CHAPITRE VI : La reconstruction des pays africains en post conflit

Non classé

Au cours de cette dernière décennie, le couple sécurité et développement devient l’axe principal qui anime les réflexions de la communauté internationale en matière de reconstruction post-conflit. Les difficultés constatées en cette période sont marquées par les contextes économiques difficiles et politiques instables. L’intérêt de la cohérence entre les deux axes, souligne la nécessité de créer un environnement multidimensionnel coordonné, à travers lequel peut être développée une stratégie globale d’action clairement définie en fonction des besoins des pays et des communautés.

Le déroulement des conflits africains tel que vécu par les populations africaines et observé par la communauté internationale, ne se résume pas seulement aux milliers de personnes mortes ou déplacées, mais aussi à des mutilations, des traumatismes, des perturbations intercommunautaires qui entrainent la haine et la division. Ces affrontements entament le fondement d’une société africaine déjà fragile, minée par la pauvreté, les déséquilibres socioculturel, politique et économique. Avec les conflits, on assiste à la destruction des maigres infrastructures existantes des services de santé, de l’éducation, de l’administration sans perdre de vue le dommage causé à l’économie exsangue. La présence marquée du conflit affecte aussi la confiance des investisseurs qui ne s’empressent plus à contribuer, pour participer au relèvement des pays affaiblis par les effets de la guerre. Les ressources qui auraient servi aux activités du développement ont été dépensées dans les conflits. Rappelons que certains gouvernements africains dépensent environ un million de dollars US par jour ou plus, pour entretenir une guerre alors que les besoins primaires de leurs populations ne sont pas satisfaits.

Ces situations attirent l’attention des observateurs en Afrique et au-delà, offrant aussi à la communauté internationale l’opportunité de se saisir de la question, conduisant à inventer un mécanisme, pour relancer le développement d’un pays en post conflit en passant par la consolidation de la paix. C’est une phase complexe car, de la résolution d’un conflit à la reconstruction, il y a plus de chance qu’un processus échoue, estime la Banque mondiale ; ce risque est d’autant plus élevé en Afrique subsaharienne affirment les Nations Unies.(223)

Le processus de reconstruction des pays africains en post conflit part d’une initiative africaine dans le cadre de l’UA avec comme base le NEPAD, pour ensuite trouver un appui auprès des de l’Union Européenne et des Nations Unies.

223- Groupe de travail UNDG/ECHA. Février 2004. Report on Transition Issues. United Nations. p. 14.

Page suivante : 6.1. Le processus de reconstruction par l’Union Africaine : le Programme UA/NEPAD

Retour au menu : LES CONFLITS ARMES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE, UN DEFI POUR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE