2) ET LA PEDAGOGIE ?

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Le corps enseignant n’en est pas à ses premiers changements dans sa façon de travailler, mais la révolution que nous vivons pourrait bien bouleverser totalement leur pédagogie, ce qui ne va pas sans soulever un certain nombre d’interrogations. Prenons en exemple l’anglais (mais nous pourrions dire la même chose avec n’importe quelle autre langue) : grâce à l’apparition des cassettes audio (puis des CD, et maintenant des ballado-diffuseurs), mais aussi de la télévision et des rétroprojecteurs, le professeur a, à n’en pas douter, modifié le déroulement de son cours. Maintenant que l’utilisation des CD est quotidienne dans l’apprentissage des langues, le professeur a un autre moyen d’ouvrir ses élèves à la langue : Internet et ses applications.

En effet, l’enseignant a la possibilité de télécharger des outils pédagogiques et de les mettre à la disposition de ses élèves. Il leur permet ainsi de découvrir la matière autrement que par le biais de son cours. Dans le cadre de l’enquête réalisée auprès des enseignants, certaines réponses montrent combien ils sont imaginatifs dans leurs séquences pédagogiques. Voyons par exemple une enseignante d’anglais qui évoquait Woodstock avec des élèves de Seconde : grâce à l’ordinateur et au vidéoprojecteur présent dans la classe, elle a pu, en allant sur Internet, faire visionner aux élèves un reportage sur le sujet traité. Cette enseignante déclare dans le cadre de l’enquête :

« Ces technologies sont entrées naturellement et ont trouvé leur place dans mes cours. Elles viennent « étayer » le cours traditionnel et apportent une touche plus moderne et mieux perçue par les élèves car proche de leur culture « geek » ! »

A travers cet exemple, je constate que ces technologies permettent une adaptation quasi immédiate d’une séquence de cours par rapport à un contenu ou à une question, alors que sans cet ordinateur en classe, elle aurait été obligé de remettre à son cours suivant le visionnage du reportage (à condition qu’elle ait pu trouvé le DVD, ou la cassette vidéo au CDI). D’autre part, cette enseignante emploie un terme qui ne peut que retenir l’attention : geek. Ce terme qui désigne des adolescents passionné par les nouvelles technologies montre bien que les enseignants ne peuvent faire l’économie de l’adaptation à ces technologies dans la mesure où le public qu’ils accueillent change, ce qui m’a été confirmé par le Chef d’Etablissement !

« Alors, côté élèves, ce que j’y ai vu, c’est…… une motivation, un intérêt certainement plus prononcé pour…, pour finalement, l’écran. C’est-à-dire qu’on capte plus l’attention des élèves avec un écran et ce qui évolue sur l’écran. »

Autre exemple, en Chimie (en classe de Terminale S), ces technologies permettent aux professeurs de faire construire des atomes aux élèves. En mathématiques, les ordinateurs et les logiciels amènent les élèves à envisager la géométrie dans l’espace par un autre biais que la feuille de papier.

Capture d’écran du logiciel Geogebra

Figure 6 : Capture d’écran du logiciel Geogebra

Dernier exemple dans le cadre du lycée professionnel, un enseignant a pu réaliser avec ses élèves de Première STI 2D(23), une maquette en trois dimensions de l’établissement après avoir fait prendre aux élèves, toutes les mesures réelles du bâtiment. Cette maquette 3D de l’établissement a donné aux élèves l’occasion, dans un premier temps de faire des mathématiques (prise de mesures, mise à l’échelle, conversion), puis de passer à la conception assistée par ordinateur. Cette mise en situation a été vécue par le responsable de l’Enseignement Catholique interviewé :

« L’expérience, c’était, au lieu que les élèves aient une heure de physique, une heure de maths, une heure de SVT (Première S), on ouvrait trois Premières S, on balançait un problème (qui était un problème complètement… ouvert)… […]. Et, vous aviez les trois classes qui étaient regroupées et un prof de SVT, un prof de Physique, un prof de Maths. […] Et les élèves de s’apercevoir que le problème n’est jamais complètement que de la physique, que de la SVT ou que des mathématiques, et que c’est toujours un peu des trois… »

Ces changements peuvent s’appliquer à toutes les matières. De ce point de vue, l’enquête réalisée auprès des enseignants est très éclairante car tous dans leurs matières respectives notent l’apport indéniable de ces outils dans leurs cours(24), en particulier pour développer l’autonomie des élèves et leur donner le goût de la recherche ; recherche qui doit par ailleurs être prolongée par d’autres sources.

23 Op. cit. page 13
24 Voir en annexe la grille de synthèse de l’enquête

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