INTRODUCTION

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Depuis le début des années 1990, lorsque le travail des enfants est réapparu au centre du débat international, les organisations de travailleurs et d’employeurs ont mené de plus en plus d’initiatives pour le combattre. Au niveau mondial, ces dernières ont uni leurs forces pour soutenir l’adoption des conventions de l’OIT contre le travail des enfants. Au niveau national, elles se sont engagées activement dans le dialogue concernant la ratification de conventions, l’adoption de lois nationales contre le travail des enfants et le respect de ces dernières. Dans de nombreux cas, elles ont également participé à des projets et programmes pour réduire le travail des enfants en collaboration avec l’OIT et d’autres parties prenantes.

Tous ces projets faisaient peu ou pas ressortir le problème des travaux dangereux. D’ailleurs, les enfants effectuant des travaux dangereux constituent à maints égards la majorité silencieuse des enfants astreints au travail. Même si l’on remarque ces enfants, lorsqu’il est question d’agir, ils sont souvent éclipsés par des formes de travail des enfants qui ont retenu l’attention du public, par exemple les enfants soldats ou ceux victimes de la traite. Ils sont aussi parfois dilués dans l’ensemble des initiatives portant sur le travail des enfants en général. Aujourd’hui encore, très peu de politiques ou programmes sont axés sur les besoins spécifiques des enfants qui effectuent des travaux dangereux.

Or, il existe de nombreuses raisons de s’intéresser aux travaux dangereux. Tout d’abord, l’ampleur du problème : selon les estimations du BIT, il existe actuellement 115 millions d’enfants de moins de 18 ans dans le monde astreints à un travail dangereux. Cela signifie que plus de la moitié (53%) des 215 millions d’enfants travailleurs dans le monde accomplissent un travail dangereux. De plus, En Afrique de l’Ouest, le phénomène est encore plus alarmant. En effet, l’expérience des enquêtes nationales sur le travail des enfants dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal a révélé un niveau élevé d’enfants astreints aux travaux dangereux : Sénégal : 54,31%, Mali : 53,15% ; Côte d’ivoire : 76,13% ; Burkina Faso : 87,62%. Le Bénin s’inscrit dans cette dynamique avec 69,3% des enfants au travail effectuant des activités dangereuses. Ensuite, nous avons les effets sanitaires de ces travaux sur la croissance et le bien-être des enfants. Le constat de plus en plus évident selon le rapport de l’OIT en 2010 sur les travaux dangereux, montre que les adolescents enregistrent des taux de blessures au travail supérieurs à ceux des travailleurs adultes.

C’est ainsi que le Bénin, à travers la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté de 2011 – 2015, met l’accent sur la protection de l’enfance afin de suivre les enfants vulnérables et de promouvoir les droits de l’enfant, mais ces actions demeurent limitées dans leur effectivité.

Au regard de l’ampleur des travaux dangereux dans notre pays, des problèmes qu’ils engendrent sur le développement normal de l’enfant et de l’insuffisance d’actions pour réduire le phénomène, nous nous proposons de ressortir le profil des enfants et de déterminer les facteurs explicatifs de la soumission des enfants aux travaux dangereux. C’est ce qui justifie l’intérêt du thème de ce mémoire intitulé «Les déterminants de l’astreinte des enfants aux travaux dangereux au Bénin».

Dans la perspective de présenter la revue de littérature et les résultats de l’étude, le présent mémoire a été structuré en trois (03) chapitres. Le premier « cadre théorique et méthodologique de l’étude » vise à exposer la problématique, les objectifs, les hypothèses et la méthodologie de l’étude. Le second quant à lui, met l’accent sur la participation des enfants aux travaux dangereux et enfin, le troisième aborde l’étude des facteurs de la contrainte aux travaux dangereux.

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