II.1.2- Proximité géographique et proximité organisée

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Le développement des analyses de la proximité à donné lieu, depuis le début des années 1990, à une pluralité de définition de formes de proximité, qui s’articulent toujours autour deux dimensions :

– une dimension liée à l’espace,
– une dimension ne tenant pas à l’espace.

Le débat repose aujourd’hui sur une distinction entre deux catégories de proximités : géographique et organisée (TORRE, RALLET(45), 2005).

La proximité géographique s’intéressera à la distance kilométrique entre deux entités (individus, organisations, villes…) pondérée par le coût temporel et monétaire de son franchissement. Elle a deux propriétés essentielles : elle est tout d’abord de type binaire (il existe naturellement d’infinies graduation (plus ou moins loin de, plus ou moins près de), mais l’examen de la proximité géographique a pour objet de savoir si on est « loin de »ou « près de ».Elle est ensuite relative, doublement relative. La distance géographique qui traduit le partage entre proximité et éloignement est relative aux moyens de transport. La distance kilométrique est pondérée par le temps et /ou le coût de transport.

La proximité n’est pas considérée comme une donnée objective, elle procède en dernier ressort d’un jugement porté par les individus ou les groupes sur la nature de la distance géographique qui les sépare. Le jugement ici consiste à traiter l’ensemble des paramètres qui influent sur la distance pour les réduire à l’énoncé selon lequel on est près ou loin de. Cet ensemble de paramètres comprend des données objectives (kilomètre, temps, prix) mais aussi la perception que les individus en ont. Cette perception est variable selon l’âge, le groupe social, le sexe, la profession… (Par exemple, la possibilité de se rencontrer une fois par jour peut être perçue différemment selon les personnes).

Toutefois bien qu’elle soit de nature sociale (déterminée par les moyens de transport) et subjective (relevant d’un énoncé), la proximité géographique peut être à un moment t considérée comme une donnée de l’espace physique représentant une contrainte qui s’impose, en cet instant, aux agents pour développer les actions.

La proximité organisée est plus relationnelle que géographique. On entend par proximité organisée, la capacité qu’offre une organisation de faire élargir ses membres. L’organisation facilite les interactions en son sein, en tout cas, les rend à priori plus faciles qu’avec des unités situées à l’extérieur de l’organisation. Deux raisons majeures l’expliquent.

D’une part, l’appartenance à une organisation se traduit par l’existence d’interaction entre ses membres. C’est la logique d’appartenance de la proximité organisée : deux membres d’une organisation sont proches l’un de l’autre parce qu’ils interagissent et que leurs interactions sont facilités par les règles ou routines de comportement (explicites ou tacites) qu’ils suivent.

D’autre part, les membres d’une organisation peuvent partager un même système de représentation, ou ensemble de croyances, et les mêmes savoirs. Ce lien social est principalement de nature tacite. C’est ce qu’on appelle la logique de la similitude de la proximité organisée. Deux individus sont dits proches parce qu’ils « se ressemblent » ou du moins partagent un même système de représentation, ce qui facilite leur capacité à interagir.

45 Torre et Rallet : « Proximity and localization » . Region Studies,vol 39,n°1, 2005. P47-60.

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