III.8. Nouvelle Economie Géographique (NEG)

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La NEG, développée à partir de l’analyse de l’économie géographique faite par Krugman (1991) de l’économie géographique permet de comprendre la répartition spatiale des activités en prenant en compte l’existence d’externalités pécuniaires et technologiques, et de rendements d’échelle croissants. Les forces centripètes ou d’agglomération seraient notamment liées à la recherche par les firmes de la proximité des marchés et des fournisseurs, à l’existence de retombées technologiques et à la présence de facteurs de production dont une main d’oeuvre qualifiée. A partir d’un certain seuil, la concentration des activités aurait des effets négatifs tels que la congestion et la pollution, qui induiraient une certaine dispersion des activités. Les forces centrifuges ou de dispersion peuvent aussi être dues à une concurrence entre des firmes trop nombreuses sur un même marché.

De façon générale, il n’est pas facile de distinguer les effets des IDE de leurs déterminants tant ceux-ci sont imbriqués et ceci est particulièrement vrai dans le cas des effets d’agglomération, (Mainguy, 2004). Ainsi, les modèles développés dans le cadre de la NEG, ont contribué aussi bien à identifier les déterminants des IDE qu’à analyser l’impact socioéconomique de ceux-ci sur la croissance des pays hôtes. Les firmes étrangères ont tendance à s’implanter dans les pays disposant de bonnes infrastructures, une main d’oeuvre compétente, de marchés solvables et d’un accès facile au marché international. Il en va de même pour les firmes locales.

La concentration des activités peut prendre la forme particulière de clusters ou de districts industriels. En effet, les clusters sont des concentrations des firmes dans un ou plusieurs secteurs bénéficiant d’un réseau dense de concurrents, de clients, de fournisseurs spécialisés, de main d’oeuvre qualifiée avec des ressources financières et des institutions adéquates, (CNUCED, 2001). Ainsi, les spillovers technologiques des IDE seraient plus importants dans le cadre des clusters, (Thompson, 2002 cité par Mainguy, 2004).

Par ailleurs, dans le cadre de l’analyse des effets de l’ouverture commerciale, la NEG fournit un corpus théorique intégrant les variables ; coûts de transport, taille des marchés, effets d’entrainement et de concurrence, les prix et la mobilité des facteurs, permettant d’évaluer l’impact de l’ouverture d’un pays sur la répartition des IDE entre les différents espaces puis en leur sein.

Conclusion

Somme toute, l’investissement direct étranger peut se définir comme différentes opérations financières destinées à agir sur la marche et la gestion d’entreprises implantées dans des pays différents de celui de la société mère. Ces investissements internationaux sont une caractéristique principale de la mondialisation économique et de la multinationalisation des firmes, et revêtent un rôle d’autant plus capital dans les pays en développement. Ceux-ci, surtout les pays de l’UEMOA considèrent l’IDE comme essentiel à leur développement. Ainsi, l’IDE fait figure de moteur de croissance en raison des apports en capitaux dont ces pays ont manifestement besoin, et les divers spillovers qu’engendrent ces investissements internationaux. Cette attractivité peut s’analyser à plusieurs niveaux : attractivité territoriale ou côté demande d’IDE, l’attractivité firmes ou côté offre d’IDE mais aussi l’attractivité au niveau global combinant les deux premières approches.

Par ailleurs, les firmes utilisent soit la stratégie primaire (IDE orienté vers l’exploitation des ressources naturelles), soit la stratégie verticale qui est fondée sur la recherche d’efficacité, soit la stratégie horizontale qui se traduit par la conquête de marchés, mais aussi avec la globalisation, les firmes combinent plusieurs approches de localisation, de délocalisation ou de relocalisation d’où la notion de stratégie complexe ou hybride, pour s’internationaliser.

L’intérêt manifeste accordé aux IDE a conduit les différents courants de la science économique mais également d’autres disciplines comme la géographie à rechercher aussi bien les déterminants que leurs impacts sur les économies d’accueil. Depuis la théorie éclectique de Dunning (1977), la question de la localisation a été traitée sous plusieurs optiques : de l’approche statique à l’approche dynamique, des stratégies d’implantation simple aux stratégies complexes. Le chapitre suivant constitue une contribution analytique des flux d’investissements directs en direction de l’UEMOA.

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