1)a. Débuts de l’animation japonaise

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L’histoire de l’animation au Japon débute en 1910, avec la diffusion des premiers dessins animés américains de John Randolph Bray à Tokyo. Les cinéastes japonais, fascinés par ce nouveau procédé, se mettent eux aussi à l’animation, avec des premières expériences fructueuses (104). Le premier artiste à s’y essayer est Seitaro Kitayamo, en 1913. Son film Le Garçon des pêches, une expérimentation entièrement réalisée à l’encre de Chine, est diffusé en France en 1918 et marque la fondation du premier studio d’animation japonaise, « Kitayama Eiga Seisakujo ».(105)

Suivent alors d’autres réalisateurs : Junichi Kouchi, qui introduit des nuances de gris, Noburo Ofuji, qui réalise ses films avec des découpages de papier (le « chigoyami ») apposés sur des plaques de verre, puis réalise les premiers films sonores et en couleur. Mais c’est Yasuji Murata qui introduit la technique de l’animation totale sur cellulo, à la manière des Etats-Unis, en 1927 ; il crée également les premiers personnages zoomorphes, comme dans sa principale œuvre, Le sabre flambant neuf de Hanawa Henokai, réalisé en 1917. Les personnages zoomorphes vont par la suite fortement marquer le style visuel japonais, comme on le constate dans les dessins animés pour enfants.(106)

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’animation connait une baisse de production ; ne sont alors diffusés que des films de propagande, dont le tout premier long-métrage animé, Momotaro le divin soldat de la mer, réalisé par Mitsuyo Seo en 1945.(107)

Dans le Japon de la reconstruction, l’animation tente de passer du niveau individuel et artisanal au niveau industriel. La « Nihon Doga » est crée en 1947, pour plus tard devenir la « Toei Doga », à ne pas confondre avec la «Toei », autre studio qui devient plus tard, dès 1956, le plus grand studio du Japon. D’autres studios suivent le mouvement : la « Otogi » est crée en 1955 par Ryuichi Yokohama, considéré comme le père de l’animation japonaise après la guerre.(108)

La notion de spectacle se développe : l’animation en couleur se popularise ; la reconnaissance internationale commence, notamment grâce au film La Baleine réalisé par Noburo Ofuji en 1952, qui remporte un succès d’estime au festival de Cannes en 1953.

Le studio de production de la Toei crée en 1956 son secteur d’animation et signe son premier grand succès en 1958, avec Le Serpent Blanc de Taiji Yabushita. Cet engouement provoque le début d’une nouvelle ère : celle de l’industrialisation du dessin animé, qui va marquer les trente années suivantes.

Les studios se multiplièrent : le studio Kyodo, la Nihon Eiga, le studio Toho. En 1960, les productions de dessins animés pour la télévision se mettent en marche, marquées par l’arrivée d’Astro Boy en 1963, création d’Osamu Tezuka, le « dieu du manga ». La Toei devient alors le plus grand studio d’animation, produisant des milliers de dessins animés, dont les premiers en couleur pour la télévision, durant les années 1979 et 1980. En 1985, l’animation est devenue une telle industrie que l’on trouve plus de mille artistes à la Toei de Tokyo, et plus de dix mille professionnels de l’animation uniquement dans la ville de Tokyo.(109)

En parallèle, des studios indépendants s’ouvrent, avec des œuvres auto-financées, telles que le Temple Dojoji de Kawamoto, en 1976, au style plus artistique et artisanal, et aux thèmes plus traditionnels. La particularité de Kawamoto est d’utiliser des marionnettes dans ses animations. Parmi les studios s’éloignant du modèle industriel de masse, nous pouvons noter la présence du studio Tezuka Prod, et la Mushi, fondés par Tezuka en 1961 et en 1973, qui organisent des festivals présentant des films internationaux.(110) En 1960, la Kuri Sikken Manga Kobo produit des courts-métrages uniquement, avec une forte notion d’un « anti-cinéma », anti-conformiste et anti-industriel. Il faut également noter la présence de l’une des rares réalisatrices d’animation, Matsue Jinbo, qui réalise le film La petite marchande d’allumettes, produit par le studio Gakken et récompensé en 1967 au Prix de Copenhague.(111)

104 Bellefonds Francis, Histoire de l’anime, paru en janvier 2000, page consultée le 11 février 2011, revue Chronicart,
105 Bendazzi G. Cartoons, le cinéma d’animation de 1892 à 1992, Mayenne, éd. Liana Lévi, 1991, p.131
106 Ibid, p. 132
107 Bellefonds Francis, Histoire de l’anime, paru en janvier 2000, page consultée le 11 février 2011,
108 Bendazzi G. Cartoons, le cinéma d’animation de 1892 à 1992, Mayenne, éd. Liana Lévi, 1991, p.133
109 Ibid, p.580
110 Ibid, p.584
111 Ibid, p 581

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