d’étude (le quartier Youpwe) fait partie intégrante de la province du Littoral, du département du Wouri et de l’arrondissement de Douala IIème dont le chef lieu est New-Bell. L’espace côtier de Youpwe est délimité au Sud par la crique Docteur, où se développe une importante activité d’embarquement et de débarquement des produits de la mer.

Au Nord, Youpwe est délimité par les quartiers Bonapriso et Bonadouma II. A l’ouest le quartier est assiégé par les eaux du Wouri et à l’est se trouvent l’aéroport international de Douala et le Bois de Singes. Ce bout de territoire de forme triangulaire couvre une superficie d’environ 130 ha et a une population estimée à 3 000 habitants. La conquête des terres dans cette zone marécageuse située au sud -ouest de la ville suit toujours son cours et se fait au prix de longs et périlleux travaux de remblaiement.

Le climat de la région est équatorial de type camerounien caractérisé par deux saisons comme en climat tropical avec pour différence qu’ici c’est la saison pluvieuse qui devient très longue et peut dans certaines localités absorber totalement la courte saison sèche qui est réduite à trois mois au maximum (J. Olivry, op. Cit.).

Le substratum de l’espace côtier de Youpwe et du bassin de Douala en général en aval de Yabassi est constitué par une série sédimentaire côtière du crétacé inférieur au mio-pliocène en passant par l’éocène (J. Olivry, op. Cit.). Les sols de la région de Douala en générale sont des sols hydromorphes .Toutefois on y trouve des sols de mangroves et des sols continentaux. L’espace côtier de Youpwe est l’une des zones de la ville de Douala qui s’illustre par l’existence des sols de mangrove. Trois grandes catégories de sols avec toute une gamme de sols de transition ont été répertoriées dans les zones à mangrove. Ainsi on distingue :

– Les sols sableux plus ou moins humifères à niveau des plus hautes marées.
– Les slikkes avec vase argileuse un peu sableux dans la tranche bathymétrique intertidale.
– La tourbe ou argiles plus ou moins humifères au niveau des hautes mers.

Quant à la pente, elle est quasi nulle car le site est par excellence une zone de plaine côtière.

La pluviosité est régulière et forte (4000 mm/an à Douala). Les températures sont constantes et relativement élevées, avec une moyenne annuelle de 26,6°C. L’amplitude thermique est 3,3°C et l’humidité est très forte et se situe à 71,3%. La végétation dominante de l’espace marin et côtier de Youpwe est la forêt de mangrove ou de palétuviers communément appelée en langue Duala « matanda ». En somme, le quartier Youpwe est un espace assiégé par un vaste plan d’eau : Les eaux du Wouri. Youpwe fait office de port de pêche artisanale. C’est à juste titre qu’on y trouve le poste de pêche et la Mission de développement de la pêche artisanale et maritime (MIDEPECAM). Youpwe est aussi le lieu de départ et d’arrivée des passagers des localités insulaires autour de Douala et souvent des pays comme le Nigeria, la Guinée équatoriale. Le quartier Youpwe est surtout célèbre pour son marché de poisson dont le rayonnement va au- delà de la région du Littoral.

Carte n°1 : Localisation de la zone d’étude: L’espace côtier de Youpwe

Localisation de la zone d’étude L’espace côtier de Youpwe

II-ETAT DE LA QUESTION OU REVUE DE LA LITTERATURE

Les écosystèmes littoraux sont si divers et variés à travers le monde (récifs coralliens, marais maritimes, mangroves…). Leur importance économique et écologique, ont suscité la curiosité de nombreux chercheurs qui leur ont consacré pas mal de places dans de nombreuses publications scientifiques. Ainsi, la littérature sur les écosystèmes marins et côtiers est très abondante et remonte surtout depuis la nuit des temps. A titre d’illustration, les études sur la mangrove datent depuis le IVème siècle AV J.C. (Rollet, 1981) cité par Marie-Christine-Cornier-Salem (1994), in Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des Rivières au Sud (du Sénégal et à la Sierra Léone). Rollet écrit à cet effet que « la première note sur la mangrove remonte à 305 AV J.C. » Dans sa bibliographie sur la mangrove réalisée en 1981, Rollet mentionne deux références au IIème siècle avant Jésus-Christ. Il s’agit notamment des travaux de Pline L’ancien puis de Strabon (58 AV J.C. – 23 AP J.C.).

Aussi, Rollet relève une référence relative aux mangroves au XIIIème siècle à savoir IBN El Beithar ; puis une pour chacune des années : 1526, 1535, 1552, 1558, 1587 et enfin, deux pour 1595. Aux XVIIème et XVIIIème siècle, la production de documents se limite respectivement à 28 et 55 références suggère-t-il.

Entre 1801 et 1950, la production scientifique explose littéralement avec 3197 références. Depuis lors les travaux sur la mangrove sont axés sur la morphologie, la physiologie et la taxonomie de cette formation végétale. En effet, les chercheurs s’intéressaient surtout aux ressources naturelles les plus précieuses que regorge la mangrove. Notons à titre d’exemple le tanin tiré de l’écorce du palétuvier ainsi que les produits utilisés en pharmacopée.

Mais dès les années 1970, les zones à mangroves ont fait l’objet de nombreuses études pédologiques. Ces études pédologiques et géologiques des zones à mangrove ont été notoires en Afrique de l’ouest notamment au Sénégal avec les travaux de Marius L. et de Vielleton J.

Dès cette période, de nombreux botanistes de par le monde ont également consacré de nombreuses études à cette formation végétale. C’est ainsi qu’en 1974 Rollet B., conservateur des eaux et forêts d’outre mer, publie : Introduction à l’étude des mangroves du Mexique, photo – interprétation, types de forêts. Le but de cette étude était de comparer les émulsions panchromatiques et fausse couleur dans la photo – interprétation des lagunes orientale et occidentale de l’Etat d’Oaxaca et dans la lagune de la Joya (Etat de Chiapas), et de montrer comment les émulsions de fausse couleur peuvent compléter l’interprétation de la photographie aérienne panchromatique dans le cas des mangroves. L’auteur a mentionné que l’introduction de la fausse couleur et plus généralement toutes les ressources de la télédétection élargissent considérablement les possibilités du panchromatique pour la reconnaissance des espèces des mangroves.

Toujours dans le même sillage de l’imagerie, Pedro Ramirez Garcia, Jorge Lopez Blanco, et Daniel Ocaña de l’institut de biologie de Mexico publient en 1999: Mangrove vegetation assessment in the river mouth, Mexico, by means of supervised classification using landsat TM imagery. Cette étude a porté sur l’évaluation de la mangrove de l’Etat de Nayarit à l’ouest du Mexique de 1970 à 1993.

Le but de cette étude était de décrire la composition et la structure de la mangrove de la zone d’étude, d’évaluer le niveau et l’amplitude de la déforestation ainsi que la distribution des espèces de mangrove, cela par le moyen d’une analyse rétrospective de la couverture végétale à travers les photographies aériennes et les images landsat TM.

Aussi, Vania Pasqualini, Jacques Iltis et al. ont commis un article relatif à la mangrove en Octobre 1999, dans la revue Hydrobiologia, volume 413, intitulé : Mangrove mapping in north – western Madagascar using Spot-xs and SIR-C radar data. Dans cet article, les auteurs soulignent l’impact environnemental dû à l’aquaculture dans la région côtière de Mahajamba au nord – ouest de Madagascar. A cet effet, une cartographie complète de la région a été réalisée grâce aux images spot-xs qui ont permis de définir les tendances éco- dynamiques de la mangrove dans cette région depuis le développement desdites activités aquacoles.

Par ailleurs, dans la revue Landscape and urban planning, volume 43, du 25 janvier 1999, John Michael Pkovacs, fait publier : Assessing mangrove use at local scale. Dans l’étude qu’il a conduite dans six villages de l’Etat du Nayarit au Mexique, l’auteur évalue les usages locaux de la forêt de mangrove. Il mentionne que laguncularia racemosa est l’espèce la plus utilisée dans cette région du Mexique notamment dans la construction des cabanes. Par contre, souligne-t-il rhizophora mangle est fréquemment employé comme une source de médicament et de tannin.

Pour ce qui est de la mangrove camerounaise, et celle de l’estuaire du Wouri en particulier, elle a fait l’objet des préoccupations scientifiques des explorateurs allemands, des botanistes et naturalistes occidentaux à l’instar de R. Letouzey qui évoque cette formation végétale particulière dans son important ouvrage intitulé étude phytogéographique du Cameroun, 1968. R. Letouzey explique à la page 239 de son ouvrage que les allemands ont évoqués le terme ‘‘mangrove’’ dans leurs écrits au début du XIXème, écrits destinés à la recherche pétrolifère dans la zone littorale. Letouzey précise qu’en dehors de quelques détails succincts de F. Hutter (1906), seules existent semble t-il, les notes de F. Jentsch et M. Büsgen (1909) qui mentionnent rhizophora mangle, et une variété de cette espèce. Letouzey mentionne également dans son ouvrage les travaux d’A. Engler (1910) et P. Preuss.

En 1928 écrit Letouzey, L. Hedin étudie l’exploitation des palétuviers dans la baie de Manoka en signalant l’existence de trois palétuviers. Dans la même perspective, TH. Monod (1929) classe la mangrove parmi les associations « hydrophiles, pélophiles » et distingue la mangrove externe et la mangrove interne. P. Foury (1934) a abondé dans le même sens que TH. Monod.

Letouzey R. poursuit que H. Walter et M. Steiner (1936) à l’occasion d’une importante étude sur la mangrove de la côte orientale d’Afrique, donnèrent quelques indications sommaires sur la mangrove de Douala observée par eux en 1935.

C’est dire, au regard de ce qui précède que la recherche sur la mangrove n’est pas une préoccupation scientifique nouvelle, ce d’autant plus que le premier ouvrage sur la mangrove date de 305 Av. J.C. (Cormier, op. cit.) p.11.

En revanche pour ce qui concerne les travaux relatifs à la dynamique de l’espace, Emmanuel Ondo Assoumou, dans sa thèse intitulée : Dynamiques des paysages végétaux du littoral centre-ouest du Gabon autour de Port-Gentil : Approche spatiale et analyse des données de terrain, thèse présentée et soutenue publiquement le 10 novembre 2006, à l’université de Montpellier, l’auteur a centré sa recherche sur les variations spatio-temporelles des paysages végétaux et morphodynamiques du trait de côte de la région de Port-Gentil. L’objectif de la recherche était d’inventorier et de caractériser les paysages végétaux ; de suivre l’évolution des formations végétales côtière et du trait de côte de la région de Port –Gentil.

Dans le même registre, Ansem KHESSAIRI dans son mémoire intitulé Dynamique urbaine, mutation agricole et évolution des espaces périurbains de la ville de Menzel Bouzelfa, l’auteur pose le problème de la dynamique urbaine et la mutation des espaces périurbains dans une petite ville de la presqu‘ile du Cap Bon en Tunisie : Menzel Bouzelfa. En effet, dans son travail de recherche, l’auteur souligne que le processus d’étalement urbain se manifeste par une augmentation rapide et non maitrisée des surfaces artificialisées aux dépens des espaces agricoles et naturels. Selon lui, les constructions pavillonnaires, l’implantation d’infrastructures, ou le développement de zones d’activités économiques soumettent le foncier agricole à une pression et à un mitage de l’espace agricole. Aussi estime -t- il que cette croissance urbaine entraine la révocation progressive des caractéristiques de la vie rurale et l’apparition du phénomène de la périurbanisation.

Toujours dans la perspective de la dynamique, Aminata Diop, dans son mémoire de DEA soutenu à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et intitulé : Dynamique du sol dans les niayes de la région de Dakar de 1954 à 2003 : Exemples de la grande niaye de pekine et de la niaye de Yembeul, l’auteur présente les paysages de niayes (les dunes) comme impropres à l’habitat. Ensuite, il identifie et analyse les facteurs de mutations et de modifications des niayes dans la région de Dakar. Parmi ces facteurs il évoque les facteurs naturels (sécheresse), les facteurs socio – économiques et les facteurs politiques et administratifs notamment l’adoption de divers Plans Directeurs de l’Urbanisme au Sénégal. Grâce à une approche diachronique et à une cartographie précise, l’auteur a mis en exergue les mutations intervenues dans les niayes sous l’effet de la poussée urbaine. Aussi a- t- il identifié les problèmes environnementaux qui découlent de cette reconversion des niayes de Dakar.

En dehors de l’œuvre accomplie antérieurement par divers chercheurs, explorateurs, phytogéographes au sujet de la mangrove et de la dynamique des paysages en générale dans le monde, notre travail d’une manière précise va porter sur la gestion des ressources naturelles dans un territoire non approprié par les populations qui y habitent, sur les mutations spatiales, morphologiques, et socio–économiques intervenues au cours des quatre dernières décennies dans l’espace côtier de Youpwe et enfin sur les perspectives d’une gestion durable de cet écosystème très proche géographiquement des populations périurbaines aux revenus modestes.

III-PROBLEMATIQUE DE LA RECHERCHE

La croissance démographique sans précédent dans la ville de Douala à partir des années 1980 a favorisé une occupation et une installation significative des populations dans l’espace à mangrove, occupation qui est responsable de plusieurs formes de dégradations à Youpwe. Notre thème de recherche pose le problème de la dynamique des paysages et de la gestion des ressources naturelles suite à une colonisation et à une exploitation anarchique de l’espace côtier. Aussi soulève-t-il le problème de la difficulté de la gestion des ressources naturelles dans un territoire dit éclaté c’est- à- dire un espace non approprié idéologiquement par les populations qui y habitent.

En effet Comment la mise en valeur de l’espace à mangrove de Youpwe, commencé timidement il y a quatre décennies s’est-t-elle accélérée à partir des années 1990 au point de poser des problèmes de dégradation de ressources, de déséquilibres, et de nombreuses contraintes aux habitants ?

IV- QUESTIONS SECONDAIRES

Cinq (05) questions subsidiaires se dégagent de la question de recherche principale formulée précédemment.

1-Quels ont été les modes d’acquisition des lots ou des propriétés à Youpwe lors des toutes premières installations ? Qu’en est-il de nos jours ?
2-Quelles sont les logiques des acteurs impliqués dans la gestion et la mise en valeur des différentes ressources de l’espace marin et côtier de Youpwe ?
3- Quels sont les facteurs responsables de la dégradation de l’espace marin et côtier de Youpwe? Quelles sont les formes d’exploitation de l’espace à mangrove de Youpwe ?
4- Quelles sont les répercussions de l’occupation anarchique de l’espace à mangrove à Youpwe ?
5 – Quelles seront les implications d’une augmentation vertigineuse probable de la population de Youpwe sur les efforts de conservation et de protection de la mangrove d’ici à 2050?

V-OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

Dans le cadre de notre recherche sur la Pression sociale et la dynamique de l’espace côtier de Youpwe, nous retenons un objectif principal et cinq (05) objectifs spécifiques.

V.1-OBJECTIF PRINCIPAL

Notre objectif principal est de montrer que du fait des représentations que les populations développent et entretiennent autour de l’espace à mangrove de Youpwe, celui-ci fait l’objet d’une occupation abusive et anarchique, et par conséquent est voué depuis quatre décennies à une dynamique irréversible qui a pour corollaire la dégradation de nombreuses ressources naturelles au rang desquelles la mangrove et les ressources halieutiques dont dépendent depuis fort longtemps des populations de Douala et de ses environs.

V.2- OBJECTIFS SPECIFIQUES

Les objectifs spécifiques de notre travail de recherche consistent entre autres à :

1- Présenter l’historique et les modalités de l’occupation massive de l’espace à mangrove de Youpwe considéré comme un secteur marginal de la ville de Douala.
2- Présenter les différentes ressources de la mangrove et mettre en évidence les enjeux socio – politiques autour de l’espace à mangrove et de sa mise en valeur à Youpwe.
3- Déterminer les facteurs responsables de la dégradation de l’espace côtier et décrire puis expliquer les modes et les formes d’exploitation de la mangrove à Youpwe.
4- Evaluer les contraintes hydro – morphologiques, sociales et économiques induites par l’occupation anarchique de l’espace côtier à Youpwe par les populations.
5- Faire une analyse prospective de l’incidence de la croissance démographique et spatiale à Youpwe sur les initiatives de protection et de conservation de la mangrove à Youpwe.

VI-HYPOTHESES DE LA RECHERCHE

VI.1-HYPOTHESE PRINCIPALE

Nous supposons que l’exploitation de nombreuses ressources de l’espace côtier à Youpwe (terre, mangrove, sable, poisson …) et la dynamique spatiale qui y en découle sont la résultante d’une pression sociale orchestrée par les actions d’une multitude d’acteurs aux intérêts et logiques contradictoires.

VI.2- HYPOTHESES SECONDAIRES

Dans le cadre de ce travail de recherche sur la pression sociale et la dynamique de l’espace côtier à Youpwe nous établissons (05) cinq hypothèses secondaires à vérifier:

1- L’installation massive des populations dans la localité de Youpwe dès la fin des années 1980 est consécutive à une croissance accélérée de la population dans la ville de Douala mais aussi à la faim foncière qui en a résulté.
2- La richesse et la diversité des ressources de l’espace marin et côtier de Douala et particulièrement du géosystème de Youpwe suscite depuis quatre décennies la hantise d’une multitude d’acteurs aux logiques diverses en vue de sa mise valeur et de son exploitation.
3- Les activités anthropiques telles que la pêche, l’extension spontanée de l’habitat, les besoins en combustibles (bois), l’extraction du sable, les activités industrielles et agricoles sont des facteurs principaux de la destruction de la mangrove à Youpwe.
4- L’occupation anarchique de l’espace à mangrove et l’exploitation abusive de la mangrove présentent des conséquences hydrologiques et morpho-pédologiques à Youpwe avec des implications sociales et économiques.
5- Les croissances démographique et spatiale accélérées à Youpwe remettent dangereusement en cause les actions et les initiatives de protection et de conservation de la mangrove entreprises par les ONG et les organismes internationaux.

VII-LE CADRE CONCEPTUEL

Il est indispensable avant tout de préciser quel sens nous donnons aux concepts qui seront utilisés dans notre travail de recherche. Car certaines notions que nous verrons sont très floues pour être utilisées sans explications préalables. Bien plus, les mots ne gardent pas toujours le même sens tant dans le temps que dans l’espace. C’est ainsi qu’à ce stade de notre travail nous nous attarderons à définir les mots qui suivent à savoir : pression sociale, dynamique, espace, espace côtier, mangrove, zone humide, et d’autres notions qui se rapportent à notre thème recherche.

La notion de pression sociale évoquée dans le cadre de ce travail de recherche n’est pas le fruit du hasard. La notion de pression sociale est beaucoup employée en sciences sociales. Elle doit son essor à la psychologie sociale. La pression sociale en psychologie désigne « l’influence exercée par un groupe sur chacun de ses membres aboutissant à lui imposer ses normes dominantes en matière d’attitude et de comportement ». Cette influence du groupe entraine la modification des attitudes, croyances, opinions d’un individu ou d’un groupe suite au contact avec un autre individu ou groupe. Tout comme en psychologie, la pression sociale s’observe dans de nombreux phénomènes géographiques et par conséquent vaut tout son pesant d’or en géographie pour y être appliquée.

En effet les individus exercent non seulement une influence sur les autres individus ou groupes lors de la prise de décision concernant la gestion du territoire, mais aussi directement sur les ressources naturelles au travers de leurs activités économiques. Cette pression détermine fondamentalement les logiques des divers acteurs impliqués dans la gestion du territoire et des ressources. La géographie est une science sociale comme la sociologie, l’économie et la psychologie…. C’est la science qui étudie l’espace des sociétés ou la dimension spatiale du social ; c’est- à-dire la façon dont les sociétés établissent les distances qui séparent leurs composants (individus, entreprises, Etats, ressources…). Elle ne saurait en aucun cas reléguer dans les oubliettes la prise en compte du social dans les explications des phénomènes. Il convient de souligner que de tout temps les hommes entretiennent des rapports non seulement entre eux, mais aussi avec des ressources qui les entourent.

Dans leurs rapports avec les ressources les populations exercent consciemment ou inconsciemment une influence sur ces ressources entrainant ainsi une modification de celles-ci. En effet la pression sociale doit être entendue dans le cadre de ce travail comme l’influence exercée par les individus, les groupes, les associations, les ONG, à travers leurs différentes activités et leur mode de penser, sur les populations d’une part, mais aussi sur l’espace à mangrove considéré comme support des ressources. La géographie à travers l’analyse spatiale se propose d’étudier les interactions entre l’espace et la société. Elle part du postulat selon lequel l’espace est un acteur organisé. Mais qu’est-ce que l’espace ?

La réflexion sur la définition du concept de l’espace commence dans les années 1960 et 1970 en géographie. Le concept de l’espace a progressivement évolué en sciences sociales. L’espace a longtemps été considéré comme un substrat secondaire soutenant d’autres processus. L’espace était un « lieu » absolu où se réalisait la société. Cette manière de concevoir l’espace est révolue. Une géographie relativiste voit la réalité spatiale comme le fruit d’un jeu de forces dans le cadre d’un système faisant que chaque élément se situe spatialement en fonction des autres éléments. Selon Henri Lefèvre, l’espace a un lien avec les interactions des individus.

L’espace est dont un ensemble de lieux façonnés par les hommes et leurs différentes activités. Ainsi l’espace côtier est un lieu ou relief situé au contact de la terre et de la mer qui délimite les continents et les îles et dont la formation dépend directement ou indirectement des actions de la mer. L’espace côtier désigne en outre l’ensemble des lieux qui bordent la mer ou qui sont situés près du littoral et dont les principales activités humaines sont influencées par la présence de la mer. L’espace côtier de Youpwe est essentiellement couvert de forêt de mangrove. C’est par conséquent une zone humide.

Une Zone humide est une région où l’eau est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel et la vie animale et végétale. Elle apparait là où la nappe phréatique arrive près de la surface ou affleure, ou encore, là où des eaux peu profondes recouvrent les terres.

Au sens juridique, la loi sur l’eau définit les zones humides comme « les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, la végétation quand elle existe, y est dominée par les plantes hydrophiles pendant au moins une partie de l’année.

Selon la Convention de Ramsar, les zones humides sont « des étendues de marais de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante, ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres ».

A Youpwe l’espace côtier est couvert de mangrove. La mangrove est une forêt littorale de la zone intertropicale (Petit Robert). Elle est une formation arborescente caractéristique de l’étage intertidal des littoraux lagunaires et vaseux de la zone intertropicale. L’espèce végétale dominante est le palétuvier, nom commun donné à divers arbres de la mangrove (genre avicennia, rhizophora…). Ces arbres ont des racines échasses et des pneumatophores (excroissances verticales et aériennes des racines qui assurent leur respiration). Pour R. Letouzey, c’est une formation arborescente caractéristique de la zone d’oscillation de la marée de littoraux lagunaires et vaseux des régions intertropicales où dominent les palétuviers.

Au total L’espace selon E. Goffman serait donc non seulement un cadre matériel mais également porteur de signification pour les individus qui y sont en interaction. C’est à ce titre que la géographie se définit comme la science qui étudie les dimensions spatiales du social et même la dynamique de l’espace. Mais qu’est-ce que la dynamique de l’espace ?

La dynamique selon le dictionnaire Larousse, est un processus qui marque une évolution. En sciences sociales, la dynamique est une branche de la sociologie qui étudie l’évolution des phénomènes sociaux. On parle alors de la dynamique du groupe. En physique, la dynamique est une branche de la mécanique qui étudie le mouvement d’un corps sous l’effet d’une force. La notion de dynamique est fortement employée en géographie. L’exemple de la dynamique de la croûte terrestre en est une illustration. En France les travaux de Jean Tricart sont particulièrement représentatifs sur la morphologie dynamique. Les grandes pressions exercées par les plaques l’une sur l’autre provoquant les déplacements violents et les catastrophes rendent compte de cette dynamique.

Ainsi dans le cadre de notre travail de recherche, la dynamique de l’espace renvoie aux évolutions et aux mutations observées dans un ensemble de lieux humanisés sous l’effet d’une influence de quelque nature que ce soit. La dynamique s’entend donc comme un changement résultant du jeu de forces…Brunet, R. (1992). Il en ressort donc que la dynamique est un changement de l’occupation du sol ou des paysages végétaux entre deux dates sous l’impulsion d’un ou de plusieurs facteurs.

VIII-APPROCHE METHODOLOGIQUE GENERALE

Trois méthodes différentes mais certes complémentaires ont été mises à contribution pour rendre possible la réussite de notre travail de recherche. Ces méthodes sont les suivantes : la lecture et la recherche documentaire, l’échantillonnage et le mode d’acquisition des données, et le traitement de données.

1- Lectures et recherche documentaire

Notre travail a commencé par la recherche et l’analyse documentaire. Ainsi dans un premier temps nous avons consulté des cartes de la région de Douala dans le but de circonscrire notre zone d’étude. Par la suite nous avons examiné les registres du service de cadastre et les archives de la MAETUR (agence de Douala) afin de cerner la logique de la propriété foncière en vigueur à Youpwe. Dans le même ordre d’idée les résultats des recensements et des informations contenues dans les schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) de la communauté urbaine de Douala (CUD) ont été examinés.

Nous avons aussi consulté des tableaux, des calendriers des différentes activités économiques représentatives à Youpwe ceci dans but de comprendre le déroulement des différentes activités mais aussi pour avoir des données quantitatives sur la pêche et l’extraction du sable. Pour ce qui concerne les données de la pêche nous nous sommes approchés auprès du poste de pêche de Youpwe et de la Mission de Développement de la Pêche Artisanale Maritime (MIDEPECAM). Nous avons en outre fait un recours à plusieurs formes de sources bibliographiques. A cet effet nous avons consulté les revues spécialisées, les ouvrages généraux, les mémoires et thèses ayant un rapport direct ou indirect avec notre thème de recherche. Certains sites et document sur Internet ont été d’un apport indéniable dans l’aboutissement de ce travail de recherche.

En définitive nous avons confronté les données et informations de divers hommes de sciences à savoir les biologistes, naturalistes, pédologues, hydrologues, démographes afin d’avoir un aperçu systématique de notre sujet de recherche. La méthode de recherche par nous adoptée tout au long de notre mémoire peut être entendue comme une conciliation des méthodes de recherche conventionnelle et les méthodes de la recherche participative c’est-à-dire une approche de recherche fondée sur la consultation des populations des groupes des associations, des autorités coutumières dans le souci de faire participer le grand public à la recherche. Cette approche a des avantages réels dans le sens où elle favorise l’implication des populations dans le processus de recherche. Elle permet de ce fait de recueillir sans trop de difficultés les avis et les informations recherchées. Ainsi pour faciliter mes déplacements dans le quartier une carte participative a été réalisée par un groupe de jeunes à Youpwe. Bref plutôt que de sombrer ou de rester figé dans une approche naturaliste stricto sensu nous avons opté pour une approche système eu égard de la complexité de notre thème de recherche.

2- Echantillon et mode d’acquisition de données

Les travaux sur le terrain ont consisté dans un premier temps en une identification des zones à problèmes de part et d’autre sur notre zone d’étude. Après cette phase d’identification qui a duré un (01) jour, en l’occurrence le 04 Novembre 2007, nous avons ensuite défini les itinéraires. Ainsi, notre deuxième descente sur le terrain a été précédée d’une notification auprès des autorités notamment le sous-préfet de Douala II à New- Bell qui nous a délivré une autorisation de mener nos travaux de recherche.

Le travail proprement dit a consisté de prime abord en une enquête sociale. L’enquête sociale que nous avions entreprise auprès de 268 ménages soit 700 habitants sur les trois mille âmes que compte le quartier a été basée sur un questionnaire comportant des questions relatives sur plusieurs domaines dont l’exploitation de la Mangrove, l’érosion côtière, la propriété foncière, l’exploitation du sable, la pêche. Le type d’échantillonnage par nous retenu est l’échantillonnage en strate parce que très idéale pour une enquête qui touche des secteurs aussi variés et qui concerne à la fois une population autochtone et une population dite immigrée. Notre enquête sociale a aussi revêtue la forme des interviews semi – structurées, et des guides d’entretien. Ces enquêtes sociales avaient pour but :

– d’analyser la qualité, le mode d’occupation du sol à Youpwe ;
– de saisir et comprendre la perception des populations vis-à-vis des problèmes de dégradation de la mangrove ainsi que les problèmes d’érosion côtière et d’inondation ;
– de mieux appréhender les techniques de pêche, et estimer les quotas des captures ;
– d’évaluer la consommation du bois par les ménages.

D’autres techniques mises à contribution lors du travail de terrain sont le profil historique et la cartographie participative.

Le profil historique avait pour but de cerner comment l’installation humaine s’est faite à Youpwe. Le profil historique nous a permis d’appréhender des différentes dates qui ont marqué l’histoire du quartier Youpwe.

Les cartes participatives quant à elles, avaient pour but de permettre de mieux connaître le site grâce à la collaboration des populations locales dans la recherche. C’est ainsi qu’une carte participative du quartier Youpwe a été réalisée par les fils du chef du quartier. Cette carte nous a aidés à repérer les différents points marginaux du quartier.

En plus des enquêtes sociales, les échantillons de sols, des sédiments, et des colluvions ont été prélevés de part et d’autre du site. Mais compte tenu de l’orientation ultime donnée à notre travail de recherche ceux -ci n’ont pas pu être analysés. La réussite de la collecte de ces différents échantillons sur le terrain a été rendue possible grâce à l’usage d’un certain nombre d’outils dont nous avons souhaité évoquer ici. Il s’agit entre autre de la carte topographique au 1/200 000 Buea-Douala, d’un double décamètre, d’un appareil photo numérique, d’une pelle-bêche et des emballages.

Ainsi en vue de cerner la structure horizontale de la couverture végétale à Youpwe nous avons procédé aux relevés floristiques. C’est ainsi que nous avons mis au point un herbier. Celui-ci nous a permis de collecter les échantillons des rameaux des différentes espèces. Ensuite nous nous sommes rapprochés du département de Biologie et de physiologie végétale de l’Université de Douala qui nous a aidés à déterminer les différentes espèces. Ainsi, nous avons réalisé des transects écologiques dans l’optique de cerner l’étalement horizontal de la végétation à Youpwe.

3- Mode de traitement de données

Le principal mode de traitement de données mis à contribution au cours de nos recherches est l’analyse et l’interprétation des photographies aériennes et satellitaires dont nous nous sommes procurées à l’Institut National de Cartographie de Yaoundé (INC) et à l’atelier de l’urbanisme de la communauté urbaine de Douala (CUD). Grâce à ces données analogiques nous avons procédé à la technique de soustraction d’image, c’est-à-dire à la comparaison des différentes images du site prises à des dates différentes. Cette étude diachronique des photographies aériennes avait pour objectif de comprendre la dynamique et l’évolution de la mangrove de 1967 à nos jours. De même, cette technique a permis de déterminer les modes et les formes d’occupation du sol à Youpwe.

Outre la carte topographique de la région Buea- Douala et des photographies ariennes de la mission 66-67 NB 32 VIR, ainsi que de la couverture aérienne de la ville de Douala réalisée par la CUD en 2003, nous nous sommes servis du plan de la ville de Douala et des images satellitaires. Le logiciel Google Earth 5.0 a servi comme source des images satellites récentes de la ville de Douala pour l’actualisation des photos aériennes. Nous nous sommes servis aussi du logiciel Corel Draw 9.0 pour réaliser nos différentes cartes.

Par ailleurs dans le souci de cerner la capacité du sol de notre site à absorber l’eau de ruissellement ou encore sa capacité à la retenir, nous avons procédé au prélèvement des échantillons du sol du site. Mais, faute du matériel adéquat pour jauger la perméabilité du sol du site, notre analyse s’est limitée à des simples observations et mesures empiriques. Nous aurions souhaité étudier la texture du sol de Youpwe pour mieux comprendre les phénomènes d’érosion et d’inondation qui affectent les berges à Youpwe ; mais cela n’a pas pu être possible faute de la disponibilité du matériel de laboratoire nécessaire.

– La méthode statistique

Dans le cadre de notre travail de recherche, l’étendue des faits, la multiplicité des causes, et l’hétérogénéité de l’environnement nous ont amené à recourir à la méthode statistique. Cette méthode peut être subdivisée en trois phases :

– La phase matérielle : elle a consisté à effectuer successivement les opérations suivantes :

• Rassembler les documents.
• Dépouiller ces documents dans le but d’en extraire les données numériques.
• Critiquer les données. Il s’agit ici de la correction ou de l’élimination des données aberrantes.
• Présenter les données sous la forme de tableaux numériques soit sous la forme graphique.

– La phase analytique : Cette deuxième phase a consisté en :

• La mise en ordre logique des données. La mise en évidence des caractéristiques des données chiffrées (calcul des moyennes par exemple, des variances, et du coefficient de corrélation linéaire).

• La formation d’hypothèses dont on a vérifié.

– La phase interprétative : Lors de cette dernière phase, il a été question :

• D’énoncer les conclusions

Bien qu’elle soit manifeste tout le long de notre travail, la méthode statistique a été effective et d’un si grand apport lors de l’étude de la corrélation entre l’augmentation de la population et l’évolution de l’espace occupé à Youpwe.

Aussi, avons- nous analysé des séries chronologiques notamment en ce qui concerne l’évolution des captures des ressources halieutiques et le prélèvement des quantités de sable et de gravier à Youpwe.

IX- PLAN DU TRAVAIL

Par souci d’organisation et d’exigence scientifique, le présent travail de recherche a été subdivisé en (05) cinq chapitres.

Le premier chapitre est intitulé : historique et modalités d’installation de la population à Youpwe : Ce premier chapitre donne un aperçu de Youpwe avant l’installation massive de la population. Il traite aussi de l’évolution du quartier, de la particularité du régime foncier, et de la structure socio- tribale de Youpwe.

Le deuxième chapitre intitulé : Ressources, logiques des acteurs et mise en valeur de l’espace à mangrove à Youpwe quant à lui fait la part belle à l’inventaire des ressources de l’espace à mangrove à Youpwe. Il met aussi en exergue les perceptions des populations de Youpwe vis à vis de l’espace à mangrove. Le chapitre se propose aussi de décrire la mise en valeur de l’espace à mangrove de Youpwe.

Le troisième chapitre dont le titre est : Formes d’exploitation de la mangrove et usages de l’espace marin et côtier de Youpwe met l’accent sur les formes d’exploitation de la mangrove et les diverses utilisations de la mangrove et de l’espace côtier à Youpwe.

Le quatrième chapitre baptisé : Répercussions de l’occupation anarchique de l’espace à mangrove de Youpwe traite des contraintes de l’occupation et de l’exploitation de l’espace à mangrove. Il s’attarde également sur les conséquences hydro -morphologiques, et ses implications sociales et économiques.

Le cinquième chapitre intitulé : Projections démographique et spatiale à Youpwe et analyse des projets de conservation et de protection de la mangrove examine les projections démographiques et spatiales à Youpwe à l’échéance 2050. Il identifie les acteurs impliqués dans la protection de la mangrove au Cameroun, évalue et analyse les actions de conservation et de protection de la mangrove dans le pays.

(1) J. Olivry (1979), Monographies du Nyong et des fleuves côtiers, Orstom, p.16

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