Conclusion

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En miroir de l’introduction, nous conclurons avec une parole du sociologue Bernard Mottez : « Cent ans de déni de la langue des signes après le Congrès de Milan n’ont pu, malgré les pages les plus sombres de l’histoire de l’intolérance, abolir la langue et la culture sourdes » (1997).

Il est vrai, nous l’avons vu tout au long de cette étude, que la surdité n’est pas qu’un diagnostic médical : c’est aussi et surtout un phénomène culturel, dans lequel les aspects et les problèmes sociaux, affectifs, linguistiques et intellectuels sont inextricablement liés.

Dans la culture sourde, la différence entre sourds et entendants n’est pas définie en termes d’audition, mais en termes de mode de communication : les entendants parlent avec leurs lèvres, tandis que les sourds parlent avec leurs mains. Ainsi, un sourd est handicapé chez les entendants, de la même manière qu’un entendant l’est parmi les sourds.

Il est vrai également qu’une même déficience ne représente pas le même handicap selon les orientations et les modes d’organisation des sociétés. Aujourd’hui, en France, il semble que la société soit devenue plus accueillante envers les sourds et la surdité. Les pouvoirs publics et les établissements culturels mettent tout en œuvre également pour améliorer leur insertion et leur accessibilité. Le guide, en médiateur, participe à cette bataille en tenant compte de tous les enjeux que peut soulever le fait de guider en LSF.

Aujourd’hui, l’évolution scientifique au sujet de la surdité pose une question éthique : les progrès scientifiques visant à guérir la déficience auditive menacent d’éradiquer toute une culture. Il est donc possible que l’on soit confrontés à l’absence totale de population sourde dans les générations à venir avant même que celle-ci ne soit réellement intégrée dans notre société… Dans tous les cas, s’il est peut être bénéfique d’éviter ce handicap aux générations futures, il ne faut pas oublier ce qu’est la culture sourde, et à l’image du travail du guide, il ne faudra pas oublier de la transmettre aux générations futures.

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