L’accès au terrain et les phases de la recherche

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Dans cette sous-partie nous allons détailler le déroulement de ce travail de recherche. Pas pour le plaisir de raconter un cheminement, mais pour l’impact certain d’éléments d’ordre privé. Autrement dit, certains événements personnels nous ont poussée à adopter un certain positionnement ou à mener des actions différentes de notre choix premier. Ils nous ont également apporté des questions nouvelles par rapport à la recherche et par rapport aux liens entre enquêteur/enquêtés/travail de recherche.

« Si la relation d’enquête se distingue de la plupart des échanges de l’existence ordinaire en ce qu’elle se donne des fins de pure connaissance, elle reste, quoi qu’on fasse, une relation sociale qui exerce des effets (variables selon les différents paramètres qui peuvent l’affecter) sur les résultats obtenus. Sans doute l’interrogation scientifique exclut-elle par définition l’intention d’exercer une forme quelconque de violence symbolique capable d’affecter les réponses; il reste qu’on ne peut pas se fier, en ces matières, à la seule bonne volonté, parce que toutes sortes de distorsions sont inscrites dans la structure même de la relation d’enquête. Ces distorsions, il s’agit de les connaître et de les maîtriser; et cela dans l’accomplissement même d’une pratique qui peut être réfléchie et méthodique, sans être l’application d’une méthode ou la mise en oeuvre d’une réflexion théorique. (…) Le rêve positiviste d’une parfaite innocence épistémologique masque en effet que la différence n’est pas entre la science qui opère une construction et celle qui ne le fait pas, mais entre celle qui le fait sans le savoir et celle qui, le sachant, s’efforce de connaître et de maîtriser aussi complètement que possible ses actes, inévitables, de construction et les effets qu’ils produisent tout aussi inévitablement ».(81)

Pour saisir les enjeux de l’accès au terrain spécifiques à cette recherche, nous proposons un détour par les différentes phases qui l’ont structurée. En effet, une recherche menée pour un mémoire de M2 s’inscrit dans une temporalité universitaire dans laquelle d’autres éléments peuvent interférer. Ayant conscience de l’impact de ces interférences, nous avons choisi de les expliciter au maximum dans le développement suivant.

Cette recherche, nous l’avons déjà mentionné, s’inscrit dans le prolongement des interrogations laissées en suspens par le mémoire de première année de Master. Le M2, commencé un an plus tard, s’est déroulé sur deux années universitaires, par correspondance, en parallèle d’une vie professionnelle et familiale. La première année a servi à choisir les références théoriques les mieux adaptées ainsi qu’à mener une pré-enquête.

78 Albarello L., 2011, Choisir l’étude de cas comme méthode de recherche, De Boeck.
79 Albarello L., 2011, op. cit., p.16.
80 Ibid. 55
81 Bourdieu P. (dir.), 1993, La misère du Monde, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points ».

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