Annexe 2 : ENTRETIEN AVEC UN CHEF D’ETABLISSEMENT

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FP : En quoi les nouvelles technologies peuvent changer la façon de travailler des enseignants, et quels sont les moyens qui peuvent permettre aux enseignants de s’en servir davantage ?

Le Chef d’Etablissement : Déjà, il faut arriver à définir ce dont on parle par rapport à ces moyens. (Silence) Le plus couru, je dirais, même si ce n’est pas présent dans tous les établissements, c’est le tableau numérique ; c’est à cela que l’on pense maintenant. Avec comme corolaire, la présence d’ordinateurs en classes qui peuvent permettre d’utiliser véritablement dans tous son potentiel les tableaux numériques. Alors, ce que cela amène aux enseignants, je pense que… cela leur amène une souplesse… dans la réalisation, ou dans… oui, c’est ça dans la réalisation de leur cours. Je veux dire par là, c’est que, ils ne sont pas simplement tenus à un cours sur papier qu’ils vont débiter devant les élèves avec comme seul support le livre. On sait que les enseignants ont cette capacité à débusquer des supports qui ne sont pas dans le manuel (… et à faire exploser les compteurs de photocopies des établissements !), et là, c’est l’occasion d’intégrer dans un cours qui va être réalisé sur l’ordinateur, d’intégrer tous ces documents. Alors, on sait que la bibliothèque est riche, entre Wikipédia, et tout ce que l’on peut retrouver sur Internet. Cela permet véritablement de trouver le document que l’on souhaite et de l’intégrer dans son cours. Donc, ça, je pense que c’est une…, c’est à la fois un travail important, un investissement important, enfin, je pense que, tout professeur qui débute sur un niveau, sait qu’il a ses préparations à faire et la découverte d’un programme demande toujours un peu plus de temps, mais, disons, que c’est d’autant plus enthousiasmant, c’est que l’on sait que l’on va avoir quelque chose de fini, d’accessible, éventuellement de… modifiable, en fonction des découvertes que l’on recoupera au fur et à mesure de l’année, ou des années. Donc, on met en place une sorte de canevas sur lequel on va ajouter un certain nombre de documents et c’est vrai que, dans ce cas là, le tableau numérique est quand même un outil… intéressant au sens qu’il permet de manipuler ces… ces documents, les faire apparaître au moment décisif, de les agrandir si on a besoin, pour faire… pour montrer telle ou telle chose, de pointer sur tel ou tel élément… etcetera, etcetera. Donc, c’est…… à la fois un tableau avec cette possibilité de travailler le document en direct (ou de le faire travailler par un élève d’ailleurs)… et donc, d’en tirer tout ce que l’on souhaite en tirer.

Donc, c’est un investissement pour les enseignants, c’est évident. Il y a une formation, c’est clair. Sinon, on risque de se servir du tableau numérique comme de n’importe quel tableau blanc Veleda, ce qui serait…, ce qui serait une erreur… Donc de la formation, de l’investissement de la part des enseignants pour les cours, mais un résultat au final qui, à la fois, sur… sur l’instant est tout à fait intéressant, et…, je dirais motivant, et en même temps qui permet une évolution de son cours dans le temps.

FP : Y-a-t-il une plus-value dans les apprentissages ? En quoi cela peut-il modifier la façon d’apprendre des élèves ?

Le Chef d’Etablissement : Alors, côté élèves, ce que j’y ai vu, c’est…… une motivation, un intérêt certainement plus prononcé pour…, pour finalement, l’écran. C’est-à-dire qu’on capte plus l’attention des élèves avec un écran et ce qui évolue sur l’écran que devant une feuille de papier. Alors, je ne me fais par l’accusateur de la feuille de papier, je sais tout l’intérêt du livre, de l’objet en lui-même, de la dimension… affective qu’il peut y avoir par rapport au livre, mais enfin, il est clair que par rapport à une transmission de savoirs, et les possibilités de faire comprendre aux enfants telle ou telle problématique, et bien, le cours sur tableau numérique offre des possibilités qui permettent vraiment de rentrer dans le détail, de faire du pas à pas, ce que ne permettrait pas n’importe quelle iconographie photocopiée ou n’importe quel manuel scolaire.

FP : Vous y voyez donc un avantage ?

Le Chef d’Etablissement: Oui, c’est un véritable avantage, je dirais pour l’élève, dans sa compréhension des évènements que d’avoir un tableau numérique et d’avoir un enseignant qui prépare ses cours dessus. Cela permet aussi à l’élève de réaliser des interrogations au tableau numérique, de conserver ses interrogations sur une partie… du serveur qui sera… dédiée aux professeurs ou à l’interrogation en question. Cela permet à l’élève d’ailleurs de retrouver… le cours du professeur avec ces animations, en ayant accès, là aussi au serveur. Donc, c’est tout un dispositif qui peut se mettre en place grâce au tableau numérique, ou disons… qui prend sens, qui prend sa vraie valeur, grâce au tableau numérique. Donc récupérer un cours de professeur avec des animations des vidéos, des choses enregistrées, de l’iconographie permet de reprendre le cours à la maison, d’avoir quelque chose de suivi, pour peu que cela soit accompagné d’un plan qui se développe au fur et à mesure de l’apparition des différents documents, cela permet un vrai travail de fond. Donc, au niveau de l’élève, il y a une motivation, il y a un effet de motivation. (Silence) Je pense qu’il y a aussi, la possibilité de retrouver les cours avec les documents et puis d’intervenir directement sur les documents comme je le disais tout à l’heure avec les enseignants, mais effectivement de pouvoir pointer des choses, de pouvoir magnifier telle ou telle partie d’un tableau ou je ne sais quoi, et donc d’intervenir en direct sur ce document et d’être évalué par rapport à cela.

FP : Mais alors, si c’est si bien que cela, pourquoi ne se généralise t’il pas plus rapidement ?

Le Chef d’Etablissement : Bon, c’est un outil qui est nouveau, donc forcément, comme tout nouvel outil,… il dérange…… Il y a d’abord cette frilosité que l’on a par rapport à la nouveauté, par ce que l’on ne veut pas se jeter dessus, on ne veut pas passer pour quelqu’un qui tombe tout de suite dans ce genre de chose, mais c’est quand même, quelque chose, à terme,… c’est un outil, ce n’est pas autre chose qu’un outil, mais c’est un outil qui permet d’embellir, de, de… de remplir,… d’achever vraiment un cours, ou un travail sur le cours, parce que ça, ça, ça… c’est la porte ouverte sur tous les éléments de culture que l’on peut retrouver, notamment sur Internet, parce que, c’est effectivement la première bibliothèque vers laquelle on va aller, c’est quand même une bibliothèque mondiale et le tableau numérique permet d’y avoir accès d’un claquement de doigt… d’un clic de doigt ! C’est quand même absolument extraordinaire. Mais je pense qu’effectivement l’intérêt aussi du tableau numérique, c’est, accompagner d’un système,… je dirais, d’une arborescence ou sur le plan informatique, qui permet à chaque élève d’avoir son dossier, à chaque professeur d’avoir son dossier, et qui permet de transférer des copies informatiques, appelons ça comme ça, d’un élève vers le professeur, ou du professeur vers ses élèves, s’il accepte de faire passer son cours. Donc voilà, je pense qu’on est aux prémices de tout cela. A mon avis, c’est comme dans toute innovation,… il y a des choses peut être un peu compliquées, d’autres choses très élaborées et pas forcément très utiles. Je pense que les choses se réguleront avec le marché, mais c’est un outil d’avenir, c’est évident !

FP : En terme d’équipement, tous les élèves (et les enseignants) ont-ils accès à un moment de leur emploi du temps à ces outils ?

Le Chef d’Etablissement : Ils n’ont pas pour l’instant accès aux tableaux numériques. En revanche, chaque élève possède une session avec mot de passe qui lui permet de stocker des documents, d’accéder à des contenus (Internet, logiciels…). Ils vont sur le dossier public du professeur et récupèrent le cours de l’enseignant avec toutes les animations. Ils retrouvent donc in extenso le cours du professeur et peuvent ainsi organiser leurs révisions, etcetera. Ils ont cet accès là, ils ont cet outil là, ils ont accès à ce contenu, pour l’instant, et ils réalisent eux-mêmes des copies, c’est-à-dire qu’ils peuvent tout à fait avoir une évaluation qui sera, même sur un outil moderne, une évaluation d’un travail (commentaire de tableau, chanson…). C’est un peu ce vers quoi on les conduit avec l’Histoire des Arts et le fait qu’ils aient à présenter des séquences. Là encore, par exemple, avec l’Histoire des Arts et pour l’oral d’Histoire des Arts, le tableau numérique est un outil extraordinaire : cela permet de présenter le document sur lequel on travaille, d’aller sur tel ou tel détail qui est important de voir et de mentionner.

Dans tous les cas de figure, c’est un outil assez remarquable qui permet une très grande souplesse par rapport à tout ce qui est documentation.

FP : Vous avez dit qu’ils n’avaient, pour l’instant, pas accès à cet outil ? Pourquoi ?

Le Chef d’Etablissement : C’est un problème matériel. J’ai commandé deux classes mobiles (ordinateurs et tableau interactif déplaçables entre les salles) qui seront installées aux vacances de Pâques. Je ne tiens pas, pour l’instant à équiper tout l’établissement car je souhaite d’abord voir l’utilisation qui en sera faite (tant en termes de taux horaire d’utilisation, qu’en termes de niveaux de classes qui en auront l’usage)… Je le disais, je ne veux pas me jeter dessus et forcer les enseignants à l’utiliser. Je fais la proposition de cet outil en équipant petit à petit l’établissement et les enseignants qui le souhaitent pourront s’en servir. Le but n’est pas d’imposer quoi que se soit mais de mettre à disposition un outil qui viendrait en complément. D’ailleurs, je proposerai lors d’une prochaine réunion, la venue d’un formateur qui viendra exposer les avantages de cet outil et expliquer les utilisations qui peuvent en être faites (exemples de séquences pédagogiques,…). Après, on verra…

FP : Je vous remercie.

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