Conclusion

Non classé

Ce que l’on ramène aujourd’hui à l’invisible a au fond pris ses sources dans la part d’une démarche utilisateur. Celle-ci nous apparaît comme la première démarche associée au design, un premier pas vers une théorie attendue au cours de longues années de pratiques et d’interrogations. Aujourd’hui, cette démarche semble réunir les idéaux d’une époque parlant même d’un tournant, d’un « nouveau design ». L’utilisateur ainsi fait muse devient donc le centre d’une expérience qui, lorsqu’elle est réussie s’intègre subtilement dans son environnement. L’objet, porté par l’image futile et consommatrice associée « par-dessus le chapeau » au développement du design, devient ainsi obsolète.

De cette manière aujourd’hui il n’est plus rare de lire tout un article sur le design sans même une fois y trouver l’énonciation du mot « objet », plus encore, certains designers dissocient le design de l’objet assurant qu’il n’y a dorénavant plus d’objet dans le design. Le design est expérience. Le design est invisible. L’objet n’est plus.

Mais au fond, le design n’a-t-il pas toujours été une expérience ? Même à travers l’objet ? Sans quoi pourquoi la démarche de design ferait-elle la différence ? Pratiquer l’objet de design suscite la curiosité, l’envie, le désir, la découverte, la surprise… Le design est vecteur de multiples émotions, et ce depuis toujours quel que soit son support de manifestation.

Et le design suscite de l’émotion car il parle à l’Homme, seule entité à pouvoir recevoir, ressentir, à pouvoir percevoir le design. Ainsi, depuis toujours, le design a été créé pour l’Homme et par l’Homme et, par cette image, prouve qu’il s’est en fait inscrit dans une démarche utilisateur dès sa conception.

Le design que nous pratiquons aujourd’hui et que l’on présente comme une révélation novatrice ne semble au fond pas si éloigné de ses racines. Les principes forts que l’on porte à travers la démarche utilisateur puisent dans les idées qui ont appartenus à tous les penseurs du design et la différence que l’on note ne se fait pas dans la nouveauté mais dans l’adaptabilité. De cette manière, nous n’avons pas apporté de nouveaux éléments, nous avons hiérarchisé ceux existants par le rôle et l’importance déterminés par la société moderne. Le si futile objet est ainsi relégué au second plan. Nous sommes alors en train d’évoluer d’un objet qui « n’est plus » à un objet « second plan ».

Car il apparaît bien que le design a toujours été une question d’interactions, d’usages, de comportements, d’expérience, d’utilisateur et… d’objet. Finalement, peut-être bien que, oui, le design est et reste une question d’objet.

Car qu’importe ce qu’il est, l’objet est.

L’objet est partout dans notre environnement, l’objet compose, l’objet définit, l‘objet nous définit. Ainsi, même si l’on parle d’expérience, celle-ci se révèle à travers l’objet, il est celui qui permet d’accéder à cette expérience. Lorsque l’on pense à un service, une matière d’origine invisible, on va en créer la visibilité pour l’utilisateur et l’on va en faire un objet ; et inversement, lorsque l’on pense à un objet on va en faire une expérience, un service.

L’objet du design est ainsi toujours l’objet et l’expérience apparaît comme la façon dont on le pense et on le transforme, c’est un résultat. L’expérience est alors définit par l’objet, par la pensée du designer : la pensée du designer est objet.

De cette façon, malgré les courants idéologiques, l’objet ne peut pas être effacé et encore moins dissocié. D’une certaine façon, cet objet est la trace du design est impliqué que la pratique de celui-ci ne peut pas être totalement invisible. Il se découvre et agit à travers une chose, le design est.

Le design à travers son évolution aujourd’hui a su s’adapter à son environnement mais il doit penser à ne pas perdre une part identitaire importante.

Il n’existe a au fond pas de réponse suprême autour du bon design et nous pouvons le rapporter de manière empirique à une action de pensée intelligemment pour son environnement. Au-devant d’un environnement changeant et d’un design qui se révèle multiple tant par ses capacités d’application que par une composition pluridisciplinaire, cette discipline nous montre qu’il ne peut pas y avoir de démarche exacte du design car il n y a tout simplement pas de design exact.

Au fond, l’objet est ce que l’on veut en faire, le design est ce que l’on veut en percevoir.

Page suivante : Bibliographie

Retour au menu : Invisible Design : la part belle à l’invisible