8) Des femmes aux qualités viriles

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Nous pouvons conclure cette partie en analysant une dernière caractéristique des héroïnes miyazakiennes. Comme nous l’avons constaté, ces dernières sont fortes, puissantes ; guerrières ; proches de la spiritualité ; indépendantes ; rebelles ; mais certaines d’entre elles évoluent également dans la sphère féminine traditionnelle.

Cependant, nous pouvons analyser ces diverses caractéristiques en y trouvant les preuves de certains traits de caractère. En effet, les héroïnes ont des personnalités proches de celles qu’ont les hommes, traditionnellement.

Les qualités viriles, dans le Japon traditionnel, sont : le courage ; l’audace ; l’impulsivité ; la violence, si celle-ci est nécessaire ; l’assurance.

Nous constatons, au vu des nos précédentes analyses, que ces traits de caractère sont présents chez chacune des héroïnes de Miyazaki. Les qualités « féminines » sont, au contraire : la douceur ; la timidité ; la beauté ; le calme ; la discrétion.

Chacune des héroïnes a ce caractère traditionnellement « viril » au détriment, dans la plupart des cas, des qualités « féminines ». Nous pouvons voir, rapidement, que tous les personnages féminins des films ont au moins l’une de ces qualités :

En effet, Nausicaä est une guerrière, et donc peut être violente, armée ; elle est courageuse. En effet, lorsque le vaisseau de Pejite s’écrase dans le village, elle est la première sur les lieux ; elle est également prête à se sacrifier, écrasée par les animaux. Princesse Kushana est également une guerrière, violente, belliqueuse, courageuse.

Sheeta parvient à s’échapper et fuir ses ravisseurs, en ayant prouvé son courage en assommant l’un d’entre eux. Dora est aussi une femme qui n’accepte pas sa condition de femme sans se faire entendre, elle est intrépide, guerrière.

Satsuki est aussi un personnage courageux, car elle part seule à la recherche de sa petite sœur, n’attendant pas que des adultes s’en chargent pour elle. Kiki fait preuve d’audace et de courage en quittant le cocon familial.

Fio Piccolo et Gina sont toutes deux audacieuses, n’ont pas peur de dire ce qu’elles pensent des hommes et de la place des femmes.

San et Dame Eboshi sont toutes deux capables de se battre, en vraies guerrières, et toutes deux sont belliqueuses ; elles sont également en position de pouvoir, et n’ont pas peur de se battre pour leurs idées, sans besoin d’un homme à leurs côtés.

Chihiro fait preuve de courage pour survivre dans le monde magique où elle se retrouve. Sophie apprend à avoir de l’assurance, du courage, pour se refaire une place et se débarrasser de son sort.

Enfin, Lisa est l’opposée de la femme discrète : impulsive, courageuse –elle n’hésite pas à conduire alors qu’un tsunami se déchaîne-, excessive dans son comportement.

Ainsi, les héroïnes de Miyazaki, même celles se retrouvant dans des sphères traditionnellement féminines, n’ont pas pour autant les qualités traditionnelles. Leurs caractères sont ceux des hommes, intrépides, courageuses. La majorité des héroïnes, sont, de plus, libérée des sphères domestiques, intérieures, et se retrouvent dans des mondes masculins.

Cependant, nous pouvons nous demander si cette image correspond à l’image de la femme Japonaise d’aujourd’hui ?
Nous pouvons à présent interpréter les images de femme que nous avons trouvées dans la filmographie de Miyazaki, et les analyser face à la réalité du Japon contemporain.

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