CONCLUSION

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Ce mémoire visait à évaluer et à analyser l’impact de la croissance économique et de la redistribution des revenus sur la pauvreté au Bénin, en utilisant les données de l’enquête Quibb 2002, INSAE.

Il ressort de l’étude les principales conclusions suivantes :

- La pauvreté au Bénin en 2002, tout comme en 2004, apparaît comme un phénomène important qui touche plus sévèrement le milieu rural que le milieu urbain. Il apparaît que, quels que soient le seuil et la mesure de pauvreté adoptés, la prévalence de la pauvreté rurale dépasse de loin celle urbaine.

Du point de vue de la formulation de politique, les résultats précédents suggèrent que les zones rurales, qui rassemblent la majorité des pauvres, devraient être les premières bénéficiaires des efforts de lutte contre la pauvreté.

Les ressources à allouer à la réduction de la pauvreté doivent être ciblées vers les zones rurales que ce soit sous la forme de transferts, d’augmentation de revenus que sous la forme des prestations de services de base aux populations rurales. Des actions concrètes consisteront, par exemple, à créer des infrastructures économiques pour désenclaver les zones rurales, et des infrastructures sociales en termes d’écoles, de centres de santé et d’adduction d’eau potable.

- L’analyse des effets de la croissance économique et de l’inégalité des revenus sur la pauvreté permet de constater, d’abord, que la valeur absolue des élasticités par rapport à la dépense est supérieure à l’unité dans la zone urbaine, quel que soit l’indice de pauvreté considéré. Dans ces conditions, si la pauvreté peut baisser plus vite que le taux de croissance du bien-être (à condition que ce dernier n’entraîne pas un accroissement de l’inégalité), elle peut aussi s’élever si la croissance économique devient négative. Le fait que la valeur absolue des élasticités soit sensible aux transferts de revenu parmi les plus pauvres montre qu’une croissance économique, qui ne renforce pas l’inégalité des revenus, pourrait avoir un effet plus favorable sur les très pauvres que sur les non pauvres.

Au niveau de l’ensemble du Bénin, les indices de pauvreté sont plus sensibles à la variation de l’inégalité des revenus qu’à la variation des dépenses. Ce résultat suggère que, au cours du temps, la pauvreté peut croître s’il y a une aggravation de l’inégalité. Autrement dit, le taux marginal de substitution étant globalement supérieur à l’unité, la compensation en termes de croissance du revenu en vue de stabiliser la pauvreté due à une accentuation de l’inégalité, doit être plus que proportionnelle. Enfin, d’une part, le fait que les élasticités de la pauvreté par rapport à la dépense soient plus élevées en zone rurale qu’en zone urbaine traduit la fragilité sociale des zones rurales à l’égard de la croissance économique ; d’autre part, le fait que les élasticités de la pauvreté par rapport à l’indice de Gini soient plus élevées en zone urbaine qu’en zone rurale traduit la plus grande fragilité sociale des zones urbaines à l’égard de la variation de l’inégalité des revenus. Dans ces conditions, la réduction de la pauvreté rurale exige plus de croissance économique que la réduction de la pauvreté urbaine, ceteris paribus.

Réciproquement, l’accroissement des inégalités est de nature à affecter plus la pauvreté urbaine que la pauvreté rurale.

Ce dernier résultat suggère que les performances de l’économie béninoise doivent être consolidées, surtout qu’il a été par ailleurs établi que, pour réduire significativement et durablement la pauvreté, une croissance réelle d’au moins 7% équitablement et judicieusement répartie est nécessaire. Pour ce faire, il serait utile de se demander si le modèle actuel de croissance de l’économie béninoise, malgré sa vulnérabilité aux chocs exogènes, pourrait permettre de réduire effectivement la pauvreté de moitié d’ici l’an 2015 comme prévu par les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Enfin, on finit le présent travail en formulant le vœu qu’il soit envisagé une étude sur l’impact des réformes fiscales sur la pauvreté au Bénin, dans la mesure où le budget de l’Etat est essentiellement fiscal.

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