Annexe 18 : Entretien d’observation avec Hélène

Non classé

Entretien-observation avec Hélène Mouche – réalisé le jeudi 08 mars 2012

Profil :

21 ans étudiante en LEA à Paris
Consommatrice régulière d’internet mais navigation restreinte à peu de sites internet.

Principe :

L’entretien mené est quelque différent des autres puisqu’il s’agit ici de faire visionner à l’individu deux webdocs sur le même sujet : La nuit oubliée et 17.10.1961. L’objectif est moins d’analyser le parcours de lecture que de mener un entretien sur les impressions et les analyses de l’internaute face à ces deux web-documentaires. Proposer de visionner deux web-documentaires à l’internaute permet de faire germer en son esprit un esprit de comparaison propice à une réflexion plus profonde. D’autant plus que la majorité des individus interrogés ne connaissent pas le format web-documentaire. Ce type d’entretien sera réalisé auprès d’autres individus.

Qu’est ce qu’est un documentaire selon vous ?

Un documentaire est une émission qui va m’apprendre des trucs sur un sujet

Êtes vous consommatrice de documentaire ?

Rarement. A peu près 2 ou 3 fois par mois. Les documentaires qui m’intéressent le plus sont ceux de société et les docs animaliers.

Quel est le rôle que doit jouer selon vous le documentaire ?

Il doit nous informer et nous instruire.

Savez vous ce qu’est un web documentaire ? Si votre réponse est négative, avez vous une idée de ce que cela pourrait être ?

Non, je n’ai jamais entendu parler du web-documentaire. Je suppose que le web-documentaire doit être très axé sur la vidéo et la photographie. Mais je ne vois pas en quoi cela peu différer du documentaire classique.

Où pouvez vous trouver des web-documentaires selon vous ? Et qui créent les webdocumentaires ?

Peut être sur les sites internet de quotidiens comme LeMonde. Je pense que ce sont les jeunes journalistes qui s’occupent des web-documentaires car ces derniers peuvent être un moyen de se faire connaître dans le milieu.

Observation webdoc 17.10.61
« j’imagine que je lance. Position avancée détendue. Hésitation après la vidéo, « ah » surprise. Lance une autre vidéo. Yeux qui cherchent. Lancement de« je m’appelle clémence ». « je comprends rien » rire crispé. Lancement de « je m’appelle Salate ».

Position avancée, main sur la tête. « ooh » réaction de dégout(après tranché la gorge) Lancement d’un autre témoignage. Position similaire. Vidéo captive un peu plus longtemps.

Agacement, changement de position. Position stable : attention mais peu d’activité (activité seulement cognitive). Rapprochement de l’écran. Grimaces d’agacement (comme si elle arrivait pas à faire quelque chose) Le témoignage d’un historien semble moins retenir l’attention. Mouvements incessants des yeux. « Je crois qu’il y a rien d’autre à voir »

Entretien web doc La nuit oubliée :

« je me retrouve sur un site. » Parcours des yeux de long en large avant de commencer d’agir. Après la vidéo d’intro : idem parcours des yeux. Haussement des sourcils. Grimace : perplexité. Main sur le front qui dénote une incompréhension. Mouvement des yeux alors que la vidéo est en route. « humhum » Toujours ce mouvement des yeux. Par moments concentrations. « je crois que je préfère encore l’autre ». Se rapproche de l’écran.

Quelle est votre réaction après la lecture de ces web-documentaires historiques ?

Le sujet ne m’a pas spécialement intéressé. J’ai mis du temps à comprendre comment ça fonctionnait. Je cliquais un peu n’importe où au début. Par exemple, j’ai mis un certain temps avant de saisir que le site se développe à l’horizontal. Je me suis cependant intéressé à tous les personnages. C’est extrêmement bien documenté.

Quelle est la différence entre les deux web-documentaires visionnés ?

Le deuxième (La nuit oubliée) est plus difficile à se situer, à comprendre. Le premier est plus original. C’est aussi plus facile de comprendre grâce aux personnages, c’est mieux incarné.

Avez vous été surprise par ce genre ?

J’ai été surprise. C’est plus ludique, tu cliques un peu ou tu veux, et tu peux regarder les informations qui te plaisent.

Comment qualifierez vous l’expérience que vous avez vécue ?

Je me sens plus spectatrice. Dans le premier il y a très peu de choses à lire. Ils jouent beaucoup sur les images et les vidéos. Il y a une réelle volonté de se replonger dans l’histoire, et le personnage permet de rendre le tout plus humain.

Quant au deuxième (La nuit oubliée), ça pourrait être un manuel d’histoire. Le fait qu’il y ait une mise en scène fait la particularité du web doc. Donc, dans ce cas, le premier est plus réussi.

Remettre par écrit ce que tu peux trouver dans un bouquin n’a aucun sens et c’est cette impression que j’ai pour le web-documentaire La Nuit oubliée.

Quelle(s) différence(s) avez vous ressenti par rapport à un documentaire classique ?

Il y a la possibilité de faire des pauses, tu peux cibler ce que je veux vraiment voir. Je fais moi même la chronologie. La possibilité de mélanger les photos, le vidéos, les écrits est un véritable plus.

Avez vous éprouvé des difficulté pour comprendre les mécanismes de navigation ?

Oui, je savais pas où regarder. Le fait de savoir ce qu’est le web documentaire pourrait aider. Peut être mettre faudrait il renseigner, dès la page d’accueil, l’internaute pour lui dire ce qu’il peut faire sur le site. T’es plongé mais tu sais pas trop ce que tu dois faire. C’est qu’au fur et à mesure que tu comprends. Au bout de 10 minutes, j’ai fini par saisir mais j’aurais très bien pu manquer le système horizontal.

Est ce qu’il vous manque quelque chose pour faciliter la lecture ?

Pas grand chose. Une fois que t’es dans le signe, tes dans l’ambiance donc tu peux pas mettre des consignes partout. Ils arrivent à te plonger dans une ambiance.

Qu’est ce qui vous a intéressé au niveau de la forme ?

Je suis pas très internet, je pense que le mieux c’est de pouvoir naviguer comme je veux, aller fouiner de tous les côtés.

En ce qui concerne les témoignages, qu’en pensez vous ?

Yen avait énormément dans le second (La nuit oubliée). Le 1er c’était plus intéressant parce qu’il y avait de la fiction. Les témoignages sont plus en annexe. C’était comme un fiction, comme une mini série. On suit chaque personnage. Le second semblait plus écrit et plus réel.

Est ce que tu as l’impression d’avoir une certaine liberté ? Liberté en fonction de l’info ou de la forme ?

On te donne l’info et t’es un peu obligé d’aller dans leur sens. Ils imposent un point de vue. Tu le prends comme on te le donne. On va avoir la mm réaction.

Liberté de la forme ?

Oui parce que tu peux revenir en arrière, couper et partir quand tu veux.

Est ce que vous vous êtes sentie utile mobilisée pour le déroulement du documentaire ?

Non je trouve pas.

Qualifierez vous ce web documentaire d’interactif ? Pourquoi ?

Oui, dans le sens ou il y a plusieurs rubriques. Grace à la vidéo que tu trouveras jamais dans un bouquin. Tu te mets à la place des gens avec tous ces témoignages.

Est ce que vous pensez que vos choix sont décisifs ?

Y a forcement des choses que tu rates parce qu’il y a énormément d’infos sur le site. Si t’es vraiment intéressé tu fais tous les onglets mais ça fait un peu ”guik”. Ça me chagrine pas de manquer certains documents. On est beaucoup plus attentif devant un doc classique, une fois que t’as commencé tu le suis jusqu’au bout alors que là, je me sens pas contrainte de terminer.

Le fait qu’il y ait beaucoup d’onglets, tas pas l’impression d’être dans un vrai doc. Si il y a une chose qui semble pas t’intéresser don t’y vas pas. Je fais pas l’effort mais c’est vrai que ça pourrait être intéressant de tout voir. C’est dommage.

Connaissiez vous cet événement de l’histoire de France ?

Oui, je connaissais plutôt bien. Ma grand mère m’en a souvent parlé. C’est pour ça

Avez vous appris des choses ?

Oui ça m’intéressait pas vraiment, quand c’est trop long (les vidéos). Je sais pas trop combien de temps je vais pas passer devant. Tu dis que tu sais pas combien de temps tu vas passé donc dès le départ, je suis rebutée.

Selon vous, le web documentaire est il adapté à la transmission du savoir historique ?

J’imagine que c’est un moyen de mettre beaucoup beaucoup d’informations. Il n’y a pas de contrainte sur la quantité. Ça permet de mettre tout en même temps sur tous les supports. Un vrai doc m’instruirait plus : ça reste un format particulier parce que il y a toute la chronologie d’un coup, il y a toujours une dynamique qui fait que tout se suit. Dans la web doc, on est arrêté par l’écrit, par les pauses. Il y a moins de dynamique que sur documentaire.

Est ce que vous pensez que tous les sujets historiques peuvent être traités par le web documentaire ?

Je trouve que le fait que ça soit une journée, c’est le plus facile. Traiter une longue période, ça paraitrait difficile d’être aussi informé sans avoir des centaines d’onglets. Avec le web-documentaire, il existe la tentation de mettre une quantité importante d’infos. Donc si la période est plus large ça va faire bcp d’infos, bcp d’onglets.

Pensez vous retenir ce que vous avez appris ?

Oui parce que les vidéos c’est comme un doc et les textes c’est comme un bouquin.

Estimez vous avoir vécu une expérience collective ou individuelle ?

J’avais l’impression d’être toute seule sur le site. Je me demande si y a vraiment bcp de gens qui vont visiter ce site. Je pense que c’est plutôt un support de recherche qu’un documentaire

Par quelle catégorie de population cette expérience peut elle être vécue ?

Les passionnés, les étudiants. Je pense pas qu’il y ait beaucoup de monde qui regarde les web-documentaires.

Page suivante : Annexe 19 : Entretien d'observation avec Anne-Marie

Retour au menu : L’HISTOIRE Á L’HEURE DU MULTIMEDIA : LES ENJEUX DU WEB-DOCUMENTAIRE HISTORIQUE