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CONCLUSION GENERALE

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La présente recherche avait pour but d’analyser le niveau des connaissances de la population de la ville de Bukavu sur la gestion des déchets ménagers. Elle a été motivée par la manière dont la population considère les déchets lorsque ces derniers présentent des conséquences énormes sur la santé des écosystèmes. Pour y arriver, nous avons confectionné et distribué un questionnaire d’enquête dans les ménages de la commune d’Ibanda à partir du mois de décembre 2010 jusqu’au mois de mars 2011. Les données récoltées ont été dépouillées à l’aide du software «EPI-INFO» et traitées par le test statistique du chi-carré.

Les résultats obtenus ont montré que les déchets ménagers solides sont mal gérés dans la ville de Bukavu. En effet, ces déchets sont stockés dans les poubelles (81,9%) et ils ne sont pas triés (78.8%). Ces poubelles sont placées à l’extérieur, près de la maison (68,7%). Elles sont vidées une fois par semaine (43,7%) ou deux fois par mois (32,3%). Les familles qui ne disposent pas de poubelles à domicile, jettent les DMS dans différents endroits tel que la cour de la parcelle, les fosses, les caniveaux, etc. (Tableau 21).

Les dépotoirs publics n’existent pas dans les quartiers de la commune d’Ibanda (85,4%). Après le stockage des DMS à domicile, les poubelles sont vidées dans différents endroits de la commune. Par exemple, à Panzi, les poubelles sont vidées dans les caniveaux (39,1%), dans les champs (37,3%). A Ndendere, les poubelles sont vidées dans les champs (26%), dans les caniveaux ou dans les espaces laissés libres dans le quartier (22,8%), alors qu’à Nyalukemba les poubelles sont vidées dans des camions qui collectent les déchets dans la ville (48,9%). (Tableau 23). Les dépotoirs identifiés dans la ville de Bukavu sont purement des décharges sauvages, proche des habitations et irrégulièrement vidés (91,4%). Lorsque le volume de déchets dans les dépotoirs est considérable, la population s’en débarrasse en les incinérant ou les laisse se décomposer sur le site même de décharge (Photos en annexe 3).

Les DMS, stockés dans des poubelles en sacs, irrégulièrement vidés, pourraient présenter des conséquences néfastes sur l’environnement et la santé de la population de la ville de Bukavu. En effet, la décomposition des déchets dans les poubelles peut favoriser le développement des microbes (Albrecht, 2007; Citeretse, 2008). Et les lixiviats produits peuvent attirer les insectes vecteurs des maladies qui pourraient se transmettre à l’homme à travers les aliments, l’eau et les ustensiles dans la cuisine (Aina, 2006; Citeretse, 2008).

L’incinération est utilisée comme mode de vidage de dépotoirs sauvages (Photos en annexe 3, série 7). Ce mode de traitement des DM présenterait des conséquences sur la biodiversité dans les écosystèmes de la ville de Bukavu. En effet, les DM brulés sont hétérogènes, ils pourraient émettre des fumées qui seraient constituées par les ML et les gaz à effet de serre dont les conséquences sont multiples sur la santé et l’environnement (Charnay, 2005; Citeretse, 2008). Les dépotoirs de la ville de Bukavu sont quotidiennement chargés des DM par la population environnant. Ces déchets se décomposent sur site de la décharge sans traitement. Ils pourraient libérer les lixiviats dans l’environnement qui peuvent s’infiltrer dans le sol et attendre la nappe aquifère par la suite (Charnay, 2005; Aloueimine, 2006). Les effluent qui résultent des dépotoirs pourraient contenir des microorganismes résistants, des ML, des antimicrobiens, etc., qui pourraient être transportés par l’eau de ruissèlement dans les eaux de surface de la ville de Bukavu pendant des fortes pluies. Ces polluants présenteraient des conséquences néfastes sur la biodiversité. En plus, les déchets qui se décomposent à l’air libre pourraient émettre des mauvaises odeurs qui attirent les insectes vecteurs des maladies et rependent l’insalubrité dans la ville.

Les DM liquides de la ville de Bukavu sont constitués des eaux usées de ménages et des toilettes. En effet, 98% des ménages enquêtés possèdent des latrines. Quelle que soit la nature, toutes ces latrines communiquent avec la nappe aquifère (Tableau 28). Les eaux provenant de divers travaux ménagers ne sont pas collectés par des services de ramassage (96,9%). Chaque ménage gère ces eaux usées selon son entendement et ses moyens. Par exemple, dans les quartiers Ndendere et Panzi, ces eaux vont dans les caniveaux ou dans la cour de la parcelle. A Nyalukemba, les eaux usées des travaux ménagers sont déchargées dans les caniveaux (49%) et les fosses septiques (15,7%). (Tableau 29).

Les eaux usées de la ville de Bukavu ne sont pas collectées par les autorités formelle et informelles, elles sont déversées dans l’environnement (tableaux 28 et 29). Ces eaux usées finissent la trajectoire dans le lac Kivu, la rivière Ruzizi et dans la nappe aquifère avec des conséquences sur l’environnement et la santé. En effet, ces déchets pourraient contenir les ML, les microorganismes, les antimicrobiens, etc. comme c’est le cas dans les DMS. Ces microbes qui se développent dans un tel environnement pourraient développer la résistance aux antibiotiques couramment utilisés dans le traitement des maladies y relatives et pourraient créer des conséquences désastreuses à la santé publique (Blair, 2010, Nageswaran et al., 2012).

Au vu de ce qui précède nous pensons que la population de la ville de Bukavu n’a pas suffisamment de connaissance sur la gestion des DM. Selon Mager (1977), cette population serait informée si 100% des enquêtés était informé sur les systèmes de gestion des DM. Il s’avère important que les autorités urbaines soient impliquées dans l’éducation de la population sur la gestion des DM afin de limiter les risques qui seraient liés à la santé humaine et à l’environnement. Ce travail n’est pas terminé, il pourrait continuer dans le cycle doctoral par l’étude de la résistance aux antimicrobiens des microorganismes qui seraient présents dans les DMS, la bioremédiation des ML, et par l’élaboration d’une méthodologie de compostage des DM. Ceci pourrait contribuer à la protection des écosystèmes naturels et le control des maladies qui seraient associées aux DM dans la ville de Bukavu.

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