3) La Garde rouge

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La Garde rouge, a pour mission de sauvegarder les acquis de la révolution et de lutter par les armes contre la contre-révolution, orchestrée par les Blancs (les généraux tsaristes partisans du rétablissement de la monarchie en Russie) dès la fin de l’année 1917. C’est la Conférence permanente de la garnison, subordonnée au Comité militaire révolutionnaire, qui en définit les statuts : « Les statuts adoptés le lendemain par la conférence définissent la Garde rouge comme l’organisation des forces armées du prolétariat pour combattre la contre-révolution et défendre les conquêtes de la révolution »132. L’organisation de cette Garde rouge, nous apprend Trotski, est difficile, ce qui ne l’empêche tout de même pas de mener la lutte armée jusqu’à la victoire finale et de faire triompher la révolution : « L’organisation de la Garde rouge restait, évidemment, fort loin de la perfection. Tout se faisait à la hâte, en gros, pas toujours adroitement. Les gardes rouges étaient pour la plupart mal préparés, les services de liaison se réglaient mal, le ravitaillement n’allait pas fort, la partie ambulance était en retard. Mais, complétée par les ouvriers les plus capables du sacrifice, la Garde rouge brûlait du désir de mener cette fois la lutte jusqu’au bout. Et c’est ce qui décida de l’affaire »133. Néanmoins, Trotski établit un schéma fonctionnel de cette Garde rouge, que nous reproduisons comme suit : « La formation de base est une décurie ; quatre décuries constituent un piquet ; trois piquets forment une compagnie ; trois compagnies, un bataillon. Avec le commandement et les contingents spéciaux, le bataillon compte plus de cinq cents hommes. Les bataillons de district constituent un détachement. Dans les grandes usines comme celle de Poutilov, l’on créé des détachements autonomes. Les équipes spéciales de techniciens -sapeurs, automobilistes, télégraphistes, mitrailleurs, artilleurs- sont enrôlés dans les entreprises respectives et adjointes aux détachements d’infanterie, ou bien elles opèrent indépendamment, suivant le caractère de la tâche posée. Tout le commandement est électif. Il n’y a aucun risque : tous ici sont des volontaires et tous se connaissent bien entre eux »134. 56

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