3) Le droit de grève : une arme prolétarienne

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La grève constitue en France un droit reconnu par la loi bourgeoise, et permet à tous les travailleurs qui le désirent de stopper tout travail, c’est-à-dire toute activité permettant la production de biens et de services pour une période plus ou moins longue, et selon différents schémas (que nous aborderons dans la seconde partie de notre ouvrage). La grande idée conductrice de ce droit de grève, pour les ouvriers, consiste en une reconnaissance de la part de la direction patronale du droit au travail de l’ensemble de ses salariés : « Il est un moyen, arme principale des travailleurs, pour faire respecter notre droit au travail : la grève. Sachons l’utiliser si nous voulons conserver et améliorer notre gagne-pain : le travail »64. D’une manière assez ironique, la grève, constituant par excellence l’arme du prolétariat, c’est-à-dire des faibles et des opprimés, ne peut qu’être défendue… par la grève elle-même : « Quant à nous, nous pensons que si tous les travailleurs désirent défendre leur droit de grève, c’est par la grève qu’il faut répondre »65. Quant à l’arme que constitue la grève entre les mains du prolétariat, nul doute qu’il s’agit de la meilleure -si ce n’est la plus efficace : « Les succès obtenus ont prouvé que la grève reste encore le seul moyen de lutte efficace »66. 28

Enfin, il y a des critères de succès qui garantissent qu’une grève n’est pas effectuée pour rien, quand le patronat fait évidemment tout son possible – et c’est bien là la règle de la lutte des classes – pour faire avorter la grève, ou en tout cas la rendre inefficace. Un de ces critères de succès est notamment le paiement des heures de grèves par la direction de l’usine, le patron étant tenu responsable par les ouvriers du fait que ces derniers font grève, à contre-cœur, semble-t-il : « 2. -Pour que le bilan d’une grève soit positif, il faut réclamer le PAIEMENT DES HEURES DE GRÈVE. C’est le patron qui est responsable du fait que nous soyons obligés de faire grève pour défendre nos droits. C’est à lui d’en payer les frais »67.

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