1)b. Réformes du système scolaire

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Durant la guerre, l’éducation au Japon est sous surveillance militaire : les manuels sont corrigés par les militaires. En 1941, les phrases courantes trouvées dans les manuels pour l’apprentissage de la lecture servent de propagande pour la guerre : « il est bon d’aller à la guerre », « honorable », « en avant soldat ». En période de guerre, l’école est donc très nationaliste, dirigée par l’Armée. Les instituteurs doivent faire un stage de cinq mois à l’Armée avant de prendre leur poste.(11)

Les écoles qui forment les instituteurs sont sous contrôle gouvernemental direct. Le gouvernement fixe aussi les « caractères idéaux » des élèves. L’éducation des filles est séparée, dans une école spécialisée, dès le secondaire.(12)

L’école primaire prend alors le nom d’ « école du peuple » ; on y enseigne les matières suivantes : la morale, la langue japonaise, l’histoire, la géographie. Les enfants apprennent les mythes et dictons nationalistes dans leurs manuels : « le mythe de la mère du marin », racontant le contenu de la lettre d’une mère à son fils parti à la guerre ; celle-ci s’étonne que son fils n’ait pas encore tué, accompli de hauts faits de guerre. Celui-ci pleure et a honte.(13)

Les enfants apprennent des phrases chauvinistes, comme le montre l’exemple des cerisiers en fleurs : « ils sont en fleurs, ils sont en fleurs les cerisiers ». Les cerisiers sont le symbole de la caste guerrière des Bushi.(14)

En 1948, la démocratie et l’éducation américaines font leur apparition au Japon. Les manuels scolaires sont alors tous effacés et refaits pour embrasser la culture américaine.(15)

De nouvelles matières sont intégrées, telles que les « études de la société ». Les cours de morale sont abolis, ainsi que les cours d’histoire nationale et de géographie, tous empreints de nationalisme. Les nationalistes et ultra-militaristes sont expulsés de l’Education, qui est dès lors décentralisée.
Le Japon est ainsi passé d’un système scolaire national, centralisé, égalitaire, contrôlé par l’Etat, à un système scolaire occidentalisé, « qui tend de nouveau à devenir libre, devenu moins uniformisé, plus communautaire » .(16)

11 Sabouret Jean-François, L’éducation : la société du diplôme, in Japon le consensus, mythes et réalités, du CESEJ, éd. Economica, Paris, pp. 106-107
12 Seiichi Iwao et Teizo Iyanaga, Dictionnaire historique du Japon, vol.1, Maison franco-japonaise de Tokyo, Paris, 2002, p.1709
13 Gravereau Jacques, Le Japon au XXe siècle, éd. du Seuil, Paris, 1993, p.209
14 Ibid, p.209
15 Seiichi Iwao et Teizo Iyanaga, Dictionnaire historique du Japon, vol.1, Maison franco-japonaise de Tokyo, Paris, 2002, p.1709
16 Galan Christian, Le concept de réforme dans l’histoire de l’éducation au Japon, in Japon Pluriel 6 du CEIJ, éd.Philippe Picquier, Arles, 2006, p.363

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