INTRODUCTION

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La crise malienne est très complexe dans le sens où elle est entourée d’ambiguïtés. Elle a une dimension interne et affecte la souveraineté du Mali dont la cohésion territoriale est menacée mais elle fait aussi planer des inquiétudes sur une bonne partie du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

C’est donc une crise à double facette : l’occupation du Nord du pays par le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) en janvier 2012 et le coup d’Etat ayant provoqué la chute du Président Amadou Toumani Touré en mars 2012. Ces deux facteurs ont créé une situation d’instabilité caractérisée par une confusion totale à tous les niveaux. Profitant de ce vide institutionnel, d’autres groupes armées notamment Ançar-Dine, le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et l’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) s’accaparèrent du Nord Mali en imposant leurs lois aux populations ; ce qui donna au conflit une dimension sous régionale nourrissant toutes les craintes d’instabilité en Afrique de l’Ouest et dans la région Sahélo-saharienne.

Les organisations régionales et sous régionales à savoir l’Union Africaine (UA) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont tenté un règlement pacifique du conflit qui n’a malheureusement pas abouti, d’où l’intervention militaire dirigée par la France à partir du 11 janvier 2013.

Une analyse politique de la situation malienne ne serait complète sans une prise en compte de ces facteurs ainsi que les nouvelles interrogations qu’ils posent notamment en termes d’impacts sur la sécurité et la stabilité de la sous-région.

Aussi, après un rappel du contexte socio-politique ayant abouti à un tel drame, nous reviendrons sur le déclanchement de la crise et ses répercussions dans la sous-région avant de nous pencher sur l’intervention militaire et ses éventuelles conséquences.

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