III.1.2 Propositions d’amélioration

Non classé

Pour pallier à ces lacunes persistantes, il est tout d’abord nécessaire d’interroger et de travailler en collaboration avec des personnes en situation de handicap (ou des organismes les représentant), afin d’éviter toute inadéquation de l’offre et de confirmer la réelle accessibilité de l’amélioration proposée. En tant que professionnel des métiers de la culture et du tourisme, le guide est aussi apte à proposer ses solutions.

III.1.2.1 Faciliter l’accès à l’information

La première étape de l’accessibilité à un établissement culturel se situe au niveau de l’information. Aujourd’hui, il est donc question de tout mettre en œuvre pour que les sourds puissent avoir accès à tous les renseignements nécessaires dans le but de participer à une visite, qu’elle soit guidée ou non.

Rappelons-le : pour les personnes qui n’ont jamais entendu, la maîtrise du français, et surtout du français écrit, s’avère complexe. En effet, il est difficile d’apprendre et de comprendre les subtilités d’une langue que l’on n’entend pas ou mal. Pour les personnes sourdes il faut donc privilégier les informations visuelles, au moyen par exemple de vidéos d’information en LSF.

Ces vidéos peuvent être présentées sur les sites internet de chaque établissement, mais également en applications pour Smartphones. On pourrait également imaginer des spots publicitaires, à l’image de ceux que propose l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES)(32).

Il en va de même pour les affiches concernant les expositions dans les musées : elles peuvent être adaptées de manière à être plus compréhensibles pour les personnes sourdes. A ce propos, la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) a mené une étude sur les éléments à adapter dont voici un exemple :

Affiche adaptée pour les publics sourds

Le Docteur Juliette Bloch, directrice scientifique de la CNSA, explique par ailleurs que la prise en compte du public sourd peut même avoir un intérêt pour une communication grand public : “Finalement, entre deux brochures, une spécialement conçue pour une population en situation de handicap et la brochure normale, on s’aperçoit (…) que les gens (…) préfèrent celle qui a été rendue plus accessible”(33).

III.1.2.2 Améliorer l’accueil des sourds

Une fois informé sur la structure dans laquelle l’on souhaite se rendre, la seconde étape est l’accueil que l’on va y recevoir. La majorité des musées propose un accueil personnalisé, mais la plupart du temps cela se passe par téléphone ou par email, donc de manière généralement compliquée pour les sourds. De plus, il faut bien souvent prévoir et réserver sa visite très en avance si l’on veut pouvoir en bénéficier.

La première solution serait donc de prévoir un service d’accueil personnalisé sur place, permanent et disponible sans rendez-vous. Mais dans le cas où il n’y aurait pas assez de visiteurs sourds, cela mobiliserait du personnel inutilement. Une autre solution consiste sinon à proposer la gratuité pour les accompagnateurs des personnes sourdes ; ainsi elles pourraient inviter un interprète pour les aider.

Enfin, pour accompagner une visite autonome, on peut aussi mettre en place un système de prêt de guide vidéo LSF, disponible à l’accueil, comme c’est le cas pour les audioguides. Ici, il s’agirait d’un écran tactile permettant de se connecter librement à une plate-forme d’interprétation LSF à distance (CID(34)).

Ces propositions faites, la dernière étape est donc l’accès à une visite effectuée par un guide LSF. Afin de bien comprendre les attentes des visiteurs sourds, il est nécessaire de participer et d’analyser quelques-unes de ces visites.

32 Vidéo visible suivant le lien http://www.inpes.sante.fr/lsf/canicule/canicule.asp .
33 Interview réalisée dans le cadre des 10 ans de l’INPES en 2012.
34 Plate-forme d’interprétation LSF à distance Elision, proposée par le site Websourd.

Page suivante : III.2 Etude d'une visite en LSF

Retour au menu : Quels sont les enjeux du guidage en langue des signes ?