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A]Une nouvelle notation plus réaliste

ADIAL

1°)Les raisons d’une nouvelle notation

Pour apprécier les risques pays, la plupart des notations sont axées sur la liquidité et la solvabilité globale des pays. Dans ce cadre la Coface a toujours eu la spécificité d’appuyer son appréciation des risques sur son expérience macroéconomique. Ainsi, outre les perspectives macro-financières et politiques, l’expérience de paiement sur les entreprises est un facteur qui permet d’élaborer les notes Coface rating par pays mais également par secteurs d’investissement. Toutefois, afin d’améliorer l’approche des risques de crédit sur les entreprises, il est important de prendre en compte davantage l’environnement des affaires. En effet, pour apprécier le risque de crédit à sa juste valeur il est nécessaire pour ne pas dire vital de savoir si les comptes des entreprises reflètent bien la réalité de leur situation financière et si, en cas d’impayé, le système juridique local permettra un règlement équitable du litige. Il est donc important de pouvoir fournir aux entreprises, qui développent leurs relations commerciales à l’international, des outils de suivi et de contrôle leur permettant de connaître les risques de financement auxquels elles s’exposent et ainsi d’en dégager les éléments de maîtrise.
Les nouvelles notations « environnement des affaires » dégagées par les institutions financières et par certaines agences de notation privées vont dans ce sens. Elles se fondent sur un réseau mondial d’expertise qui leur apporte leur expérience en matière de souscription des risques, d’informations sur les entreprises et de gestion des créances. Dans ce cadre elles sont à même de conseiller leurs clients au mieux de leurs intérêts. On comprend aisément pour une entreprise tout l’intérêt de la démarche. Effectivement l’entreprise pourra entrer dans la relation commerciale de façon apaisée et ainsi créer un partenariat global avec l’entreprise étrangère en question. Lorsqu’elle va contracter la société n’aura plus à faire de recherches poussées sur l’environnement du pays dans lequel elle va contracter.
Cependant gardons-nous bien de conférer à ces notations un blanc seing qui serait à coup sûr fatal aux investissements de sociétés exportatrices trop crédules. Comme nous allons le voir dans nos développements futurs ces notations reposent sur le même principe que celles établies par les agences de notation sur les marchés boursiers pour noter la compétitivité et la performance financière des entreprises. Or on a vu, par le passé, que ces notations n’ont rien d’infaillibles. Il suffit pour s’en convaincre définitivement de se reporter au scandale ayant suivi l’affaire Enron aux Etats-Unis . Mais voyons à présent comment celle-ci fonctionne plus précisément.

2°)Comment fonctionne cette notation

Cette note a pour objectif d’évaluer la qualité globale de l’environnement des affaires dans un pays. Elle mesure plus précisément si les comptes des entreprises sont fiables et disponibles, si le système juridique assure une protection équitable et efficace des créanciers et si l’environnement institutionnel et réglementaire est favorable aux transactions interentreprises. Comme pour la note pays, les notes se situent sur une échelle de 7 niveaux, A1, A2, A3, A4, B, C, D dans l’ordre croissant du risque. Cette note est composée de deux modules :
– Le cœur de cette nouvelle notation repose sur la qualité des informations disponibles sur les entreprises et sur la protection juridique des créanciers. On recherche donc, dans ce cadre, la qualité et la disponibilité des informations financières (cadre légal pour la publicité des comptes, accessibilité et fiabilité des comptes,…) et la protection des créanciers et l’efficacité des procédures de recouvrement des créances impayées.
– Cette notation est complétée par un module sur la qualité de l’environnement institutionnel. Il évalue la qualité des institutions dont les forces et faiblesses peuvent affecter les entreprises, telles que l’efficacité des services publiques, la qualité de la réglementation, le respect de la loi et le degré de corruption. Dans ce cadre sont notamment pris en compte l’indicateur d’efficacité du gouvernement fourni par la banque mondiale, l’IDH , l’indice de qualité des infrastructures, la qualité de la réglementation, le respect de la loi qui est appréhendé en mesurant la confiance qu’ont les agents économiques en leur système judiciaire, l’efficacité et la transparence de la justice et le respect des contrats. Enfin est, naturellement pris en compte l’indice de corruption qui mesure la perception de la corruption dans le pays.

B]Mise en place d’une architecture de sécurité d’entreprise

Appréhender la gestion du risque pays nécessite une approche structurée, basée sur un concept qui passe en revue les différents aspects de la sécurité à mettre en place pour garantir une sécurité optimale et efficace. Pour ce faire trois piliers sont nécessaires à la mise en place réussie d’un programme de gestion du risque pays dans l’entreprise :
– un état d’esprit volontariste. La direction doit s’inscrire dans une démarche proactive en matière de stratégie sécuritaire. Le rôle de la direction est primordial car elle doit appréhender les objectifs de l’organisation, prendre conscience des risques liés à la perte d’informations et donc définir la ligne directrice en matière de sécurité et s’assurer de la mise en œuvre effective de ces mesures ;
– une structure de la direction sécurité de l’information qui va accompagner les objectifs économiques de la société tout en gérant les risques liés au développement international de la société ;
– une formation et une veille technologique permanente autrement dit une protection accrue du savoir de l’entreprise. Dans ce but les salariés sont des éléments clés dans un programme global de sécurisation de l’information. Il faut donc, pour la direction, tenter de les intéresser au processus de sécurité des bases de données critiques de la société afin que ceux-ci se sentant intégrés en comprennent le sens et la portée.
L’évolution de l’activité de l’entreprise influe sur la stratégie sécuritaire et, si la veille technologique en interne est indispensable, elle n’est néanmoins pas suffisante c’est pourquoi les entreprises le plus souvent vont avoir recours aux systèmes de notation en externe afin d’avoir une vision plus globale et donc plus sécurisante du risque-pays.

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