Annexe 22 : Réponses Bref panorama historique de l’enseignement à Cuba

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La première Alliance française s’ouvre à La Havane en 1951 avec 140 étudiants et en 1953 passe à 887 étudiants après avoir agrandi ses locaux. Son statut a été reconnu en 1959 par le gouvernement révolutionnaire, qui a décidé de ne pas fermer ce qui serait le seul établissement d’enseignement de langues (« étranger ») avec des expatriésI. Ensuite, à partir de 1960 sont créés les premiers cours supérieurs et la première formation pour des professeurs de français. Après la Révolution, le français a perdu la place importante qu’il avait dans le système éducatif cubain car l’enseignement du russe a éliminé le français du lycée.

En 1971 la traduction et l’interprétation des langues commencent à être enseignées dans le niveau supérieur de l’éducation cubaine. Presque parallèlement, en 1966 une des filières d’enseignement du français, chargée également de la formation d’enseignants de FLE, a été fermée (Maxime Gorki). En revanche, en 1989 est créé le Groupe de spécialistes en langue française (GELFRA) de l’Association des linguistes de Cuba (ALC)II. Néanmoins, plus tard (1992), et malgré une profonde crise économique qui frappe l’Île depuis la chute du socialisme de l’Europe de l’Est, une Alliance française « annexe » a été créée à Santiago de Cuba (par l’Alliance française de Paris, MAE, Ambassade de France) avec 481 étudiants et 9 professeurs. Deux ans plus tard (1994), suscité par l’ouverture au tourisme de l’économie nationale, le Ministère du Tourisme (MINTUR) a créé les écoles de formation de professionnels du tourisme et de la restauration (FORMATUR). Celle de La Havane (EAEHT), étant la plus importante, a mené à bien (en partenariat avec l’Ambassade de France, l’AF et l’Université de Nancy) un projet d’édition d’une méthode d’enseignement du français professionnel (FOS) du TourismeIII. Successivement, pour des raisons plus économiques que politiques les quinze Instituts Supérieurs Pédagogiques (ISP) existant dans l’île, les six ISP chargés de la formation d’enseignants de langues étrangères se sont mis à offrir une formation bivalente ayant l’anglais comme première langue. Plus tard, et à cause des contraintes économiques qui ont continué à favoriser la langue anglaise, quelques écoles de langue ont fermé et/ ou réduit leur capacité d’accueil. Mais le soif de s’approcher de cette langue et de cette culture, ainsi que le besoin réel et pratique d’apprendre le français n’a jamais cessé de croître à Cuba. En 1998, l’AFH accueille plus de 3000 cubains et en 2004, des travaux d’aménagement dans les deux centres permettent de monter la capacité d’accueil à plus de 5000 étudiants (4000 et quelques à La Havane, 1200 à Santiago). Depuis lors, le nombre de personnes qui veulent apprendre le français et s’inscrire à l’AF a une augmentation constante. En mars 2001, un nouveau programme d’enseignement du français pour des enfants est né de la main de Monique Peainchau: le modeste projet communautaire Chantons et jouons en français, avec 3 animateurs et 30 élèves, ces chiffres augmenteraient considérablement au long des années. Le projet pour des enfants et des adolescents cubains, a été associé au paragramme nationale d’enseignement à distance et télévise, et a mis en marche dans le pays une synergie qui a permit la création de nombreuses propositions culturelles pour ce public.

I Décision du Ché Guévara, ayant étudié à l’Alliance française. Le British Institute, Goethe Institute et Cervantes ont fermé.
II ONG faisant partie de la communauté des associations scientifiques du pays, ancrée à l’Académie des Sciences et membre actif de la Fédération Internationale de professeurs de français (FIPF) et de la Commission pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (COPAL)
III Vacances cubaines, édition 1998, 1999. Ce projet a suscité un vif intérêt par des pays d’Amérique centrale qui se l’ont approprié en l’adaptant.

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