2.1.4 Les langues et les groupes linguistiques(66)

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Sur le plan linguistique, le pays offre une aussi grande diversité: on y dénombre quelque 70 langues. La quasi-totalité des langues appartient à la grande famille nigéro-congolaise. Les colonisateurs français avaient à l’époque regroupé les langues en groupes linguistiques. On distingue ainsi en Côte d’Ivoire les langues kwa, gour, krou et mandé. Seules 17 langues sont parlée par 100 000 locuteurs ou plus:

Tableau II : Les différents groupes linguistiques en Côte d’Ivoire

Tableau Les enjeux de la transition politique et humanitaire le cas de la crise politico-militaire et postélectorale en Côte d’Ivoire 2

Le dioula occupe une position privilégiée, car il sert de langue véhiculaire commerçante entre les Ivoiriens; bien qu’il ne constitue la langue maternelle que de 14,8 % de la population, il serait parlé comme langue seconde (à des degrés divers) par sept millions de locuteurs, ce qui lui confère un rôle important comme langue véhiculaire, notamment dans les échanges commerciaux. La vitalité des langues ivoiriennes ne fait pas de doute puisque 88 % des conversations relevées dans les marchés se font dans l’une de ces langues. De plus, la moitié des enfants parleraient au moins deux langues africaines dont le dioula, le baoulé, le bété et l’agni. C’est pourquoi il demeure surprenant que les langues ivoiriennes n’aient pas encore obtenu un rôle plus important dans la vie sociale du pays.

Quant au français, c’est la langue officielle de l’État et celle de l’école. On estime qu’environ les deux tiers de la population âgée de six ans et plus pratique «une forme de français». Plus d’un million de locuteurs n’utilisent qu’une variété de français, appelée parfois «français petit-nègre», idiome à peu près inintelligible pour un francophone non ivoirien.

66 LECLERC, Jacques. “Côte d’Ivoire – Les religions” dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université Laval, 28 oct. 2002, [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/cotiv.htm]

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