2 .1-Le circuit et les ateliers de sport.

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Uniquement destiné à l’origine au sport, le PV de Douala vieux de plusieurs décennies a été créé après celui de Yaoundé .Par la suite, bien qu’ayant survécu au temps, il n’a de cesse de susciter des sentiments mitigés.

Logé dans un espace vert, il est situé dans la commune de l’Arrondissement de Douala 5ième zone périphérique de fortes concentrations de la population de diverses catégories sociales. Mais par sa configuration le PV est coincé à la fois entre les quartiers Bonamoussadi et Maképè. A l’origine il s’étendrait sur près de 64 ha(70) qui serait réduit aujourd’hui à 20 ha. Terrain appartenant à la MAETUR(71), et rétrocédé à l’Etat(72), il occupe le domaine public et fait partie des biens publics ou patrimoine collectif national.

Cette rétrocession trouverait son explication peut être dans les difficultés d’exploitation pour habitations. Ces raisons et difficultés réelles de ne pas l’exploiter à ces fins d’habitations ont peut être pendant longtemps focalisé l’attention des uns et des autres sur l’unique destination originelle sportive du PV.

Au début de sa création le circuit équipé de différents ateliers donnaient une fière allure au PV justifiant sa destination première .Construits tout le long du circuit long de près de 3 km la disposition des ateliers obéissait au rythme et à l’intensité des activités sportives. Le circuit lui-même protégé entre temps par une mince couche d’asphalte a rajouté à la magnificence de cette aire de sport.

Cette image aujourd’hui tranche avec ce qu’il était à l’origine et contraste avec sa localisation même dans le bassin de Douala. Ce paradoxe trouverait son explication dans les multiples attaques, agressions, destructions, violations par lui subit qui ont modifiées sa nature .Il n’y aurait pas de comportement amnésique pour affirmer que le PV, cet espace naturel fut longtemps abandonné. Meurtri par l’agression des hommes, le PV est très menacé au point d’avoir perdu son charme. Les coupes sauvages ont eu raison de la maigre végétation sauvage qui y pousse pour faire des champs ou rechercher du bois de chauffe. Autrement dit le PV est entrain de subir sans ménagement une violente et impitoyable dégradation qui le rapproche de si peu du désert, grand paradoxe en plein coeur de l’Afrique équatoriale. Les quelques distances couvertes par une végétation d’arbustes ne sont plus que l’ombre d’elles mêmes dont les feux de brousse ont été sans excuse.

Cette dégradation, ces agressions répétées sur la végétation du PV, entraînent nécessairement des conséquences dommageables sur l’écosystème et la biosphère comme la disparition de nombreuses espèces d’animaux et végétaux. Si les ateliers de sport sont entrain d’être réhabilités aujourd’hui, le milieu physique naturel du PV se meurt. Ce milieu de vie malgré tout abrite encore quelques varanidés, des chéloniens, des rongeurs des variétés d’espèces d’oiseaux et autres petits gibiers qui font de la résistance, mais pour combien de temps encore ! Plusieurs troupeaux de singes (simiens) ont longtemps habité ces lieux. Les lacs regorgent des variétés de poissons Mais ce sanctuaire de vie risque de disparaître complètement si des mesures radicales d’urgence ne sont pas prises ; ce sera la mort de nombreuses espèces faunique, florale etc. et une grande perte pour la Cité de Douala en particulier.

A côté de ce qui précède, il se passe un autre phénomène le plus dangereux, et qu’aucune justification ne tolérait. Des constructions pour habitations s’élèvent à l’intérieur du PV, domaine de l’Etat, certaines prennent même leur fondation dans l’un des lacs, d’autres empiètent ce qui reste du tracé du circuit de sport, sans susciter la moindre réaction des autorités de la ville de Douala qui sont pourtant tous informées parce que pratiquant le sport ici. Ce silence cache mal « une collusion » entraînant d’énormes risques quand on sait que cette zone est méconnaissable en pleine saison des pluies doublée de la montée des eaux du lac. « L’illusion » de collusion avec les autorités en charge des questions foncières trouve sa justification dans tout le secret entretenu autour des noms et titres de propriété, autorisations de bâtir.

Ce qui précède soulève de notre part le problème de l’occupation du domaine privé de l’Etat et la construction des habitats dans des zones à risque ; des questionnements qui trouveront des orientations adéquates dans l’arsenal juridique en matière foncière ou alors faut-il une charte du PV ? Pourtant dans sa diversité physique, son hydrologie, son environnement, il présente d’autres atouts riches et aussi attractifs que ludiques.

70 Opcit p 33.
71 Idem
72 Le PV créé le 13 Avril 1990 par le Président de la république a été rétrocédé le 5 Juin 1993 à la Communauté urbaine de Douala à travers un Protocole d’accord conjoint entre le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Chef d’état major particulier de la Présidence de la République et le Délégué du Gouvernement .Il prévoyait une piste de 2650 m avec entre autres ateliers deux escaliers de 140m et 80m, un parking d’une superficie de 8400m2.

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