Gagne de la cryptomonnaie GRATUITE en 5 clics et aide institut numérique à propager la connaissance universitaire >> CLIQUEZ ICI <<

CONCLUSION GENERALE

Non classé

Au terme de ce mémoire, nous pouvons affirmer que l’étude des représentations, dans le système éducatif, devient nécessaire pour la compréhension de l’apprenant en vue d’élaborer des stratégies d’apprentissage qui lui seront appropriées. Car, à notre sens, il ne peut être facile de placer l’apprenant au centre du système pédagogique sans que l’on prenne en considération ses perceptions, son environnement, ses idées et ses besoins, en rapport avec les programmes scolaires qui lui sont destinés.

Les représentations, une notion polysémique, appartenant aujourd’hui à plusieurs domaines telle la didactique et la sociolinguistique. Pour la première, elle constitue un facteur déterminant de l’échec ou la réussite des apprenants. Et, pour la deuxième, elle apparaît à travers les comportements, les attitudes, les préjugés, les stéréotypes et les jugements des locuteurs.

Puisque l’objectif principal de ce travail était de mener une réflexion sur l’enseignement/apprentissage du français par le biais de ses représentations par les lycéens; nous avons jugé qu’il était fondamental de commencer, dans une partie théorique, par la présentation de la situation linguistique au Maroc, suivi d’une étude du statut de cette langue afin de la repositionner dans ce contexte multilingue. Et dans une deuxième partie, nous avons explicité cette notion même de représentations avant de mettre celles des lycéens en pratique par l’intermédiaire d’une enquête de terrain.

Ainsi, pour récapituler ; nous avons remarqué qu’enracinée au Maroc depuis l’ère coloniale, cette langue occupe toujours une place de choix parmi les langues en présence. Elle incarne la langue de modernité, de progrès et d’ouverture sur l’occident.

L’arabe ayant retrouvé la place qui lui revient après l’indépendance, celle de l’unité, de l’intégrité du territoire et de la confirmation de l’identité, le français continue à bénéficier d’une importance capitale. Il est utilisé au quotidien et à des degrés divers selon les usagers, dans leurs communications écrites, orales et médiatisées.

Ensuite, en vérifiant l’importance de la langue française dans le système éducatif marocain, nous avons démontré que ; bien que cette langue soit passée progressivement du statut de langue d’enseignement à celui de langue enseignée, elle garde au sein du système éducatif marocain une place privilégiée puisque, en vertu de la CNEF même, le français est considéré comme première langue étrangère.

Par ailleurs, la langue française exposée aux réformes et restructurations, comme les autres disciplines, a subi plusieurs modifications. Depuis le niveau primaire où son apprentissage précoce a été recommandé par la charte, elle commence désormais à partir de la deuxième année. Passant par le collège où l’introduction de la littérature au programme s’est faite de manière progressive, l’œuvre intégrale constitue aujourd’hui le support principal du programme au cycle secondaire qualifiant.

Enfin, en évoquant les différentes méthodes et approches pédagogiques, nous avons montré que l’approche par compétences dévoile l’ensemble des facettes de l’apprenant et s’adresse à son aspect intellectuel, son patrimoine linguistique et culturel et son expérience scolaire antérieure.

En conséquence, le développement des compétences en langue française, entre autres matières, que ce soit sur le plan de la production écrite ou de l’expérience orale ou même de l’improvisation devant des situations conflictuelles, prend nécessairement en considération le niveau de départ de l’élève et son regard à propos de la matière, d’où la spécificité de l’apprenant.

A ce niveau de réflexion, nous pouvons affirmer que l’APC a réussi au sein de l’école du moment qu’elle n’écarte pas les représentations des élèves. Surtout que l’orientation du système éducatif marocain depuis déjà plus d’une décennie tend vers la formation de nouvelles générations de scolarisés capables de faire face aux tribulations conflictuelles d’une ère marquée par la mondialisation.

Dans cette perspective, on parle actuellement dans les milieux scolaires, de l’approche communicative qui n’est qu’un prolongement de L’APC. Elle est spécifique de la centration de l’apprenant, le développement de son autonomie, la recherche de l’authenticité et aussi une modification du rôle de l’enseignant. Elle met l’accent sur la situation, le dialogue et l’échange.

Dans ce contexte majoritairement concurrentiel, la représentation de l’être sur le monde qui l’entoure est une donnée que les responsables éducatifs ne peuvent guère écarter de leur champ de préoccupation.

Pour cela, nous avons abordé une deuxième partie consacrée à l’enquête de terrain, par expliciter les notions précitées d’un point de vue psychosociologique et sociolinguistique avant de passer à l’analyse du questionnaire et l’interprétation des résultats.

Cette dernière opération qui s’est faite par dépouillement des données collectées auprès des élèves du lycée Abderrahmane Nacer, a donné des résultats pour la plupart satisfaisants dans la mesure où nous avons pu en tirer les conclusions suivantes :

– Les représentations des lycéens vis-à-vis de la langue française sont en général positives. Cette dernière occupe dans leur vie une place privilégiée par rapport aux autres langues étrangères. C’est la langue du savoir, de culture et de modernité et surtout d’ascension sociale.
– Des stéréotypes par rapport à l’image des français, leur vécu et leur culture sont refoulés par certains élèves, qui les traduisent par un rejet de la langue et de son apprentissage.

Ce qui revient à dire que les représentations, images et attitudes envers une langue influencent son apprentissage et par là même elles peuvent déterminer la réussite ou l’échec de celui-ci. Il revient donc aux responsables d’en tenir compte lors d’un renouveau didactique et pédagogique afin de tirer éventuellement l’enseignement du français au lycée de la léthargie dont témoignent certains résultats du questionnaire.

Les résultats et suggestions proposés dans ce modeste travail sont loin de prétendre à l’exhaustivité, ils gagneraient à être complétées et plus approfondies par d’autres recherches.

Page suivante : Bibliographie

Retour au menu : Les représentations de l’enseignement/apprentissage du français chez les lycéens marocains