1.3.3.1 Un territoire spécifique

Non classé

Les municipalités du Pará sont relativement petites et denses sur le littoral, tandis qu’à l’ouest, elles sont vastes et peu denses. Ainsi les municipalités du BAM sont de très grandes tailles. Elles comprennent une ville chef-lieu au bord de l’Amazone où se concentre la grande majorité de la population, un réseau de communautés dense autour des villes, puis de grands territoires très peu denses, en particulier au nord.

Selon le MDA, 178 700 des 638 600 habitants que compte le territoire vivent dans la zone rurale soit 28% de la population, le reste étant concentré dans la ville chef-lieu. La municipalité de Santarém est le centre urbain le plus développé du BAM. Elle comprenait en 2007 (avant l’émancipation de la municipalité de Mojui dos Campos) près de 294 800 habitants soit 46% de la population totale du territoire (IBGE 2007).

Le territoire comprend une multitude de groupes ethniques comme le montre les différents statuts des agriculteurs qui indiquent aussi l’origine de la population. En effet le territoire compte 23700 agriculteurs familiaux en dehors des assentamentos, 36800 agriculteurs familiaux « assentados » dans les assentamentos qui peuvent être dans les deux cas des peuples traditionnel ou « riberinhos » (les assentamentos sont aussi créé à des endroits ou les populations étaient déjà présentes), des populations venues du Nordeste, et quelques agriculteurs venant du sud du pays hors des assentamentos. Le territoire compte également 20 communautés Quilombolas et 17 communautés indigènes (MDA, 2010). De nombreuses communautés sont en cours de reconnaissance indigène à l’ouest de la municipalité de Santarém.

Le BAM et en particulier Santarém se situent au carrefour de plusieurs voies commerciales (flux venant du sud par la BR163, flux Manaus-Belém par hydrovia).
Une grande partie des transports de marchandises s’effectue par barges. Les transports de marchandises de plus petites quantités sont assurés par les bateaux de ligne qui transportent également les passagers. Les transports relient, pour la plupart, Santarém aux autres villes du territoire. Les trajets peuvent durer 6h (Santarém-Alenquer), 6-9h (Santarém-Obidos-Oriximiná), jusqu’à 24h (Santarém-Faro ou Santarém-Almeirim).

Depuis quelques années des bateaux plus puissants, affectés aux transports rapides, ont fait leur apparition et relient plus efficacement les principales villes du territoire (Santarém-Alenquer en 3h). Ils sont évidemment plus onéreux pour la population. Les transports entre certaines villes de la rive gauche de l’Amazone (Oriximiná, Obidos, Curua, Alenquer, Monte Alegre) sont aussi assurés par route. Tous ces flux commerciaux font que l’activité commerciale est très présente dans toutes les municipalités du territoire.

Il faut préciser que beaucoup d’échanges ont lieu entre Santarém et les autres villes du territoire du fait de la concentration d’activités et de services dans la ville centre (hôpital, institutions régionales, magasins de fournitures, marchés…). Ainsi les déplacements entre Santarém et les différentes villes du territoire, malgré le temps non négligeable nécessaire pour les relier, sont habituels voire routiniers pour une grande partie de la population.

L’agriculture de type familial représente l’activité principale dans le territoire (soit 90% des établissements ruraux en 2002), mais ne couvre que 60% des surfaces exploitées. De grandes propriétés, en particulier d’élevage extensif de bovins allaitant (plus de 10 000 000 d’animaux dénombrés), mais aussi des exploitations mécanisées de grain couvrent de grandes surfaces. Les revenus de l’agriculture familiale proviennent principalement du manioc et de ses dérivés, en particulier la farine de manioc, puis dans une moindre mesure, de la pêche, de l’élevage et des activités d’extractivisme.

Les plaines alluviales font parties intégrantes des municipalités et peuvent constituer un lien entre les différentes municipalités par la transhumance. Les agriculteurs et les éleveurs possèdent des terrains dans différentes municipalités du territoire qu’ils occupent pendant la saison sèche. Ils exploitent les plaines alluviales qui apparaissent lors de la baisse des eaux de l’Amazone, pendant les six mois la saison sèche.

Des investissements importants ont été faits dans l’extraction de Bauxite, l’exploitation du bois en forêt (dont une partie est transformée en cellulose dans la municipalité d’Almeirim par l’entreprise Jari cellulose) et dans la production de grains, en particulier le soja (symbolisé par le terminal de l’entreprise Cargill).

Il faut souligner que la faible activité industrielle, en particulier au niveau de la transformation, a entrainé les autorités à concentrer leur efforts sur les activités agricoles et plus particulièrement sur les agrégations d’agriculteurs ayant les mêmes produits phares en vue d’organiser collectivement la transformation via des coopératives. Une concentration d’activités de transformation a lieu dans le domaine de la pêche au marché au poisson de Santarém (préparation du poisson) ou pour la préparation du fromage (rive gauche de l’amazone)

Ainsi dans le territoire-BAM les APL prioritaires sont ceux de la pêche, de la fruiticulture et du miel, définis dans le plano safra 2009-2010

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