III.6. LA MISE EN PLACE D’UN DISPOSITIF DIPLOMATIQUE

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La puissance est fonction d’une politique étrangère ambitieuse et volontariste.

En tout état de cause, il faut nécessairement une nouvelle politique étrangère pour la RDC.

La politique extérieure d’un pays doit être une corrélation de son histoire, c’est-à-dire que, pour comprendre les grandes lignes d’une politique extérieure ou pour établir ce que peuvent être ses principes forts, il est important d’étudier, avec minutie, sa constitution.

Ainsi, pour ce qui est de la politique extérieure de la RDC, il est de la haute importance de comprendre toutes les étapes de création du Congo en tant qu’Etat afin de cerner les différentes interactions et leurs lignes de forces pour affirmer sa souveraineté.

En effet, l’Etat indépendant du Congo a été reconnu comme propriété du ROI LEOPLD II suite à sa ruse de très haute voltige.

Le roi avait fait croire, à l’époque, aux grandes puissances que le Congo serait une colonie internationale où tout le monde pouvait accomplir des affaires sans obstacles.

Cependant, lors de la conférence anti-esclavagiste de Berlin en 1889, le Roi de Belge s’appropria tout seul le droit sur le Congo à la désespérance des puissances à qui la promesse avait été donnée.

Désormais, tous les Etats leurrés veulent rentrer dans leur droit sur le Congo. C’est ainsi que, toute action des puissances est orientée dans une logique de se rapprocher le plus près possible, des ressources du Congo pour leur exploitation et leur contrôle. Ils ont mis en place un système pour piller les ressources de ce pays.

Cet aspect de notre histoire ne semble pas être surement pris en compte par les acteurs de la diplomatie en RDC. Pourtant c’est ce contre quoi la politique extérieure du Congo devrait lutter. Elle nécessiterait d’être à mesure d’intégrer cette constance de la convoitise étrangère de nos ressources et le besoin d’une défense de l’intérêt national. Ce dernier est le noyau de toute politique étrangère. L’intérêt national doit être appréhendé de façon objective (140). C’est-à-dire qui se conçoit comme la maximisation de la puissance dans le sens à imposer sa volonté à d’autres Etats. Cet intérêt national rassemble en fait, la sécurité nationale, la prospérité nationale, le destin collectif et l’identité nationale. Ainsi, la survie de l’Etat en dépend. Ces quatre composantes de l’intérêt national ne sont réalisables que grâce à l’industrialisation du pays. Celle-ci pourra permettre la création de l’emploi pour assurer le bien-être des citoyens, car la dignité des hommes libre est dans leur force de travail. L’industrialisation est aussi possible à la faveur de l’électrification du pays. Aujourd’hui plus rien ne peut s’opérer sans l’énergie électrique. Ainsi, les élites congolaises devraient-elles diriger leurs efforts dans l’exploitation du bassin du fleuve Congo et de ses effluents ainsi que d’autres cours d’eaux pour la production de l’électricité.

Par contre la nouvelle diplomatie doit être efficace, dynamique, appropriée et adaptée au contexte régional et mondial global. Elle doit intégrer la politique de bon voisinage.

Celle-ci implique la garantie d’un engagement à la non agression avec les Etats voisins.

Dans ce cadre, la politique étrangère de la RDC doit introduire l’ambition de ce pays à un rôle international. Elle doit porter le pays à un rang diplomatique honorable dans la hiérarchie des puissances mondiales. Les voies de rénovation doivent passer par la construction d’un Etat stable. L’on doit prendre en compte les contraintes découlant des événements historiques du pays, des guerres d’agression et des rebellions armées qui rythment l’évolution politique du pays.

En revanche, les relations avec l’Europe, les USA, la Russie et les nouvelles puissances émergentes comme la Chine ou l’Inde occuperaient une place dans le renouveau diplomatique. Tout en sachant que les relations d’un pays avec d’autres reviennent dans la recherche dans ces pays des ressources et des opportunités qui peuvent contribuer à l’augmentation de la puissance et de la prospérité intérieure. Ainsi, le professeur KAKULE MATUMO KITSWIRI affirme que « lorsque la politique étrangère d’un Etat n’est pas conçue comme le prolongement de sa politique intérieure, elle est inopérante et contribue à faire du pays une risée d’autres Etats » (141).

C’est dans cette perception que l’intérêt tiré des relations internationales doit être bien appréhendé. C’est pourquoi nous devons développer un discernement des dynamiques et d’évolution du système international. Il faut dégager aussi, la capacité d’analyse des faits et des événements internationaux. La RDC doit donc œuvrer à intégrer dans ses décisions la participation aux rencontres diplomatiques importantes de certaines organisations internationales ou de certains Etats. Cependant, ces rencontres doivent coïncider avec son intérêt national.

De même, les décisions de politiques étrangères doivent être arrêtées par rapport à la géopolitique de la RDC dans le contexte régional et mondial. Le pays doit œuvrer à sortir l’Afrique de l’étourdie diplomatique qui place tous ses Etats et leurs ressources autour des ambitions rivales des puissances mondiales.
Dans cette optique, il faut l’impression d’un nouveau style et d’une nouvelle pratique des relations internationales.

En effet, la coopération internationale doit être basée sur la force de proposition. En d’autres termes, l’influence c’est-à-dire la capacité d’imposer sa volonté par la persuasion. Elle doit aussi être basée sur la détermination de gérer des crises politiques avec les autres Etats de la région.

Somme toute, la RDC a aujourd’hui le devoir de s’engager dans la construction de sa grandeur et de sa puissance ainsi que d’assurer sa prospérité. C’est après l’assurance de sa puissance qu’elle pourra prétendre consolider sa souveraineté qui a besoin d’un dispositif économique autonome.

140 NZANZU MUKESYAYIRA, op cit, p70
141 KAKULE MATUMO KITSWIRI, Cours de politique étrangère de la RDC, L1 RI, FSSPA, UOR/Butembo, 2010-2011

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