CHAPITRE II : ACTIONS CONCRETES ET DE CONCERTATIONS FACE A LA MENACE TERRORISTE AU SAHEL

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Terrorisme, criminalité, piraterie, conflits internes, coup d’état, déstabilisation des pays secoués par le « printemps arabe », chaos en Libye, crise au Nord du Mali…l’année 2011 et 2012 n’aura pas épargné la sécurité de l’Afrique, qui connaît une situation toujours préoccupante, malgré des avancées positives (création d’un nouvel Etat au Sud-Soudan, résolution de la crise ivoirienne etc.). Les facteurs d’insécurité se diversifient, la violence ne recule pas et jamais les activités illicites n’ont connu une telle ampleur. Les Etats du continent ne parviennent pas à trouver la stabilité et la sécurité nécessaire à leur développement, malgré les efforts entrepris depuis plusieurs années. En effet, les pays d’Afrique subissent les effets de trois phénomènes : la persistance des conflits internes et des rebellions locales, le développement du crime organisé et l’enracinement du terrorisme djihadiste incarné par AQMI, les milices somaliennes AL-SHEBAB SHEBAB et la secte islamiste nigériane BOKO HARAM. Ces phénomènes concomitants représentent un défi considérable pour les pays africains.

Depuis la mort de Ben Laden (le cerveau d’Al-Qaïda), si la dynamique de l’islam salafiste combattant semble marquer le pas au Moyen-Orient, son berceau, elle connaît un élan nouveau en Afrique, précisément dans sa partie sahélienne. Ce qu’il faut retenir, c’est que même si le terrorisme n’est pas encore profondément ancré dans les pratiques africaines, le continent renferme les germes d’un terrorisme en puissance. Le procédé risque de prendre de l’ampleur et éclore véritablement avec le temps si la situation sociale demeure statique et que les marchands d’illusions parviennent à récupérer les mécontentements populaires pour en faire une arme à leur disposition. A cet égard, l’extrême difficulté des Etats à exercer leurs fonctions régaliennes sur de vastes espaces dont ils ont la charge représente la problématique centrale de la sécurité des Etats africains.

En l’absence de décisions rapides et fortes au niveau régional (CEDEAO), continental (UA) et international, tous les scénarios seront ouverts et le risque à venir est celui de voir un sahel dans le chaos propice à la propagation de l’extrémisme religieux et de la violence terroriste et au-delà. Il est donc urgent d’adopter une stratégie cohérente et efficace contre le danger terroriste au sahel (Section I) et un système antiterroriste qui intègre des objectifs communs face à cette menace (Section II) avant que ne survienne un retournement de situation qui ferait du continent africain une place forte de cette pratique.

Malgré cette avalanche de nouvelles préoccupantes, nous sommes convaincus que les raisons d’espérer existent. C’est pourquoi il est essentiel de suivre avec vigilance tous les facteurs de déstabilisation du continent africain, lequel jouera, au XXIe siècle plus que jamais auparavant, un rôle essentiel pour la stabilité mondiale.

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