Conclusion

Non classé

Le règne de Walt Disney semble bel et bien terminé, du moins en ce qui concerne sa filiale Walt Disney Animation. Depuis le second Âge d’Or et son déclin, la Walt Disney Company s’intéresse plus à sa domination mondiale grâce à de nombreux accords et achats. Aujourd’hui, le marché de l’animation est occupé par de nombreux studios désireux d’obtenir leur part de marché. Pixar et DreamWorks, les deux pionniers du film entièrement réalisé en images de synthèse en sont la preuve.

Chacun trouve son public en proposant des univers totalement opposés et bien différents de ce que produisait Disney autrefois. Ils ont su évoluer en quelques années seulement afin de correspondre à un public en pleine mutation dont les habitudes ont évolué suite à l’arrivée, entre autres, d’internet. Pixar allie des univers originaux dans des histoires tout aussi originales quand DreamWorks se situe davantage dans des histoires plus classiques dont la particularité est l’humour décalé en contradiction totale avec le côté plus lisse de Disney. Maintenant, c’est toute la définition d’un genre initié par Walt Disney qui est remis en question. On y trouve des thèmes plus adultes et de plus grandes réflexions sans oublier un humour plus présent oscillant entre parodie, pastiche et hommage.

Il n’est pas rare, en effet, de retrouver des références à de nombreux films ou même des piques de DreamWorks envers Disney et Pixar. Pourtant, bien que figurant dans ce nouveau registre, Pixar et DreamWorks se trouvent être très différents. Depuis presque 15 ans, ces studios ont évolué, parfois muris jusqu’à trouver un style propre. Toutefois, DreamWorks serait une sorte de chaînon manquant entre Pixar et Disney à cause de côté moins enfantin.

Pourtant, avant de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui, les studios se sont cherchés et les films similaires qu’ils ont proposé sont là pour le rappeler. Avant de se faire une place en misant sur l’originalité, il faut s’assurer de bien lancer son studio. Ainsi, les films se ressemblaient dans leur forme mais le fond était bien différent. Katzenberg, l’homme qui souhaitait contrer Disney a du le copier avant de s’émanciper. Cependant, même si ce phénomène de faux jumeaux n’est plus présent entre Pixar et DreamWorks, il n’a pas pour autant disparu et refait quelquefois surface avec d’autres studios d’animation.

Au niveau de la promotion, les deux studios ont la même exigence : s’étendre le plus possible dans le monde. Pixar, par l’intermédiaire de Disney bénéficie cependant d’un certain avantage par rapport à DreamWorks, studio trop récent pour avoir pu s’implanter dans le monde. Entre les parcs d’attraction ou les boutiques Disney Store, Disney est visible par des millions de personnes à travers le monde et ce, sur le long terme. De son côté, DreamWorks doit proposer de nombreuses suites à ses films pour les faire durer et miser sur les acteurs réputés qui prêtent leurs voix aux personnages principaux des films. Un autre avantage qui entraine des revenus non négligeable pour Disney se trouve dans les produits dérivés disponibles sur tous les fronts.

Cars en est l’exemple le plus probant avec entres autres, jouets, vêtements, livres, gâteaux, céréales, couverts, draps ou encore trottinettes à l’effigie du film. La liste est bien plus longue et n’est pas sans rappeler George Lucas et sa saga Star Wars, elle aussi dérivée en de multiples objets. Un point sur lequel les deux studios sont à égalité se retrouve dans l’utilisation des nouveaux médias. Ainsi, internet et les écrans sur lesquels il est disponible permettent à Pixar et DreamWorks de communiquer directement avec le public de façon immédiate.

Il en découle une interactivité et une estimation du degré d’attente du public en fonction des retours plus ou moins favorables qu’ils renvoient. Chacun a su s’approprier ce médium et mettre en avant les caractéristiques des nouveaux écrans comme les tablettes tactiles ou smartphones pour promouvoir efficacement leurs films mais aussi proposer aux spectateurs une nouvelle approche de ces mêmes long-métrages. Tout semble aller pour le mieux pour ces deux studios qui ont su se démarquer en laissant le concurrent exister. Cependant, l’avenir semble incertain pour DreamWorks Animation. En effet, le studio est sur le point de ne plus avoir de distributeur en cette année 2012.

Tous les studios ont désormais leur studio d’animation, y compris la Paramount, et plus personne n’a besoin de DreamWorks Animation. Le studio souhaiterait donc distribuer luimême ses films. Aucune décision n’est confirmée pour l’instant mais cette distribution serait basée sur un envoie électronique des films directement dans les cinémas(249). Sur les 39 000 écrans américains, environ 22 000 sont équipés numériquement et pourraient recevoir les productions DreamWorks Animation. Fin 2012, les copies argentiques devraient n’être présentes qu’à quelques 37% pour disparaître globalement en fin d’année 2015 selon le IHS Screen Digest Cinema Intelligence Service(250). Mais les États-Unis ne sont pas les seuls à s’équiper numériquement. Ce changement rapide ne se fait cependant pas que de l’autre côté de l’Atlantique et le reste du monde troque progressivement ses bobines contre des disques durs. En France, par exemple, 73,7% des écrans étaient équipés pour la projection numérique soit 4 105 écrans(251). DreamWorks pourrait ainsi proposer ses films sur de nombreux écrans à travers le monde.

Cependant, si le studio échoue dans cette volonté d’indépendance totale, il se pourrait qu’une autre entreprise s’occupe de cette distribution. L’accord le plus probable mettrait en scène la Walt Disney Company qui ne cesse d’acquérir et de s’occuper de la distribution de nouvelles entreprises. Après le rachat de Pixar Animation Studios en 2006 et de Marvel Entertainment en 2009 sans oublier le contrat de distribution signer avec DreamWorks SKG, l’hypothèse n’est pas à mettre de côté. La boucle serait alors bouclée.

Cependant, cet éventuel partenariat ne se ferait pas sans mal au vu des antécédents qui ont opposé Jeffrey Katzenberg à Disney.

249 http://www.bloomberg.com/news/2011-09-28/dreamworks-animation-said-to-weigh-distribution-asparamount-accord-ends.html. Consulté le 1er mai 2012.
250 http://www.technewsdaily.com/3433-digital-movies-replace-film-2015-report-finds.html. Consulté le 1er mai 2012.
251 http://www.cnc.fr/web/fr. Baromètre trimestriel de l’extension du parc de salles numériques – mars 2012. Consulté le 1er mai 2012.

Page suivante : Annexe A.1 : Recettes mondiales et budgets de chaque studio(252)

Retour au menu : PIXAR ET DREAMWORKS : UNE GUERRE ANIMÉE