DEUXIÈME CHAPITRE : PAYSAGE AUDIOVISUEL BOYOMAIS (PAB)

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Le présent chapitre permet l’exploration du paysage télévisuel boyomais. L’entreprise vise à présenter les chaînes de télévision de Kisangani, à savoir : Radiotélévision nationale congolaise (RTNC/Kisangani), Radiotélévision amani (RTA), Canal Congo télévision (CCTV) et Canal orient télévision.

Il comporte cinq sections. La première concerne l’écologie historique de la télévision (publique) en République démocratique du Congo. La deuxième présente le média public, la RTNC/station provinciale de Kisangani, la troisième la RTA, la quatrième Canal orient et la dernière, CCTV.

Section 1. Ecologie historique de la télévision en RDC(55)

La télévision (publique) en RDC a pris naissance à partir d’une décision d’Etat qui tenait à soustraire la masse des congolais de Kinshasa de l’influence Brazzavilloise. En effet, celle-ci fonctionnait déjà depuis 1964 et attirait visiblement l’attention des téléspectateurs de Kinshasa dont certains n’avaient fait mieux que d’acquérir un poste téléviseur afin de suivre des émissions de la télévision du Congo Brazzaville Il fallait attendre fin 1965 avec l’avènement du Lieutenant Général Joseph Désiré Mobutu à la tête du pays pour voir aboutir ce projet.

1.1. Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision (OZRT) : le monopole

La création de l’office zaïroise de radiodiffusion et de télévision « OZRT » découle des options et du choix politiques exprimés par les autorités du pays pour son système de monopole de l’Etat à travers un organisme public. C’est alors que le Président Mobutu procédera à la création de l’OZRT par l’ordonnance N°81-058 du 02Avril 1981.

Ce texte porte création et fixe les statuts d’un établissement public à caractère éducatif, industriel et commercial dénommé office zaïrois de radiodiffusion et de télévision « OZRT ». Nanti de la personnalité juridique, il est régi par les dispositions de la loi N°78 – 002 du 06 janvier 1978 applicable aux entreprises publiques telle que modifiée par l’ordonnance loi N° 82-019 du 29 Mars1982.

Cette nouvelle entreprise a reçu du législateur trois missions :

– exploiter le service public de la télévision et de la radiodiffusion
– informer, former et éduquer les masses zaïroises
– créer et promouvoir les productions cinématographiques et autres.

L’office zaïroise de radiodiffusion et de télévision « OZRT » est placée sous la tutelle de deux départements du conseil exécutif de l’information et de la mobilisation, propagande et animation politique « MOPAP » ainsi que celui des finances, budget et portefeuille dans les limites de leurs compétences respectives.

Le contrôle de l’OZRT par la MOPAP n’était nullement innocent.

« Contrairement à Joseph Kasa-Vubu, écrit modeste Mutinga, Joseph Mobutu, ancien journaliste à Actualité africaine, s’est vite rendu compte de l’importance des médias dans la gestion du pouvoir public. Très rapidement, il a senti le besoin non seulement de s’attirer la sympathie de la presse nationale mais également de s’en servir comme instrument de consolidation et de conservation du pouvoir ». Une entreprise favorisée par la création d’une politique d’orientation nationale en vue de mobiliser et de conscientiser le peuple (…)

1.2. Démocratisation de l’espace médiatique

Pendant près d’une vingtaine d’années, l’OZRT détient le monopole de la télévision jusqu’à la période de démocratisation initiée en avril 1990 qui est à l’origine d’une floraison de chaînes de télévision privées, à commencer par Antenne A qui brise le monopole de l’OZRT en 1993.

Pour la RDC, cette ouverture politique est une occasion toute trouvée pour les médias et les professionnels de la presse de prendre conscience de leur instrumentalisation par le pouvoir. Ainsi donc l’on peut lire dans l’exposé des motifs de la loi n°96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse : « la volonté de rétablir au Zaïre une presse libre et responsable procède des préoccupations émises non seulement par de nombreuses assises de la presse, mais également par les forces politiques et sociales réunies au sein de la Conférence nationale souveraine, puis par les concentrations politique du palais du peuple »(56).

Ainsi donc, cette loi viendra supprimer le monopole de l’Etat sur la presse et consacrer le pluralisme médiatique en ouvrant l’espace audiovisuel aux privés. L’alinéa sept de l’exposé des motifs stipule que la présente loi consacre donc, dans ce secteur, la fin du monopole d’exploitation détenu là par l’Etat, qui accepte de le partager, conformément à la loi avec des tiers(57).

A l’arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir en mai 1997, le pays est rebaptisé ainsi que la chaîne de télévision qui devient Radio Télévision Nationale Congolaise « RTNC ». Pour affronter la concurrence des télévisions privées, les autorités procèdent au rééquipement de la RTNC, jamais renouvelé depuis sa création, grâce à un programme qui s’étend jusqu’en provinces.

La diffusion de la RTNC sur les principales villes du pays avait été interrompue pour des raisons techniques en début 2004. Novembre de la même année suite au soutien apporté par l’entreprise italienne Téléconsult, cette diffusion avait repris.

1.3. La télévision à Kisangani

Sur le territoire national, le secteur de la télévision a fondamentalement évoluée et la ville de Kisangani n’y a pas échappé.

Après près de deux décennies de monopole, dans les années 1990, la RTNC Kisangani partage le secteur avec Télé Boyoma, une chaîne de télévision privée qui n’opère plus pratiquement depuis la fin de la transition en République démocratique du Congo.

En 2005, la Radiotélévision amani (RTA), une chaîne tenue par l’Archidiocèse de Kisangani, diffuse ses premières émissions sur la fréquence de GHMT 222 pour 50 Kms à vol d’oiseau avec un émetteur de 500W.

Les deux précédentes télévisions ci brièvement décrites, ont partagé le secteur en couple jusqu’à l’avènement de Canal orient télévision. Toute jeune, cette dernière, grâce à ses matériels dernier cri, a couvert la célébration des festivités du cinquantenaire de la République démocratique du Congo, le 30 juin 2010.

Coupé depuis la fin des dernières élections de 2006, le signal de Canal Congo télévision comme désormais station locale a été relancé en octobre 20210 dernier.

Depuis 2010, le paysage audiovisuel boyomais compte quatre télévisions, dont l’une publique et trois privées. L’une proche de l’Eglise catholique (RTA) et les deux autres proches des politiques : CCTV à tendance au Mouvement pour la libération du Congo (MLC) et Canal orient TV pro-pouvoir. Ce sont ces deux catégories qui font la substance des deux sections suivantes.

Nous notons enfin, la présence de deux chaînes de télévision émettant de Kinshasa qui sont captées ici à Kisangani, en l’occurrence Digital Congo et Radiotélévision groupe l’avenir (RTG@).

Section 2. Radio télévision nationale congolaise (RTNC)/station provinciale de Kisangani

2.1. Aperçu historique

La RTNC/station provinciale de Kisangani est compartimentée en deux : la Radio et la télévision.

En fait, l’historique de cette télévision relève plus de son aspect radio qui eût le plus beau du temps pendant près de vingt ans.

La radio vit le jour en 1955 sous le nom de Radio Congo-Belge, dont la mission consistait en la diffusion des programmes sur les activités de la colonie. Elle se devait de d’informer et de divertir principalement les colons, les blancs et les évolués.

À l’indépendance en 1960, elle fonctionne sous la supervision de la Direction Provinciale des Affaires Intérieures et de la Main d’oeuvre(AIMO), puis quelques années plus tard, elle devint une station provinciale de la Radio nationale.

C’est en 1979 que naquit la station de télévision. Deux ans après, en 1981, fut créé l’Office Zaïrois de Radio diffusion et de Télévision (OZRT), par l’ordonnance N°81-050, du 2 avril 1981.

Depuis l’avènement de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, conduite par le feu président, Laurent Désiré KABILA, l’ancien Zaïre redevient la République démocratique du Congo. Automatiquement, OZRT/station locale fut aussi rebaptisé Radio télévision nationale congolaise/ station locale de Kisangani.

Interrompus pendant plusieurs mois avant la célébration des festivités du cinquantenaire suite à une panne technique très sensible, les programmes de la RTNC ont repris depuis le début de l’année 2011 avec l’acquisition d’un nouvel émetteur télé.

2.2. Situation géographique

La station télévision est située sur l’avenue Matayabu n°3, en face de la Division Provinciale du Plan, dans la Commune Makiso.

2.3. Statut juridique

L’ordonnance N°81-058 du 02Avril 1981fixe les statuts d’un établissement public à caractère éducatif, industriel et commercial dénommé office zaïrois de radiodiffusion et de télévision « OZRT », actuellement Radio télévision nationale congolaise (RTNC).

Dotée de la personnalité juridique, elle est régie par les dispositions de la loi N°78 – 002 du 06 janvier 1978 applicable aux entreprises publiques telle que modifiée par l’ordonnance loi N° 82-019 du 29 Mars1982.

2.4. Mission

La R.T.N.C, comme média public, a pour mission d’informer, d’éduquer, de divertir le public ; d’exploiter le service public de radiodiffusion et de promouvoir des productions cinématographiques.

2.5. Cible

La RTNC/Kisangani vise toute la population de la province orientale parce que l’Etat congolais a le devoir d’informer, former et divertir.

2.6. Moyens de production

2.6.1. Profil des professionnels

La RTNC/Kisangani compte plus de 150 agents engagés et collaborateurs. La majorité du personnel est vieux. Nombreux d’entre eux n’ont suivi qu’une formation de type extra académique, c’est-à-dire soit sur le tas soit par expérience soit une formation dans un centre quelconque.

Comme évoqué précédemment, la production de la RTNC/Kisangani découle de l’interne et les programmes sont produits en studio et en direct.

2.6.2. Sources de financement

Etant une société publique de radiodiffusion et de télévision de l’Etat congolais, le capital de la RTNC est détenu à 100 % par la Radio Télévision Nationale Congolaise ou mieux l’Etat congolais. Ses autres sources de financement sont : les subventions gouvernement provincial, la publicité.

2.6.3. Equipement technique

La régie télévision utilise les matériels suivants pour lui permettre d’émettre. On peut citer quelques matériels :

– Récepteur radio télévision
– Caméras
– Émetteurs radiotv
– Décodeur pour faciliter le décrochage de la chaîne mère

2.7. Programmes

La RTNC/Kisangani produit des programmes en français, lingala et Kiswahili.

La plupart de ses programmes relève de la production interne. La majorité de ces programmes est produite en direct et en studio. Ces derniers appartiennent aux catégories suivantes : émissions politiques, émissions religieuses (des prêches des pasteurs), émissions de détente musicale, émissions d’éducation, émissions culturelles, émission des variétés, programmes d’enfant et autres magazines

2.8. Zone de rayonnement

La Radio télévision nationale congolaise, station provinciale de Kisangani couvre toute la ville de Kisangani et les villes de Bunia, Butat et Isiro.

2.9. Organisation administrative et organigramme

Plusieurs services assurent le fonctionnement de la R.T.N.C. Etant régi par les statuts de la fonction publique, l’entreprise fonctionne avec des services animés par des fonctionnaires. Ainsi, l’appellation et la multiplicité desdits organes diffère de ceux d’une entreprise privée.

2.9.1. Organisation et fonctionnement

Direction provinciale

L’animateur de cet organe représente l’Administrateur Délégué Général (A.D.G.) en province et coordonne toutes les activités de la R.T.N.C./Province orientale. Il applique la politique de l’information des programmes Radiotélévision. Il gère les ressources humaines, financières et patrimoniales mises à la disposition de la R.T.N.C. et applique les directives nationales, statut, convention collective de l’entreprise.

Il est le gestionnaire de la station et répond à toute interpellation de la hiérarchie. Il approuve les grilles saisonnières et permanentes des programmes Radio Télévision et signe les contrats publicitaires avec les annonceurs et les collaborateurs extérieurs, il assiste au calage, conférence et séminaire d’intérêt provincial ou national qui concernent les problèmes d’information, des programmes ou de la technique Radio Télévision.

Il garde des rapports avec les responsables des institutions publiques et privées de la province. Il préside les réunions hebdomadaires avec le comité de direction afin d’évaluer et critiquer la marche de l’entreprise et à la fin de chaque année, il rédige un rapport d’activités à l’intention de la hiérarchie.

Sous-directeur Audiovisuel

Il émet et propose au directeur les stratégies d’encadrement et d’information tendant à l’amélioration de la production et de la présentation des émissions et informations Radio télévision en collaboration avec le chef de service.

Il signe conjointement avec le directeur tout acte engageant la station et relevant de la gestion courante de la station dans le domaine de l’audiovisuel, conformément aux articles 90 et 91de la loi N°78-0023 du 06 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises publiques.

Toute communication ou instructions de service entre le directeur et les agents ou cadres relevant de l’audiovisuel transite obligatoirement par lui. Il produit, surveille, contrôle l’antenne à travers le service de régie, reçoit et analyse tous les rapports d’antennes à l’intention du directeur et du comité de direction. Egalement, il est chargé des enquêtes annuelles sur la qualité des programmes de la RTNC/Kisangani et sur les présentations des journalistes et animateurs

Sous-directeur Technique Radio TV.

Il assure la gestion de l’exploitation et de la maintenance des équipements et du matériel de la station radiotélévision. La bonne marche de la fréquence (studio) et de la haute fréquence (Emetteur Radio TV), ainsi que des unités mobiles (matériels de reportage, de sonorisation).

Il effectue le contrôle des appareils et équipements afin de se rendre compte de leur état de fonctionnement et tient à jour la documentation technique et élabore les statistiques permettant de connaître la durée de vie des équipements.

Sous-directeur logistique

Il organise l’approvisionnement et procède à l’achat des fournitures, matériels des bureaux et autres matériels techniques et il assure la distribution selon les besoins de services.

Toute communication ou instructions de service entre la direction et des agents ou cadres de sa section, passe nécessairement par son canal ; Conformément aux articles 90 et 91 de la loi N°78-002 du 26 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises publiques.

Service d’Information Radio TV

Sous l’égide du sous-directeur de l’audiovisuel, ce service organise et supervise la collecte, le traitement et la diffusion des nouvelles ou actualités à la Radio et à la Télévision. Il consigne les conducteurs des journaux parlés et télévisés à la sous-direction audiovisuelle avant l’établissement des conducteurs définitifs réguliers de service et supervise les tâches de concertation, ou sur proposition des chefs des sections concernées.

L’organe veille au respect des horaires des services par les chefs de section et à la qualité des journaux parlés et télévisés et assure le respect du temps imparti à la diffusion des émissions spécialisées.

Service des Programmes Radio TV

L’organe a la charge de gérer l’antenne, produire la grille des programmes et des émissions, établir un planning de production des programmes ; aussi elle coordonne les programmes d’éducation générale, des variétés musicales dramatiques, d’éducation populaire, jeux concours en français et en langues nationales.

Il Réglemente les conditions d’accès aux discothèques et prêt des disques et autres éléments audiovisuels, en conservation et tient des réunions des programmes et des techniques des émissions avec les producteurs : il fait son rapport mensuel, semestriel, trimestriel, et annuel ;

Service de Régie

La Régie d’antenne représente le directeur aux studios. Le Régisseur contrôle tous les éléments (conducteurs, bande, disques) nécessaires à l’antenne et élabore le rapport d’antenne où il signale tout le dérapage des présentateurs ou des invités.

Service Technique Radio TV

Cet organe s’occupe de la gestion de la maintenance et de l’exploitation d’équipement, matériel et technique de la station, de donner des avis techniques sur la réalisation des émissions et de coordonner la gestion de sites équipés des émetteurs dans la province et d’assurer la garde exclusive et d’entretenir le matériel de rapportage.

2.9.2. Organigramme

L’organigramme de la R.T.N.C. se présente de la manière suivante :

Organigramme

Section 2. Radio télévision Amani (RTA)

2.1. Aperçu historique

Les origines de la R.T.A. remontent à 1964 lorsque l’Eglise Catholique avait décidé au Concil Vatican II, décret Inter Murificat du Pape Paul VI, d’annoncer l’évangile à travers les moyens de communication sociale.

La création de la RTA est le résultat de la concertation des membres de la Commission diocésaine des moyens de communication sociale. En effet, créée pendant les assises des journées pastorales au Centre Monseigneur Grison à Simi simi en 1985, ladite commission s’est fixé l’idéal de s’occuper des médias dans le diocèse.

Bien avant, le Diocèse avait déjà créé un journal dénommé « Karibuni ». Cet organe s’était, pour ainsi dire, ajouté à la librairie Saint Paul, qui existait dans le Diocèse depuis 1975Le Journal KARIBUNI, créé en avril 1985, en était le média à l’époque.

Aussitôt mise en place, la Commission a commencé à organiser des émissions religieuses à la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), ex-Office zaïrois de radio télévision (OZRT) une fois le mois, soit le dimanche de la fin du mois. C’est plus tard vers 1989 que les membres ont émis le voeu de posséder un support radiophonique. Vers les années 1989-1990, avec le début de la démocratisation du pays et, pour la poursuite de ses émissions et débats politiques qui condamnaient la dictature, la commission connut des difficultés pour accéder au studio de l’ex-O.Z.R.T.

Ainsi, le 13 août 1995, ont été lancées les premières émissions en essai technique avec sept animateurs, après l’autorisation d’émettre officialisée dans les arrêtés ministériels n°04/MIP/002395 et 04/MIP/002495 du 5 juillet 1995. La dimension télévision de cette chaîne catholique n’a été lancée qu’au mois de mai 2005. Elle fût en ordre utile, la deuxième chaine à être captée à Kisangani après l’O.Z.R.T./Kisangani. La R.T.A. relaye B.B.C. Cette chaîne produit des émissions locales à caractère religieux, politique, social, scientifique et culturel. Son cheminement fut positif jusqu’à la chute de l’ex-Zaïre en 1997.

À l’arrivée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), pour des raisons politiques, la RTA a été interdite d’émettre. Elle a repris ses activités deux ans plus tard.

2.2. Situation géographique

La Radio télévision amani est double, c’est-à-dire c’est un groupe composé d’une station radio et une chaîne de télévision. Le premier compartiment, la radio, est située dans l’enceinte de la procure des missions de l’archidiocèse de Kisangani, sur l’avenue de l’église N° 2. Tandis que la télévision, elle, est localisée dans le bâtiment abritant la Caritas développement de l’Archidiocèse de Kisangani sur l’avenue Mabe Sabiti n°4 au quartier Lualaba. Toutes deux se trouvent dans la Commune Makiso.

2.3. Statut juridique

Au milieu de plusieurs radios communautaires, la RTA est un média privé/communautaire et confessionnel comportant en son sein une station de radio et une chaîne de télévision.

2.4. Objectifs et mission

À sa création, la Commission diocésaine des moyens de communication sociale a fixé les objectifs suivants à la RTA :

– Diffusion de la pensée catholique ;
– Formation à la justice, la paix et démocratie ;
– Culture générale, universelle et africaine ;
– Hygiène et santé publique ;
– Catéchèse, homélie, liturgie ;
– Education à la vie, éducation scolaire et alphabétisation.

Tous ces objectifs ont toujours été resserrés en deux grandes missions de la Radio télévision amani à savoir l’évangélisation et le développement intégral de tout l’homme et de tout homme.

2.5. Cible

Le public visé par la Radio télévision Amani est hétérogène, c’est-à-dire toutes les couches de la population à variables sociodémographiques confondues.

2.6. Moyens de production

2.6.1. Profil des professionnels

La chaîne de télévision amani emploie une vingtaine d’agents, la plupart des professionnels sont issus d’une formation extra académique. Leur formation est basée sur l’expérience acquise sur le tas.

2.6.2. Sources de financement

La RTA étant une chaîne confessionnelle, c’est l’Eglise catholique qui détient l’entièreté du capital. Ses sources de financement sont principalement : les couvertures médiatiques, les publireportages, les occupations d’antennes (tranches d’émission), les publicités ainsi que les divers communiqués et annonces.

2.6.3. Equipement technique de la télévision

Les matériels de sons et d’images permettant à la chaîne de télévision de produire des programmes sont les suivants :

– Emetteur 100w
– Antenne
– Reporteur
– Câble coaxial
– Mixeur de son
– Mixeur d’images
– Ordinateur de montage
– Magnétoscope
– Caméras
– Télévisions monitors
– Plateau d’émission
– Salle technique
– Microphones
– Projecteur
– Climatiseur.

2.7. Programmes

La Télévision amani propose à longueur des journées des programmes des chaînes étrangères à 78,2%(58). Les programmes locaux n’occupent que le reste du volume horaire. Ce sont des programmes produits en studio et en direct.

Les émissions diffusées relèvent des programmes : d’information, de magazine, de documentaire, de divertissement.

2.8. Zone de rayonnement

La Radio télévision amani couvre tout le centre ville de Kisangani, les communes de Mangobo, Tshopo, Makiso, Lubunga une partie de Kabondo et de Kisangani.

Son émetteur est de 1000 W couvrant environ 20 Km à vol d’oisieau.

2.9.Organisation et fonctionnement

La RTA est animée par cinq principaux bureaux. Il s’agit du Conseil d’administration, qui est l’organe de prise des décisions, la Direction (des programmes), la Rédaction, l’Administration, le Service technique.

2.9.1.Conseil d’administration

C’est l’organe suprême de la RTA. Toutes les grandes décisions importantes de la chaîne sont prises par cet organe.

Il est composé du Représentant diocésain de la RTA, du Vicaire épiscopal, du Directeur de la chaîne. Il gère le personnel, veille sur les mouvements des agents et, a sous sa gestion le patrimoine de l’entreprise.

2.9.2. Direction

C’est un bureau à double casquette : la direction de l’entreprise et des programmes de la RTA. Il gère les finances et le patrimoine de l’entreprise. Il est le responsable du contenu quotidien et intervient en maître lors du Conseil de rédaction. Il gère aussi le personnel de la Radio et de la télévision.

2.9.3. Rédaction

Elle est dirigée par un Rédacteur en chef. Ce service s’occupe de la collecte, du traitement et de la diffusion de l’information. On y trouve trois Desks, notamment le français, lingala et kiswahili.

2.9.4.L’administration

Ce bureau s’occupe de tout ce qui touche à l’administration de l’entreprise. Il comporte les services suivants : la comptabilité, la réception, et le marketing.

Le premier est chargé de veiller sur toutes les entrées sur base de reçu technique et les sorties des fonds de l’entreprise. Le deuxième service réceptionne les communiqués et différentes annonces ainsi que les publicités et se rassure de leurs diffusions.

Enfin, le marketing, comme le nom l’indique, c’est le service chargé de chercher les marchés pour trouver les ressources de l’entreprise.

2.9.5. La technique

Ce service est animé par un chef technique qui a un oeil sur tout ce qui touche à l’équipement, matériels et maintenance. Il est assuré par les réalisateurs qui jouent en même temps le rôle d’ingénieur de son. Ceux-ci ont pour tâche de gérer les matériels de production audiovisuelle, de la régie, la maintenance et veille également à la qualité de son. Il comporte la régie et le maintien technique.

Nous y incluons aussi le service multimédia. C’est ici que s’effectue le montage des sons et des images recueillis sur terrain.

2.9.6. Organigramme

Tous les bureaux et services exposés ci haut, peuvent se présenter sous la forme de figure ci après :

Organigramme 2

Source : R.T.A. 2009.

Section 3. Canal orient télévision

3.1. Aperçu historique

La retransmission en direct des festivités du cinquantenaire de la République démocratique du Congo n’a pas été faite, comme à l’accoutumée, par la télévision nationale congolaise, station provinciale. Cette fois là, elle a été possible grâce aux matériels de dernier cri de Canal orient télévision. Une énième chaine de télévision implantée à Kisangani appartenant à Jean ELONGO Tokole.

Elle est à l’initiative de la Fondation qui porte le nom de son propriétaire. Ses essais techniques ont commencé depuis juin 2010.

Émettant sur une basse fréquence (182,25 Mhz), pour des raisons d’ordre technique dues à une interférence avec les émetteurs des chaînes de la capitale captées à Kisangani, à savoir Radiotélévision groupe l’avenir (RTG@) et Digital Congo, elle avait suspendu pendant six mois ses émissions d’essai.

Elle a repris ses émissions en janvier (2011) dernier avec un émetteur à haute fréquence (471,25 Mhz). Dans un premier temps, la chaîne se trouve en phase de formalisation, c’est-à-dire dans les tractations pour établir sa grille des programmes et de formation de ses professionnels pour une meilleure rentabilité. Elle fait recours à l’expertise d’une grande chaîne de Kinshasa, Antenne A (AA) pour accommoder le personnel à employer.

3.2. Situation géographique

Canal orient télévision est située sur l’avenue Général Mulamba, n°42, dans les installations de l’ex-immeuble PROGESCO.

3.3. Statut juridique

Appartenant à un privé, elle est une chaîne issue du régime privé commercial étant donné qu’elle doit produire pour avoir des bénéfices qui assurent sa survie.

3.4. Mission

Sa mission est de satisfaire la population de la ville de Kisangani en matière de la communication (télévisuelle) en apportant de la nouveauté qualitative des programmes variés.

3.5. Cible

La chaîne vise un public varié de la population boyomaise. Toutes les couches et catégories sociales de ladite population sont directement touchées par le signal qu’elle envoie.

3.6. Moyens de production

3.6.1. Profil des professionnels

Canal orient télévision emploie des professionnels ayant acquis l’expérience dans d’autres chaînes de télévision de la place ainsi que des jeunes issus de la formation académique en sciences de l’information et de la communication (SIC) et une catégorie

3.6.2. Sources de financement

Son mode de financement est l’autofinancement. Son financement provient de différentes couvertures médiatiques, de tranches publicitaires et de différentes interventions ponctuelles du patron.

3.6.3. Equipement technique

Les matériels suivants permettent à Canal orient de produire ses émissions :

– Téléviseur : 5
– Mixeur vidéo
– Sélecteur d’images audiovisuelles : 2
– Générateur de titreur
– Ordinateur : 3
– Disques durs externes : 2
– Mixeur audio
– Lecteur DVD : 2
– Dec K7 vidéo VHS : 2
– Lecteur enregistreur DVD
– Téléphone fixe
– Supports DVD
– Supports K7 VHS
– Micros : 8
– Projecteur plateau
– Climatiseur
– Caméras HDV: 5
– Trépieds caméra : 5
– Roulette trépieds caméra
– Chaises plateau : 13
– Table plateau
– Horloge
– Tube plateau : 7
– Post téléviseur retour plateau
– Post téléviseur régie : 5
– Ordinateur montage : 2

3.7. Programmes

À Canal orient, nous remarquons qu’un quota plus ou moins important est accordé au relais des programmes de certaines chaînes étrangères (France 24 et autres).

Ainsi, peut-on voir des programmes d’information (locale ou internationale), de culture, des variétés, de divertissement, d’enfants (local), etc.

3.8. Zone de rayonnement

Canal orient couvre toutes les parties de la ville grâce à son antenne fixée à la station terrienne de RENATELSAT. Son émetteur rayonne au moins 125 Km à vol d’oiseau.

3.9. Organisation et fonctionnement(59)

Section 4. Canal Congo télévision (CCTV)/station locale

4.1. Aperçu historique

Canal Congo télévision, génériquement CCTV, est l’une des chaînes de télévision qui a vu le jour avec l’avènement des élections en 2006.

Elle a émis de Kinshasa depuis 2005. C’est à l’approche des élections que le propriétaire, alors candidat aux présidentielles, a dispatché les émetteurs à l’intérieur du pays, dont la province orientale. C’est ainsi que la ville de Kisangani recevait les émissions de Kinshasa par satellite via l’émetteur installé à la station du Réseau national des télécommunications par satellite (RENATELSAT), Konga konga.

Après les élections, suite à des raisons que les animateurs considèrent « politiques », le signal avait été coupé. Mais, depuis octobre 2010, la chaîne a repris ses émissions, désormais comme station locale de Kisangani. Elle n’a plus de connexion directe avec Kinshasa ; d’où certains programmes de la capitale sont envoyés par bande K7 VTR.

4.2. Situation géographique

La chaîne est abritée dans l’immeuble Lengema situé sur le Boulevard Mobutu n°24 au centre ville dans la Commune de Makiso.

4.3. Statut juridique

Canal congo télévision est une chaîne commerciale. Elle a un numéro de registre de commerce et un numéro d’identification nationale(60).

4.5. Mission

La mission de CCTV est celle assignée à tous les médias dans l’ensemble : informer, éduquer/cultiver et divertir. Au-delà de ces considérations, elle vise le changement de mentalité en tant que chaîne de proximité et milite pour la liberté de la presse.

4.6. Cible

La CCTV vise à atteindre aussi un public général, difficile à déterminer de manière spécifique. En fait, c’est à toute la population de la ville de Kisangani qu’elle envoie son message.

4.7. Moyens de production

4.7.1. Profil des professionnels

Les professionnels employés par la chaîne proviennent de la station de radio,Radio liberté Kisangani (RALIK) appartenant au même propriétaire. Ils ont tous une formation basée sur l’expérience sur place.

4.7.2. Sources de financement

Le mode de financement de la chaîne est privé, étant donné qu’il appartient à un particulier, Jean Pierre BEMBA. Elle a des sources de financement qui sont de plusieurs provenances : les communiqués et annonces, les tranches d’émissions sollicitées, et les publicités.

4.7.3. Equipement technique

La chaîne de télévision CCTV utilise les matériels suivants pour produire des émissions. Il s’agit de :

– Caméras : 4
– Mixeur son
– Mixeur vidéo
– Ordinateur de montage vidéo : 2
– Poste téléviseur : 2
– Microphones : 4
– Lecteur DVD : 4
– Magnétoscopes VHS K7 : 3

4.8. Programmes

La plupart des programmes diffusés relève de la programmation locale : des films, des télé-dramatiques, des prêches, et des émissions locales en direct et en studio traitant divers thèmes, des animations libres, des variétés, détentes musicales.

Les programmes d’information proviennent de Kinshasa par bande.

4.9. Zone de rayonnement

La chaîne couvre le centre ville de la ville et les communes exposées aux ondes de son antenne.

4.10. Organisation administrative et organigramme

La Canal Congo télévision est organisée et constituée de services suivants.

– Direction générale à Kinshasa
– Direction provinciale : le directeur est le coordonnateur de la chaîne en province, et fait rapport à la direction générale.
– Sous direction de la station : il chapeaute la station et fait rapport au directeur provincial.
– Sous direction des programmes
– Sous direction technique
– Sous direction des informations
– Sous direction commerciale composée d’organes : comptabilité et caisse

L’organigramme se présente comme suit :

Organisation administrative et organigramme

Source : CCTV

Nous venons, dans ce chapitre, de portraiturer le paysage audiovisuel boyomais. Ce paysage a dressé le contexte historique qui retrace l’avènement de la télévision en République démocratique du Congo, en général, et de la ville de Kisangani, en particulier.

De cette écologie diachronique de la télévision, nous avons débouché sur la dissection de chacune des unités – les chaînes de télévision émettant de Kisangani– composant le PAB.

Toutefois, la biopsie de chaque élément composant le paysage audiovisuel boyomais que nous venons de réaliser ne suffit pas pour appréhender la politique de programmation des chaînes de télévision. Faute de cahiers des charges propres aux chaînes de télévisions implantées à Kisangani, ces données renseignent sur leur contenu. La grille constitue l’épine dorsale de chaque politique. Son contenu permettra d’aiguiser les impressions sur l’objet de cette étude. C’est ce qui constitue la substance du chapitre suivant.

55 Ecologie historique développé par LIGODI, (P.), Télévision publique et sous développement en RDC,Mémoire inédit, IFASIC, pp. 14-16
56 Loi n°96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse, Journal officiel de la RDC, p. 5.
57 Idem, p. 6.
58 BOYONGO, (K.), op. cit, p.
59 Ces éléments n’ont pas été mis à notre disposition pour des raisons de secret professionnel.
60 Malheureusement qui n’ont pas été mis à notre disposition sous motif qu’ils sont tenus secrets par les animateurs

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