III.3.1 Choisir un thème qui touche la communauté sourde

Non classé

L’étude de la communauté sourde, de son handicap, de son histoire, de sa culture et de sa langue nous a permis de mieux comprendre quel public constituent les sourds. De fait, cela nous permettra de construire une visite guidée autour de thèmes qui les touchent et de sujets qu’ils ont envie de connaître ou d’approfondir.

III.3.1.1 Intéresser son public sans le ghettoïser

Il est important de préciser que construire une visite spécifique en choisissant un thème propre au public visé ne signifie pas croire que seul ce thème peut l’intéresser. En effet, si l’on décide en tant que guide de créer une visite en LSF ayant pour thème la surdité ce n’est pas car l’on pense que les sourds ne s’intéressent qu’à cela, mais c’est simplement car l’on remarque en travaillant que le public aime que l’on fasse référence à sa culture, qu’il apprenne des choses auxquelles il peut se raccrocher. Cela est valable pour tous types de publics.

Comme beaucoup de groupes sociaux dans les moments où ils veulent retrouver une place dans leur histoire, les sourds, depuis quelques années (et plus probablement depuis la loi de 2005), se plaisent à revenir sur leur passé. Cela se manifeste par la recrudescence des banquets, cérémonies, et autres commémorations. C’est la raison pour laquelle il me paraît intéressant de construire une visite qui leur est destinée, en choisissant un thème qui les concerne particulièrement.

III.3.1.2 Faire vivre la mémoire collective

La mémoire de leur Histoire permet aux sourds de s’identifier à leur communauté. Il est donc important pour eux de la faire vivre afin de sensibiliser et d’intégrer les enfants sourds à cette communauté. Créer une visite à travers leur histoire, comme une sorte de pèlerinage sourd, participe donc à ce devoir de mémoire collective.

Par ailleurs, les sourds ne possédant pas de transcription écrite de leur langue, la conservation de cette mémoire semble d’autant plus nécessaire. De plus, la quasi-totalité des sculptures et la grande majorité des peintures des artistes sourds qui ont connu l’âge d’or sourd ont malheureusement été détruites pendant les guerres du début du XXe siècle.

A Paris, on peut donc commencer une visite par la tombe de l’abbé de l’Epée, qui se situe dans l’église Saint-Roch, près du Palais-Royal. Puis passer sur l’île de la Cité où a vécu le poète sourd Joachim du Bellay dans le cloître Notre-Dame. Pour se diriger ensuite vers la maison de l’écrivain Ernest Hemingway (devenu sourd) dans le quartier Latin. Une telle visite pourrait enfin idéalement se terminer dans l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris siégeant non loin de là (rue Saint Jacques). Il renferme les quelques rares témoignages que nous avons de l’histoire des sourds et c’est une visite que ce public apprécie particulièrement. Voici quelques images des visites en LSF organisées à l’Institut :

Photographies de visites à l'Institut des Jeunes Sourds de Paris

Page suivante : III.3.2 Adapter sa technique de guide-conférencier

Retour au menu : Quels sont les enjeux du guidage en langue des signes ?