2.3. CADRE THEORIQUE : La théorie du bien être

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L’amélioration de l’accès des femmes aux services financiers des établissements de microfinance les conduit au bien-être personnel et à une autonomisation économique, c’est dans ce sens que la présente étude trouve son ancrage dans la théorie du bien-être.

L’économie du bien-être trouve en fait son origine dans les écrits de Jeremy Bentham. Ses fondements ont été posés au XXe siècle par Vilfredo Pareto et Arthur Pigou (1908). Elle désigne en effet une branche de la théorie néoclassique qui étudie les différents états de l’économie sous l’angle du bien-être social (niveau de satisfaction atteint par les individus).

Elle s’efforce donc de déterminer quelle est la meilleure situation parmi toutes les répartitions possibles des ressources et des revenus.

Dès lors, le bien-être devient un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l’harmonie avec soi et les autres. Pour cela, René Dubos présente la santé comme la convergence des notions d’autonomie et de bien-être. Par ailleurs, l’’utilitarisme définit le bien-être comme la combinaison de plaisirs et de l’absence de peine et prône ainsi la maximisation du bien-être général (RENOUVO, 2011). En d’autres termes, le bien-être est l’ensemble des facteurs dont une personne a besoin pour jouir d’une bonne qualité de vie. Ces facteurs l’aident donc à jouir d’une existence tranquille et d’un état de satisfaction.

Dans la littérature, on peut regrouper quatre types de bien-être à savoir le bien-être social, le bien-être physique, le bien-être dans le développement personnel et la spiritualité et le bien-être économique.

Selon le dictionnaire dicto des définitions (2012), le bien-être social englobe les choses qui incident de manière positive sur la qualité de vie notamment un emploi digne, des ressources économiques pour satisfaire les besoins, une maison, l’accès à l’éducation et à la santé, du temps pour les loisirs, etc.

Le bien-être physique peut être par contre la satisfaction du sujet par rapport à sa vie quotidienne liée plus ou moins à l’activité physique résultant de quatre éléments : bien-être émotionnel (anxiété, stress, énergie, vigueur…) ; perception de soi (estime de soi…) ; bienêtre physique (état de santé, douleur…) et bien-être perçu (qualité de vie…).

Pour ce qui est du bien être dans le développement personnel, la revue Sciences humaines N° 23 cité par RENOUVO (2011), stipule que “les techniques de développement personnel visent à la transformation de soi: soit pour se défaire de certains aspects pathologiques (phobie, anxiété, déprime, timidité), soit pour améliorer ses performances (mieux communiquer, gérer son temps, s’affirmer) “.

Le bien-être économique, repose sur deux propositions fondamentales : premièrement selon Pigou (1908), tout accroissement de la somme disponible des biens économiques va dans le sens d’une augmentation du bien-être. Il appartient donc à celui qui conteste cette proposition, dit-il, de faire la preuve du contraire dans les faits. La seconde quant à elle se veut aussi de nature positive et montre qu’étant donné l’utilité décroissante du revenu ou de la richesse, tout transfert de richesse des plus riches aux plus pauvres qui n’a pas pour effet de décourager et donc de diminuer la production représente un accroissement de bien-être.

En outre, le bien-être auquel tout le monde aspire est une préoccupation de plusieurs organismes internationaux agissant dans le développement des pays du Sud. Leurs objectifs étant de donner la chance à toutes les populations d’accéder à ce bien être, dont l’accès diffère du fait qu’on soit un homme ou une femme.

Pour cette dernière dont les conditions socio-économiques ne permettent pas un accès facile au bien-être, résultant en partie d’une amélioration d’accès aux services financiers (Figure1)

Autonomisation de la femme

Figure 1 : Autonomisation de la femme

Source : FIDA, 2009.

La figure 1, présente premièrement, qu’un meilleur accès aux services de microfinance peut ouvrir la voie à l’autonomisation économique des femmes (le centre du graphique). De plus, elles pourraient ainsi être en mesure de démarrer leur entreprise, d’investir davantage dans des activités existantes, de faire l’acquisition d’actifs ou de rehausser leur statut économique au sein du ménage par leur contribution visible au capital. Deuxièmement, l’amélioration de l’accès des femmes à la microfinance peut contribuer au mieux-être du ménage (partie gauche du graphique). Un tel scénario s’explique en partie par l’autonomisation économique, mais peut se concrétiser même lorsque les femmes ont recours aux services de microfinance pour le compte d’autres membres du ménage, par exemple le mari ou ses enfants. Troisièmement, une plus grande participation des femmes aux activités économiques et aux décisions du ménage peut accroître l’autonomisation sociale et politique (la partie droite du graphique). La plupart des femmes sont désireuses de contribuer davantage au bien-être du ménage. Et lorsqu’elles en ont la possibilité, leur confiance en elles et leur estime de soi sont renforcées.

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