I.1- CONTEXTE DE LA RECHERCHE

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Les crises financières des dernières décennies, dont la plus récente déclenchée en 2007 aux Etats Unis, avec les conséquences néfastes qu’elle a eu, et continue à engendrer sur les économies de nombreux pays à travers le monde en occurrence les pays africains, montrent la forte influence de la finance dans le système économique. Le système d’intermédiation financière de la zone CEMAC, de toute l’Afrique noire francophone est le produit d’une profonde révolution dont l’élément catalyseur est la crise bancaire de la fin des années 80 (Bomda, 2010).

Dans la plupart des pays du monde, les banques sont au coeur du système financier. Mais le système financier est un ensemble constitué des institutions financières (banques, établissements de micro finance, etc), du marché financier (DSX(1) dans le cas du Cameroun) et des intermédiaires financiers. Ces intermédiaires en plus d’être des banques commerciales sont : les micro-finances et les établissements financiers non bancaires (les compagnies d’assurances et
les OPCVM(2)). On parle de l’intermédiation de bilan pour les établissements de crédit et pour le marché financier, on parle de l’intermédiation de marché (Bialès, 1999).

Le système financier à travers ces intermédiaires, met les agents économiques excédentaires en ressources (ménages, investisseurs institutionnels) en relation avec ceux qui sont déficitaires (entreprises, Etat, etc) (Vermminem, 2002). Cette relation peut se faire directement (finance directe ou intermédiation de marché) ou indirectement (finance indirecte ou intermédiation de bilan).

Que ce soit dans l’un ou dans l’autre cas, le système financier sert d’interface entre les demandeurs et les pourvoyeurs de capitaux. Lorsque vous déposez des fonds sur votre compte en banque, ceux-ci serviront à octroyer des crédits à des entreprises. De même, lorsque vous souscrivez à un emprunt obligataire d’une institution financière, les fonds collectés par cet organisme permettront de financier des entreprises industrielles et /ou commerciales sous la forme de prêts. En plus lorsque vous souscrivez à un contrat d’assurance-vie, sachez que la compagnie d’assurance placera les fonds collectés sur le marché obligataire, sur le marché de l’immobilier, etc : on parle de l’intermédiation financière (Vernimmem, 2002).

Dans les pays développés d’Europe et d’Amérique dans lesquels les entreprises sont très spécialisées, on rencontre quatre catégories d’intermédiaires financiers. Il s’agit notamment des banques, des assurances, des fonds de pension et des OPCVM. Ceux-ci détiennent environ 50% du capital des entreprises en France, 60% aux Etats-Unis et 75% en Grande-Bretagne (M’Barek, 2001). Les économistes s’accordent en effet pour dire qu’au-delà du phénomène de la désintermédiation, une nouvelle forme d’intermédiation a pris place, dans un environnement caractérisé par une formidable croissance des activités de marché. L’idée selon laquelle l’élargissement des instruments financiers mis à la disposition des agents les amène à se financer davantage par l’émission de titres que par le recours au crédit. Ainsi, on évoque souvent le rôle accru joué, depuis le milieu des années quatre-vingt, par les établissements de crédit et les intermédiaires non bancaires sur les marchés financiers (Gunther, 1999).

Dans le contexte africain, Avant les années 70, les économies étaient caractérisées par endettement, marqué par une prédominance de l’intermédiation bancaire liée à la faiblesse et à l’étroitesse des marchés de capitaux, une concurrence insuffisante entre institutions financières où les circuits de financement et de collecte de l’épargne sont étroitement cloisonnés et spécialisés et un strict contrôle par les autorités monétaires de la distribution du crédit et des opérations financières avec l’étranger (Hassena , 2006). Au Cameroun, le système financier a été longtemps contrôlé par les banques qui assuraient seules l’intermédiation financière.

Mais, depuis quelques années, suite à la libéralisation financière des années 80, et à la crise du secteur bancaire, on assiste à l’entrée dans le monde financier des autres établissements de crédit (micro finances) et l’expansion des marchés de capitaux qui suscite une diversification de l’intermédiation financière, tout comme l’émergence des nouveaux intermédiaires financiers.

Si l’étude de l’influence de certains indicateurs sur les résultats bancaires occupe depuis longtemps une place importante dans la littérature économique et financière, un nouvel éclairage de la question est nécessaire. C’est ainsi que notre étude se propose de traiter de l’activité d’octroi de crédit en relation avec la rentabilité bancaire.

1 Douala Stock Exchange, c’est l’entreprise de marché sur le marché camerounais. c’est une société anonyme avec conseil d’administration d’un capital de 12 000 000 000 FCFA qui bénéficie d’une concessionnaire exclusive de service public (cours du droit bancaire et boursier du Pr KALIEU ELONGO Yvette, 2012).
2 Organismes de placement collectif en valeurs mobilières. Ils sont composés des sociétés d’investissement à capital variable (SICAV) et des fonds commun de placements (FCP)

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