1) Les dirigeants syndicaux

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Les dirigeants et certains délégués syndicaux, en effet, sont les premiers montrés du doigt par les trotskistes, qui les accusent de beaucoup de maux, mais dont le plus grave est certainement de contribuer à l’exploitation capitaliste qui, rappelons-le, n’est ni plus ni moins que la cause principale de la « Guerre révolutionnaire » dans la pensée trotskiste : « Honteuse exploitation que celle qui s’abat sur des femmes et des enfants et elle est l’œuvre de syndicalistes dont certains se réclament du marxisme-léninisme »217. De plus, ces éléments conservateurs du mouvement ouvrier, mènent une véritable politique de collaboration de classes vis-à-vis de la bourgeoisie, prêts qu’ils sont à faire front contre les prolétaires et leur combat chaque fois qu’ils le peuvent : « A chaque fois que le prolétariat réapparaît sur la scène politique, tous les éléments conservateurs de l’aristocratie ouvrière font l’unité contre les militants ouvriers révolutionnaires qui, dans la pratique, n’écrasent pas sous leurs bottes les idées dont ils se réclament »218. Par conséquent, il apparaît que pour que l’action du prolétariat soit efficace, il faut que l’action syndicale soit organisée à la base, par la base, c’est-à-dire par les ouvriers eux-mêmes, et ne plus laisser l’exclusivité de cette organisation aux dirigeants syndicaux et à certains délégués, qui détournent aux profits de la bourgeoisie capitaliste l’authenticité du message de la lutte prolétarienne et marxiste : « Sachons en tirer des conclusions qui s’imposent : ne pas faire confiance aux maquignons professionnels du syndicalisme et ne compter que sur nous-mêmes pour organiser des luttes payantes »219. Quant à certains prolétaires, c’est carrément l’ensemble des syndicats qu’ils rejettent en masse, arguant que ces derniers ne sont d’aucune utilité dans la lutte qui est la leur : « De nombreux camarades mécontents ne se font plus guère d’illusions sur ce qu’on peut attendre de la part des syndicats »220. 90

Enfin, Voie Ouvrière s’insurge contre les délégués, désignés par les syndicats, et censés représenter les travailleurs. Ceci souligne bien un malaise ambiant qui caractérise les relations entre les syndicats et la base, c’est-à-dire, et on le comprend aisément, entre les prolétaires et la direction syndicale : « Nous en avons assez de désigner pour nous représenter des candidats désignés par les syndicats »221. C’est ainsi que, pour les trotskistes, de tels agissements de la part des directions syndicales sont clairement affiliés à une trahison : « RIEN N’EST JAMAIS ACQUIS aux travailleurs, même ce qui paraît être des « avantages-pétroles », tant que subsistera un patronat quel qu’il soit, tant que restera debout un État essentiellement capitaliste, tant que vous laisserez dormir et trahir, à vos frais et au grand dommage de votre avenir, les bureaucrates « syndicalistes professionnels » 222. Nous avons voulu, pour illustrer notre propos, citer brièvement le cas du syndicat Force Ouvrière, syndicat de lutte ouvrière, affranchi de la Confédération Générale du Travail le 12 avril 1948, et qui, pour des raisons d’intérêt électoraliste, s’attire les foudres de Voie Ouvrière : « Pour F .O, les intérêts des travailleurs et la démocratie importent peu. Ce qui compte, c’est le nombre d’élus qu’elle peut décrocher »223.

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