Annexe 6 G : Entretien E7

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Mardi 16 avril 1 16h
École Willingdon

A : Enquêteur
R : Madame R

1 A : La première chose dont j’aimerais vous parler, c’est ça, c’est plus de votre parcours, à commencer par Montréal. Depuis combien de temps vous habitez Montréal ?

2 R : Bin moi, je suis née ici. Et mon mari, il est venu ici. Il était né au Nicaragua, alors il est d’origine latino. Il est venu ici, je pense il avait peut-être 16 ans, 15, 16 ans quand il est arrivé ici… Puis… c’est ça.

3 A : Et vous, vous êtes née ici alors.

4 R : Moi, je suis née ici.

5 A : Et vos parents également ?

6 R : En Italie.

7 A : Ils sont Italiens.

8 R : Oui, il sont Italiens. Ils se sont mariés ici. Ils se sont rencontrés ici. Ils se sont mariés ici. Puis… après, je suis née

9 A : Et pour quelles raisons, ils sont venus ici vos parents ?

10 R : C’est à cause de… en avant, en 1960, c’était l’ouest, c’était l’Amérique, c’était…. pour travailler, c’était vraiment plus facile de travailler ici qu’en Italie. Alors… ils sont venus pour faire une vie mieux.

11 A : D’accord… On peut dire… plus agréable.

12 R : Bah là, ils avaient de la misère de trouver… Comme tous les deux, ils viennent d’un petit pays, d’un petit village…il n’y a pas beaucoup d’opportunités. Vous devrez vraiment… Si ton père était le… le laitier, le monsieur qui porte du lait, c’est sûr que toi aussi, tu va être le laitier. Si ton père il était… C’est vraiment…

13 A : L’ancien un petit peu tradition, mode de vie…

14 R : Oui. Même maintenant, c’est la même chose. Il y a souvent les enfants qui font le même métier de leur père. Il y a pas beaucoup de femmes qui travaillent parce que c’est vraiment un petit village. Alors mon… mon père, il était le premier qui est venu ici, puis il a commencé à travailler parce qu’il y avait… C’est vraiment facile facile de trouver de… Il cherche le… pour la construction… Peut-être que c’est pour ça que tous les Italiens sont de la construction ici à Québec, mais… puis il a commencé à travailler ici, puis il a envoyé l’argent à son père, sa mère, les frères, les sœurs. C’est lui qui les a fait venir ici. Et à l’autre côté, ma mère, c’était elle et la grande sœur qui est venue avec son mari, puis elle a envoyé l’argent pour ma mère et les sœurs qui sont venues. Et après, ils se sont… Mon père, ma mère, ils se sont rencontrés, ils se sont mariés ici.

15 A : Donc vous avez vraiment… toute votre famille… Vos grands-parents, vos parents, vous les avez encore.

16 R : Mon père est décédé. Mais… ma grand-mère, mais j’avais tous mes grands-parents avec moi quand j’étais née. Je connais mes grands-parents. Maintenant ils sont tous décédés. Mais, même (?)… mais les autres enfants, les 3 plus grands, les enfants plus grands sont rencontrés ma grand-mère.

17 A : Oui vous avez des enfants plus âgés99 ?

18 R : Oui. On a commencé… après un an de mariage. Moi je voulais 5 Mais, c’est pas arrivé comme ça. Je suis tombé malade après le 3ème. Puis, après ça… quand le médecin a dit « OK, si tu veux un autre, tu peux faire maintenant ». Mais tout le monde m’a dit : « Ha, t’as 40 ans déjà Vous avez déjà 3 en… A le plus petit avait déjà 4 ans, quelque chose comme ça – le temps que tu fais l’autre, il va avoir déjà 5 ans « . Les 2, les 3 sont vraiment proches. La première Melissa, elle avait ni même 4 ans et j’avais déjà le 3ème.

19 A : Mais ils ont quel âge maintenant ces enfants ?

20 R : 19, 17 et 15.

21 A : Est qu’ils ont suivi le même parcours que Julien ? C’est-à-dire une école en immersion ?

22 R : Là, Mélissa, elle a commencé ici. Elle a commencé ici. Mais, elle avait eu une éducatrice vraiment… Elle crie beaucoup. Elle voulait pas venir, elle… Elle était en Italie avec ma mère tout l’été. Elle ne voulait pas retourner à Montréal. J’ai parlé avec elle, j’ai dit : »Melissa, regarde C’est l’année que tu commences l’école Tu vas à la grande école L’autobus vient vous chercher « . Elle a dit : « OK, OK, je retourne » Parce qu’elle voulait rester en Italie. Elle aimait beaucoup. Alors, elle est venue. Elle était tellement excitée de venir ici. Mais comme elle est tombée sur une éducatrice qui crie beaucoup, elle voulait pas venir. Et comme elle a un caractère très fort – vous pensez que Julien a un caractère Ouh là là, elle a vraiment Elle me dit non : quand je sors de l’autobus, je commence à retourner à la maison. Je… je pouvais pas. Chaque jour, c’est de la misère Puis, elle voulait vraiment Mme B100. Elle voit Mme B, elle est : » Woua c’est… Pourquoi tous mes amis sont avec elle. Moi aussi, je veux elle « . Le… le principal101,. elle voulait rien savoir de changer. Elle dit toujours separation.anxiety102,.j’ai dit : « Madame, elle était en Italie pour 3 mois sans moi, elle a pas peur d’être séparé
de moi, c’est vraiment… elle crie, elle aime pas comme cette femme crie tout le temps, tout le temps ». Finalement, je l’ai changé à l’autre école french.immersion103. Je ne sais pas si vous connaissez Montreal West Edinburgh ?

23 A : Oui.

24 R : Elle était là. Dès que la première semaine a changé un mardi, et puis le weekend, c’était le weekend Action de grâce, elle était prête
« Where.are.you.going.?104″.
« Je vais à l’école  »
Je lui ai dit : »Non, non, non, c’est fermé  »
« Oh, mais moi, je veux  »
Elle était vraiment… Puis le 2ème, Jean Daniel, il a commencé à la maternelle à Edinburgh. Puis, après ça, j’ai changé à l’école française. Parce que j’ai commencé à voir que dans les écoles french.immersion, les premières 3 années, c’est correct. Puis, moi, je pense que c’est plus facile pour les enfants quand ils sont jeunes pour apprendre une langue. Alors, je l’ai laissé là pour le… mais la 3ème année, quand Melissa était dans la 3ème, elle était prête pour aller dans la 3ème année, ça commence à introduire l’anglais… Alors, moi, je pensais, je me dis, franchement à la fin de la 6ème année, j’avais de mes nièces qui sont toutes là, vous n’êtes pas ni 100% en anglais, ni 100% en français. Alors j’ai dit, je préfère… que maintenant ils aient un peu de… background105, un peu plus de français, ils sont plus capables, je mets dans une école en français. Alors, je l’ai transféré à l’école Notre-Dame-de-Grâce106. Puis là, Melissa était restée là pour… en 5ème année, elle a transféré à l’école Anibert, parce que je sais pas si vous connaissez cette école ? C’est prêt d’ici. Hannibert. En avant c’était vraiment une école cyclique, juste 5ème et 6ème année. Et il travaille… c’est comme une école alternative. Il travaille sur des projets. Alors, elle a voulu vraiment aller là et c’était vraiment une école formidable.

25 A : En français ?

26 R : En français… Ils ont fait des projets de média, le média communication, de movies107, des choses comme ça, la littérature. Elle a commencé à lire Victor Hugo, Les misérables, The.count.of108… ah non, ça, c’est Dumas. Mais elle a commencé vraiment à faire de la littérature vraiment qui font dans les écoles secondaires. Elle a appris le français, si je te dire, même qu’aujourd’hui, elle a fait une entrevue à l’Université Concordia109 pour un programme. Elle doit être complètement bilingue. Là, le monsieur lui a demandé : « Mais, c’est quoi la langue maternelle, le français ou l’anglais ? « . Elle est vraiment vraiment … Mais, elle a vécu avec des francophones, parce que c’est une école française. C’est pas comme ici… ils apprennent en français, mais une fois dans le couloir, une fois dans la cour, à la maison, c’est tout en anglais. Ils vont, comme Juju va avec Luca, ils vont en anglais. Mais, Mélissa, elle était avec des francophones, alors quand elle va aller au cinéma avec ces amies, c’était en français. quand elle va chez ses amies, c’était… la famille parle en français. Alors, elle a vraiment… elle a pris… pas juste la langue, mais la culture francophone.

27 A : C’est quoi la culture francophone ?

28 R : … C’est… elle… Bah, elle parle même avec l’accent des fois, avec… leurs manières… Ils sont habitués à manger d’une certaine…

29 A : La culture Québécoise ?

30 R : Québécoise, oui, c’est ça. Ils sont… Elle a vraiment appris comme ils font, c’est… C’est différent que les anglophones, je pense des fois que les anglophones sont… Nous sommes un peu plus… A cause que nous sommes avec… les États-Unis, nous sommes plus conscients de… designer. clothes,. like. brand110. Comme les québécois, c’est pas la France, la France c’est designer, c’est Paris, c’est quelque chose de différent. Mais, les québécois ici, ils s’impliquent pas beaucoup de choses comme ça. Dans l’école, comme ici, vous com… je sais pas, vous avez travaillé ben, ici, dans l’autre école aussi, à… LaSalle111, mais quand c’est la graduation de 6ème année, ils font une grande chose, comme si c’est vraiment la graduation de… Mais, dans l’école en français, il vont faire une… un petit voyage à Québec.City112..Ils prennent la croisière, ils font ça, ils retournent. Ils font pas les grandes… Ils sont pas fancy113,.ils sont pas… Ils sont plus…

31 A : Et vous préférez.

32 R : Bah, ils sont plus… you.know,.down.to.earth114, je sais pas si vous comprenez ce que je veux dire.

33 A : terre à terre ?

34 R : Bah, comme nous habitons à Québec, j’aimerais qu’elle comprenne… Bah, elle suit, Melissa, elle… Bah, mes enfants, tous mes enfants, ils sont exposés à la culture italienne, à la culture latino. Puis, nous sommes à Québec Et nous… nous vivons la vie anglophone parce que… c’est ça, moi et mon mari, nous parlons anglais entre nous.

35 A : A la maison, c’est anglais.

36 R : Oui. C’est anglais. Puis, toutes les choses à la télévision, c’est beaucoup, c’est… Moi, j’ai jamais fait de… câble115, tu sais pour avoir les… les canaux américains. J’ai 4 quatre canaux à la maison : le 2, le 10, le 12 et le 6. Alors, des fois, Julien, il regarde les choses en français, les… les animations en français… Mais les enfants, les plus grands, ils étaient plus avec ça, avec des petits spectacles en français : Macarroni116, Anne Brocoli117, des choses comme ça. Julien, non. Parce qu’il y a des enfants qui sont plus grands. Ils… On a juste une télévision, même on a 4 enfants. Et c’est toujours ceux qui sont plus grands qui monopolize118 la télévision avec leurs films, les choses comme ça. Mais…

37 A : Mais eux, les plus grands, ils écoutent plutôt en français ?

38 R : Non, en anglais. Oui, en anglais. Les 2 autres garçons, ils sont allés… Justin, le 3ème, il a commencé à l’école en français. Mais… à la fin, c’est là que j’ai vu vraiment, c’est vraiment l’enfant. C’est vraiment l’enfant. Parce que, comme Melissa, elle a juste transféré à l’école en français en 3ème année, Jean Daniel, il a fait 1 an maternelle, mais c’est french.immersion, C’est-à-dire que c’est toujours en français. Puis, Justin, il a commencé vraiment à l’école en français. Vous pouvez pas comparer le niveau de français de Melissa avec celui de Jean Daniel et de Justin. C’est vraiment différent.

39 A : Parce qu’ils ont pas les mêmes aptitudes… ?

40 R : Oui. C’est ça. Ils ont… Je pense que… le cerveau de Melissa fonctionne d’un type, et là, les garçons sont d’un autre type. Mais c’est pas facile pour eux. Même maintenant, ils ont toujours la misère Tu peux parler avec mes garçons, vous croyez jamais qu’ils sont allés à l’école en français. Ils parlent vraiment comme des anglophones qui ont un accent. Mais, Melissa, non, c’est vraiment… Alors… Et Justin, il était jusqu’à l’année dernière. Même à l’école secondaire, il est allé en français. Finalement, je l’ai retiré. Même Julien, il a commencé à l’école en français. L’année dernière, il était à Sainte Catherine de Sienne119. Pour des raisons de… politique, je l’ai enlevé, parce que, vraiment, j’ai vu une différence comme ils… ils traitent les anglophones et les allophones et comme ils traitent les anglophones.

41 A : Ha bon ? C’est quoi alors ?

42 R : quand j’étais à l’école Notre-Dame-de-Grâce, c’était pas évident, mais beaucoup de familles, là, sont moitié-moitié. Alors, il y a le respect mutuel. Il y avait aucun problème. Mais là, à Sainte Catherine de Sienne, et à l’École secondaire Saint Luc120, c’est vraiment quelque chose là.

43 A : francophone, que des francophones ?

44 R : C’est pas même(en chuchotant)… Ce n’est même pas francophone (en chuchotant) C’est vraiment, c’est plein des… allophones… ou des anglophones qui ont pas le droit d’aller à l’école en anglais. Et les… l’administration, qui sont des Québécoises, il nous traite comme… nous ne sommes pas importants… Et c’est une chose que… j’ai sentie vraiment beaucoup à l’école secondaire. Mais j’étais vraiment étonné quand j’ai commencé à voir ça dans l’école Sainte-Catherine de Sienne… Et, autre chose, j’étais… je suis pas sûre de ça, mais… je suis allée dans une réunion avec le gouvernement. C’était… une réunion, ça supposait être une réunion pour des enfants, allocations pour des enfants handicapés, comme je suis la directrice d’un centre pour la petite enfance. Puis là, ils ont commencé à parler des allophones, des anglophones… Il y avait des orthophonistes. Puis moi j’ai dit : « Excusez-moi, je suis un peu confuse. Pourquoi ? Je pensais que j’étais ici pour… comprendre comment on agit avec des enfants qui sont handicapés Mais vous parlez des allophones, des anglophones ». Puis, on a dit : « Bin, c’est comme des… ils sont handicapés parce qu’ils parlent pas le français ». Puis, moi, je suis restée un peu étonnée. J’ai dit : « Regarde, c’est pas un handicape Ça, c’est un disadvantage121. Comme moi-même, je suis ici à cette réunion Vous avez une… personne qui fait la traduction. Je comprends pas tout tout exact Moi, je suis dans une disadvantage à vous, mais je suis pas handicapé parce que je comprends pas exact. Je suis pas capable de communiquer exact, 100% français « . Alors, c’est ça qu’ils font. Puis, ils ont demandé de… remplir à Sainte Catherine de Sienne. C’est moi qui a reçu ces… puis au moins, tous les enfants qui sont pas francophones, qui sont pas québécois… on a reçu une petite lettre pour donner le droit de… que l’enfant va l’orthophoniste. Puis, moi, j’ai demandé pour plus de renseignements, ils voulaient pas m’élaborer. Alors, j’ai pas signé. Puis, 3 fois, ils me l’ont demandé. Alors, moi, j’ai dit : « Regarde, moi, je signe pas avant que tu parles avec moi. Je veux comprendre exact pourquoi vous voulez que je signe ici ». Alors, ils ont dit : « Bah, c’est juste parce que, comme… il n’est pas francophone, il a besoin d’apprendre le français mieux… on voulait votre permission qu’il travaille avec une… pédagogue ». Alors, j’ai dit : « Mais ça, c’est… part de votre travail « . Mes autres deux enfants qui étaient à Notre Dame de Grâce, on est allé sans problème… on l’appelle la petite école. Ils vont à la petite école 2 fois par semaine. Le pédagogue vient, elle cherche 3 ou 4 enfants, elle met dans une chambre séparée pour travailler plus fort avec, pour augmenter leur français. J’ai dû pas remplir des feuilles. Puis, après j’ai compris, ils voulaient avoir des subventions pour ça.

45 A : D’accord. Oui, ils ont un quota de personnes…

46 R : Oui. Mais là, je peux vous dire, avec mes 2 garçons, c’était moi qui ai payé pour le tutorat. Parce que, chaque semaine, même si c’était dans la première année, c’est moi qui aie pris la décision d’emmener mes enfants dans un milieu complètement français, alors c’est moi qui dois prendre la responsabilité pour aider mes enfants. Comme je suis pas tout à fait capable de les aider (rire)… Vraiment je peux dire, 1ère année, ils donnent une petite feuille avec des photos, puis ils laissent quelques lettres, et ils laissent les petites lignes vides. Mais quand il y a une photo de quelque chose, puis la 1ère ligne est vide… moi, je suis perdu, parce que j’ai aucune idée comment ça s’appelle. quand il y a le premier, je peux utiliser le dictionnaire. Alors, finalement, je dis non, non, non, non, j’ai besoin d’engager un tutorat. Alors, pour mes garçons, une fois par semaine, chacun est allé avec un tutorat. C’est moi qui ai payé pour ça. C’est moi aussi qui ai payé pour une orthophoniste… pour Jean Daniel, parce qu’il avait la misère de prononcer le son « k »… Là, ils auraient jamais aidé moi, ils auraient jamais donné des subventions. Mais comme j’ai compris, là ils veulent que je signe pour Julien pour avoir les subventions pour l’école, mais, c’est toujours moi qui doit payer… pour ça. Alors je veux pas mon enfant d’être… catégoriser comme handicapé. Parce que là, à la fin, ce qui est arrivé avec Jean Daniel… Quelqu’un m’a appelé de l’Université de Montréal pour faire une étude sur les enfants handicapés J’ai dit : « Mais… qui a dit que mon enfant est handicapé? » Puis il a dit : « Bah, l’école » Il est sur… ils ont lui fait le code qui est handicapé Alors, je suis allée à l’école : « Pourquoi il est handicapé ? Et moi, je savais rien. Parce que personne m’a aidé S’il avait un problème, j’étais pas au courant  » Puis là : « Non, non, c’est parce qu’il est allé à la petite école ». J’ai dit : « Il est allé à la petite école en 1ère année. Puis après ça, j’ai engagé un tutorat pour lui et il était correct  » Après sa deuxième année et plus, il est jamais allé. Même Justin, 1ère année avec la pédagogiste, mais après ça, il est… ils sont capables avec le tutorat une fois par semaine. Et c’est correct pour… mais avec Jean Daniel, ils ont vraiment mis le code d’enfant handicapé. Alors moi, j’ai eu peur de ça, et je voulais pas. Puis, là, j’ai commencé à parler avec d’autres parents et c’est… Je suis pas la seule qui est tombée comme ça. Alors, j’ai dit : « … Tu sais, peut-être c’est mieux si je, à la fin, je viens dans une école french immersion ». Alors, j’avais le choix entre Edinburgh et Willingdon. Moi, j’ai toujours préféré Willingdon. Melissa, elle a pas aimé. C’était pas bien allé pour elle. Mais, chaque enfant, j’ai déjà compris à ce temps-là que chaque enfant est différent. Alors, même que c’était négative pour Melissa, ça veut pas dire que ce soit négatif pour Julien. Alors, j’ai choisi ici.

47 A : Peut-être que vous pensez mettre Julien en école francophone un peu plus tard… en primaire ?

48 R : Bah, là, j’ai… j’ai dit toujours… c’est leur choix pour l’école secondaire. Alors, Melissa, elle a choisi ou aller à l’école Notre Dame, ou à l’école Royal West122. C’est une école en anglais, mais french.immersion, alternative. Elle s’est diplômée, elle avait le certificat bilingue. Jean Daniel aussi, il était accepté là, parce que c’est très difficile d’être accepté dans cette école, c’est presque comme celui-là à Ville LaSalle… On doit faire des examens, des choses comme ça. Mais Justin, non. Alors il est allé à l’école secondaire. Il a choisi Saint-Luc. Parce qu’il a dit : « OK, si je peux pas être avec ma sœur et mon frère, j’aimerais aller avec mes amis ». quand tu vas dans une école en français, c’est sûr que tes amis sont français. Ils vont à l’école en français. Mais, à la fin, ça n’a pas fonctionné bien pour lui, pas du tout.

49 A : Finalement, à l’école francophone, vous n’avez pas eu de bonnes expériences.

50 R : Bah, ce que j’ai noté ici. Bah, ici, à Québec, le problème, c’est que l’école publique francophone, ce sont pas des Français. Ce sont des allophones, des immigrants. Les français, ils vont à l’école privée. Parce que l’école privée en français, ça coute pas trop cher, ici. L’école en anglais, oui. L’école en anglais commence vers 10 000 et plus. L’école en français, de 2 500 à 4 000, par année. C’est vraiment affordable123. Alors, tous les enfants qui sont avec Melissa… Et aussi, Melissa et les autres 2 garçons, ils sont allés à l’école ici Notre Dame de Grâce, c’est même… le milieu, c’est plus… professionnel. Comme les maisons par ici coutent plus cher, les personnes qui vont là sont… des personnes qui sont des professionnels. Ils ont un intérêt dans l’éducation.

51 A : D’accord, les parents vous voulez dire ?

52 R : Les parents, oui. Les parents vont prendre l’initiative. Ils s’impliquent dans l’éducation de leur enfant. Ils sont là pour assurer que leur enfant a tous les… les outils pour réussir.

53 A : Donc c’est pas les mêmes parents à Notre Dame, que l’on trouve dans d’autres écoles francophones. C’est plus des allophones…

54 R : L’autre école… oui, à l’autre côté, où Julien a été l’année dernière, c’est plus des allophones qui sont là, des immigrants… qui sont comme moi. Nous sommes pas très très capables d’aider leurs devoirs, faire leurs devoirs. Alors le… le pace124, c’est lent, plus lent que… à Notre-Dame-de-Grâce. C’est vraiment…. et là c’est vraiment… Est-ce que…

55 A : Ah d’accord. Parce que… oui, je comprends. Alors qu’à Notre Dame de Grâce, c’est vraiment francophone, pour les francophones… on va dire, des francophones québécois.

56 R : Oui, c’est ça. Là, ils sont plus, il y a beaucoup plus, parce que les… plus à l’autre côté, ils ont plus des appartements… Les maisons sont pas assez chères, à ce côté. Sauf que Montreal West, il y a beaucoup d’anglophones, il vont tous à l’école privée… Il y a beaucoup des immigrants. Alors, ils sont pas capables d’aidés leur enfant, ou ils sont trop occupés avec leur travail. Ils ont pas le temps d’aider leur enfant. Ils assistent pas aux réunions, des choses comme ça. Alors, c’est vraiment, c’est une autre… Vous comprenez ce que je veux dire ?

57 A : Je comprends tout à fait oui. Et vous disiez, bon, le français, pour vos enfants, c’est quelque chose d’important, qu’ils savent bien. Pour quelle raison, la raison la plus importante pour vous qu’ils connaissent bien le français ? Ça serait quoi en premier ?

58 R : Bah, pour moi, la langue, pour moi, le plus de langues que vous pouvez parler, c’est toujours une… un bénéfice, toujours une chose de culture de… C’est toujours un plus. OK ? Moi, j’ai… après que j’ai fini l’Université McGill ici, je suis allée à Vancouver. Je suis restée là pour quelque… J’ai fait ma maitrise des affaires. J’ai commencé, j’ai pas fini… Mais… je suis retournée… Puis j’ai noté que la famille me manque. Alors c’est pour ça que je ne suis pas retournée là, j’ai continué à faire un diplôme de… gestionnaire à Concordia après. J’ai fini là. Mais, quand je me suis marié avec mon mari, j’ai dit je voulais toujours retourner à Vancouver. Comme mon mari, il était… né au Nicaragua, pour lui, il reste ici, il va là, c’est pas… Il a 2 frères en
Californie, un en Espagne, un à Ottawa. Ils sont partout, ils sont 10 enfants. Ils sont partout. Alors, pour lui, OK.

Sauf qu’après ça, je suis tombée enceinte. Là tout de suite, j’ai dit oh je ne veux plus partir. Parce que nous sommes à Québec, nos enfants peuvent apprendre le français et l’anglais comme ça (en claquant des doigts) à Québec. Moi, quand j’étais à l’université, j’ai fait toujours… le tour d’Europe, tu sais, backpack125, avec le train, avec le Rail.Pass126et des choses comme ça. Pour moi, c’était toujours facile. Comme je parle italien, je parle le… ben, le français, je peux me débrouiller dans le français et avec l’anglais. Puis, après ça, quand je me suis marié avec mon mari, sa mère parle juste espagnol, je commençais même à parler l’espagnol. Alors, j’ai dit, tu sais, si nous restons ici, nos enfants, avoir la possibilité de… même s’ils ne parlent pas toutes les 4 langues, mais ils sont habitués à… entendre les langues, à… même la culture de sa mère, de ma mère, ça… it’s.pass.down127. Alors ils commencent à…

59 A : Pourquoi c’est important pour vous que vos enfants parlent plusieurs langues ?

60 R : C’est…. c’est parce que ça ouvre le monde Je veux pas que mes enfants restent ici, à Montréal, puis ils parlent juste une langue Ils sont…. Premièrement, ça lui rend un peu fermé, enfermé… Pas qu’ils deviennent égoïstes, mais c’est parce que, quand vous parlez plus de langues, vous avez le monde at. your.finger.tips128. Vous pouvez, vous pouvez regarder plus de films différents, regarder des émissions différentes à la télévision. Une chose que j’ai notée : les nouvelles françaises à TVA129, elles sont plus… exactes que les nouvelles en anglais. Oui Ils donnent plus de détails que… Je pense qu’aussi le… en anglais, c’est plus censored130, parce qu’il y a beaucoup de choses qu’ils font parce qu’il y a à la télévision des blessures, des accidents qu’on voit jamais à la télévision en anglais. Je pense que les Anglais sont plus.censored, un peu plus… Ou ils ont pas le droit ou quoi je sais pas, mais… quand je regarde les nouvelles… en français, je suis capable de… d’apprendre plus de la situation qui est happened131.

61 A : Donc finalement, vous êtes restée à Montréal pour les possibilités d’apprendre plus de langue.

62 R : Oui, dans la culture ici, c’est vraiment… On dit toujours Québec, c’est… une mosaïque de cultures. Ils ont beaucoup de respect pour… la culture portugaise, italienne, espagnole. Moi, j’ai trouvé ça vraiment… sympathique. J’aime ça, j’aime vraiment ça. Moi, j’ai noté, ici aussi, que les familles qui vient ici, nous parlons plus notre langue maternelle. Comme, à Vancouver, il y a… pas beaucoup qui parlent plus l’ital… mes cousines, mes cousins, même mes tantes Ils parlent tous en anglais Ma mère, elle est pas capable de parler tout en anglais, en français. Elle a travaillé, elle peut se débrouiller en français plus qu’en anglais. Mais de toute façon, elle a toujours maintenu l’italien, même avec nous. Alors, c’est pour ça, c’est pour ça que j’ai préféré de rester ici. Et moi, je voulais beaucoup beaucoup que mes enfants vraiment… soient comme ma fille (en claquant des doigts). D’une langue comme ça, switch132. Mais là, j’ai vraiment compris. Julien, là, il me donne beaucoup de problèmes. Comme je suis la directrice d’une CPE133, j’assiste la dernière année des enfants de 4ème à 5, qui vont en 5ème, 5 ans, j’ai mis 2 éducatrices françaises dans ce groupe là. Parce que là, j’ai dit, tout le monde, ou ils vont à l’école french.immersion, ou ils vont à l’école en français. Alors, c’est très très nécessaire que les enfants vraiment se sentent confortables avec le français. Là, l’éducatrice de Julien, elle me dit toujours : « Nancy, Julien, il est très capable Il comprend tout Même il parle des phrases avec moi ». Mais, si j’entre dans la classe, j’ai jamais entendu Julien de parler français, jamais. J’ai dû toujours aller en arrière pour écouter.

Parce que, comme il me voit, il arrête de parler. Puis, à la maison, j’achète toujours des petits livrets pour lire. Il… dès qu’il était bébé, bébé, il aimait toujours des livres, des photos, des choses comme ça. J’achète des livres pour lui, tous en français, il refuse que je lise à lui en français. Je dis : « Mais Julien, c’est en français » « Bin, fait la traduction  » il me dit. Non, je refuse. Là, il regarde les livres, mais il… Moi, j’ai refusé : si c’est un livre en français, je le lis en français, sinon je le lis pas. Et là, comme il a refusé, il y a beaucoup de beaux livres, mais il regarde les photos, des choses comme ça. Mais, il résiste le français avec moi, c’est incroyable, incroyable

63 A : Et… Je pensais à une question tout à l’heure. Pour revenir à votre parcours, qu’est-ce qui vous plaisait à Vancouver finalement ? Vous vouliez retourner à Vancouver ?

64 R : Ah, c’est juste la ville est très belle, les montagnes. Là, je me souviens très très bien une journée. Je me suis réveillée, c’était l’anniversaire de mon père. J’ai appelé mon père pour lui donner des souhaits d’anniversaire. Ce matin-là, je suis allée à la montagne, on était sur… dans la neige. Puis, dans le soir, on a fait une promenade sur la mer. Là, c’est vraiment… Moi, j’aime beaucoup la mer. C’est pas que j’aime aller sur la plage, mais j’aime beaucoup voir la mer, les montagnes, c’est vraiment une… C’est vraiment, vraiment… Puis, moi, j’ai travaillé à… c’est l’année de l’exposition… 90,.wait.a.minut,.86?.No,.not.even,.ah .86…134 Oui, exposition 86. C’était… quand j’étais là et j’ai travaillé là. C’est l’exposition du monde. Alors, j’avais beaucoup beaucoup de… J’ai rencontré beaucoup de personnes, beaucoup, c’était…

65 A : C’était un bon moment quoi. C’était vraiment un bon moment. Mais, bon, finalement, vous habitez ici aujourd’hui et vous êtes contente de la… de… du multiculturalisme en fait au Québec.

66 R : Oh oui

67 A : quel regard vous avez sur la culture Québécoise en particulier ? Est-ce que vous avez… Est-ce que vous-même vous vous sentez Québécoise ?

68 R : Non. Non. De plus en plus je me sens… loin des québécois. Oui, c’était… La situation est devenue…plus… plus pire, pire qu’en avant. En avant, je me sentais plus… très contente, très fière d’être ici, mais…

69 A : Pourquoi au début, vous étiez fière ?

70 R : Je ne sentais pas que les francophones… je sais pas le mot en anglais, alors en anglais c’est resent135… ressentir ? quand tu ressentir… Ils sont pas jaloux…

71 A : Méfiant, méfiant peut-être ?

72 R : Oui… Mais maintenant, c’est vraiment, c’est une… comme l’autre jour, j’ai entendu un discours entre 2 personnes français. Et une, il a dit : « Là, c’est quelque chose là, les anglophones, qu’est-ce qu’ils pensent qu’ils sont Ça devrait arrêter là, les anglophones, ils sont tous, ils ont tous plus… d’autres éducations que nous. » Mais moi, je voulais vraiment dire : « Mais c’est la faute de qui ça ? ». Parce que là, il y a beaucoup de francophones, des québécois, je dis pas francophone, des québécois, qui arrêtent, qui quittent leur école. Il y a mois de… québécois français qui réussit à finir leur école secondaire, que des anglophones. Alors, moi, je me dis, mais c’est pas notre faute Alors… Puis, là, il dit : « Il prend notre… profession ». « Mais si vous n’allez pas, vous continuez pas votre école, pourquoi vous dites que c’est nous qui prenons votre… profession « . Moi, je suis vraiment déçu, parce que j’aime beaucoup Montréal.

73 A : qu’est-ce que vous aimez à Montréal ?

74 R : Oh J’aime… ben, je suis née ici, je suis habituée ici. Mais… j’aime le… j’aime notre commu… ben en avant. Maintenant, comme j’ai dit, ça commençait à être… plus… tension136.entre les Anglais et… spécialement maintenant. Mais sinon, j’aime que… d’aller dans les… C’est… un peu… european137 ?

75 A : Européen.

76 R : J’aime beaucoup ça. J’aime comme… la diversité… C’est une chose vraiment. Si tu vas dans les États-Unis, ou si tu vas… même across.Canada138, c’est plus… flat139, je sais pas comment vraiment dire, mais c’est… C’est comme tout le monde est pareil. C’est comme j’ai dit, tous mes amis et mes cousines italiennes qui habitent à Toronto ou à Vancouver, ils sont pas capables de… de parler l’italien. Mais ici, tout le monde que je connais ici, qui sont comme moi, nous tous parlons l’italien. Et même nos enfants comme Melissa, elle est vraiment, elle est capable. C’est encore, si je dis, les enfants qui résistent. J’ai mes nièces, 3 filles, ils parlent tous l’italien, mais là ils sont les 2 parents, mon frère et sa femme, c’est italien. Ma sœur, elle a deux garçons, ils parlent pas, mais le premier, il parle italien, un petit peu. Mais…

77 A : Mais vous, votre langue, c’est le… votre langue première, c’est l’anglais ou l’italien ?

78 R : C’est l’italien. Ma langue italienne, c’est le premier.

79 A : C’est la langue première pour vous, c’est vraiment…

80 R : Pour moi.

81 A : D’accord. Et votre langue seconde ? Ça serait…

82 R : C’était l’anglais.

83 A : Puis la langue…

84 R : Troisième, c’est français.

85 A : D’accord.

86 R : Moi, j’avais 13 ou 14 ans quand ils ont commencé à introduire le français obligatoire dans les écoles.

87 A : D’accord. Et, à la maison, vous parliez italien avec vos parents.

88 R : Italien avec ma mère, et puis je commençais à parler anglais avec mon père, parce que mon père voulait améliorer son anglais. Mais quand je suis rentrée dans l’école, à la première année, j’ai pu même aller à la maternelle, je parle que l’italien. J’ai commencé à parler l’anglais à cause de mon frère parce qu’il est plus grand que moi. Puis, je fais le devoir avec lui. Mon père aide mon frère, et moi, j’étais toujours à côté parce que j’ai hâte d’aller à l’école. Alors, c’est pour ça. Mais sinon, mon frère, il a commencé l’école, il parle que l’italien.

89 A : D’accord. Et quand vous avez commencé à apprendre le français à l’école. Comment ça s’est passé ?

90 R : En avant, c’était… peut-être une demi-heure ou deux fois par semaine. Ils ont introduit dans les écoles. Puis, quand on commence à… 5ème et 6ème année, c’est une demi-heure chaque jour. Puis, dans l’école secondaire, c’est 45 minutes chaque jour. Mais c’est là, quand j’étais dans le secondaire 2, 3, ils ont commencé la première école french.immersion. a commencé. Avant ça, il y avait pas.

91 A : Et vous étiez… vous aviez fait une école… ha non, vous n’avez pas fait une école en immersion.

92 R : Non, jamais, jamais.

93 A : Et l’apprentissage du français, est-ce que ça s’est bien passé ? C’était difficile ou plutôt agréable ?

94 R : Bah, je pense que, parce que… premièrement, moi, j’aime les langues. Alors, moi, je trouve de parler les langues facilement. Je pense d’étudier une langue, c’est difficile. Moi, je dis toujours, on doit vivre une langue, pas étudier une langue. Ça, c’est mon… alors, là… Comme je parle italien, l’italien est une langue… latine. Le français, l’espagnol sont des langues latines, des langues latinos… pas latino, mais latin.lenguages140. Les règles féminin/masculin, les choses comme ça. Oui. Alors, c’était facile pour moi pour apprendre. Mais c’est comme je dois, moi j’étais jamais une personne, j’aime pas étudier les verbes, les choses comme ça. Moi, je dois vraiment vivre une langue. Alors…

95 A : Et si vous donniez 2 mots qui pourraient représenter la langue française, qu’est-ce que vous diriez là, tout de suite ?

96 R : Ha, je pense que c’est une langue très… romantique, très fluide… Vous pensez quoi ? (sourir)

97 A : C’est bien.

98 R : J’aime… le « rrr »141. J’aime… oh non, j’aime beaucoup. Et je… Ça me donne… J’aime beaucoup parler le français. Même, je sais, je fais beaucoup des erreurs avec des verbes et des choses comme ça. Moi, c’est mon rêve si je peux parler comme ma fille. Je suis vraiment fier d’elle. Et je suis contente qu’elle ait été capable d’apprendre comme ça parce que… c’est toujours une langue… sexy, c’est une langue… très jolie, je pense… même l’italien, même l’espagnol…

99 A : Alors, et l’anglais, qu’est-ce que…

100 R : L’anglais, c’est une langue plus… comme l’allemand, plus exact, plus… un peu plus forte que ça. Les règlements sont pas… Il n’y pas beaucoup de règlements comme… On doit pas conjuguer des verbes. Il n’y a pas des féminins, des masculins, des choses comme ça. Mais je trouve… le français comme l’italien, c’est très joli pour parler, pour… une langue très… émotive, emotional142… On peut s’exprimer mieux avec…

101 A : D’accord. Et pour revenir au français, est-ce que vous voyez une grosse différence entre le français parlé ici au Québec et le français standard.

102 R : Oh oui Oui, oui, oui, oui. J’aime beaucoup le français de la France. C’est aussi le français classique. C’est le français que nous apprenons à l’école… Là je… quand je blague avec… ma fille, quand elle voulait me… annoy143, elle voulait me faire « hiiii » (grimace), elle comme à « Ben là Man ben là maman là Chui là là, c’est quoi ça « 144 (rire)… Et des fois, on joue un petit jeu comme ça dans la maison. On commence à parler le… on appelle le joual145, le français joual… oui.

103 A : Donc, vous le faites consciemment, vous savez que… vous exagérez peut-être un peu.

104 R : Oui, oui On exagère beaucoup On est fun146, c’est fun pour nous, pour… Et on est :  » Éh là, passe-moi la poutine147 « … des choses comme ça. On fait vraiment… mais c’est pour fun, c’est pas pour… on a du respect vraiment pour la langue française beaucoup. On a même du respect pour… la joie de vivre Québécoise.

Sauf que, ce qu’on aime pas, c’est que, des fois, c’est comme j’ai dit, dans les milieux vraiment… dans l’école, l’administration, ça dépend vraiment de l’administration… je suis vraiment… je fais vraiment attention à l’administration parce que si leur… philosophie personnelle, c’est contre… pas contre les Anglais, mais ressentfull148…

105 A : Ils ont du ressentiment, c’est ça… Vous pensez ça.

106 R : Oui. Oui. Et là, à l’école Notre-Dame-de-Grâce, j’ai jamais jamais senti ça. Il y avait l’école Judith et Jasmin et Annabel qui sont ensemble dans le même édifice. J’ai jamais senti ça. Mais, à l’école Sainte Catherine de Sienne, oui. Et… à l’école secondaire Saint Luc, beaucoup, beaucoup.

107 A : Et alors, justement, le fait de vous rendre compte de difficultés comme ça, on parlait de la culture, en même temps vous aimez Montréal… Est-ce que vous vous sentez, alors vous disiez que vous sentiez pas Québécoise tout à l’heure, qu’est-ce que vous… Comme est-ce que vous qualifieriez votre identité ? quelle culture vous avez ?

108 R : Moi, je dis toujours, je suis Italienne. Toujours, encore. Même… pour mes enfants, ils sont moitié latinos et moitié Italiens. Je dit jamais ils sont… Anglais ou Français.

109 A : Moitié vous dites latinos, oui parce que votre mari…

110 R : Oui, parce que mes enfants sont moitié-moitié. Oui. Et puis, comme… l’autre jour, j’étais un peu étonnée… parce que je joue… Ils m’écoutent de parler italien avec ma mère. Et il comprend que quand il veut quelque chose, je suis au téléphone avec ma mère, il a déjà noté dès qu’il était petit, il a déjà noté que quand je dis : « Oh, aspetta « , ça veut dire « attends », attendre ma mère parce qu’il veut quelque chose. Puis je dit à ma mère : « Aspeta, aspeta ». Puis, je prends soin de Juju149. Il a commencé, à 3 ou 4 ans, il a commencé : « Maman Dis aspeta, dis aspeta « , parce qu’il veut mon attention. Alors, il comprend des mots, des choses comme ça. Mais, l’autre jour, il est venu chez, il a dit : « Maman, tu sais, Luca150, il est Italien « . J’ai dit oui. Il a dit : « Comme grand-maman » J’ai dit : « Oui, et comme toi « . Il a dit : « Moi, je suis pas Italien » J’ai dit : « Mais tu es moitié Italien ». Il a dit :  » Je suis moitié Italien ? ». J’ai dit : « Oui, parce que moi, je suis Italienne, mais papa n’est pas Italien ». Alors, il m’a demandé : « Ben si je suis moitié Italien, alors, je suis moitié Espagnol  » parce qu’il sait que son père parle espagnol. Je dis : « Oui, c’est ça « . Il était très content parce qu’il dit : « Je suis comme Luca Je suis comme Luca » Mais, Luca aussi, il s’est identifié à Juju, comme un Italien. Je pense que ça c’est notre culture, we.pass.it.down151. Alors, moi j’ai toujours… je m’identifie comme… Italienne. Mais, quand je suis en Europe, les personnes me demandent : « qu’est-ce que vous êtes ? », je suis Canadienne. Oui.

111 A : Ah d’accord. C’est intéressant ça.

112 R : Oui. Mon mari, il est toujours latino. Mais, moi je suis Canadienne. Comme… comme il y a 2,3 ans, je suis allé en Italie et la France avec mon mari, puis je connais beaucoup, comme j’ai fait beaucoup de… de voyages en avant A non plus parce que j’ai 4 enfants, je peux pas (rire) – ben, j’avais des amis, je… même maintenant avec l’ordi… Avant, c’était écriture, mais maintenant, c’est email et des choses comme ça. Ils me demandent : « Oh, et ton mari ? ». « Oh, il est latino. » Ici, il est latino, là, il est latino. Mais quand… « Oh, ça c’est mon ami, elle est Canadienne  » Je… il me dit « Oh, vous êtes l’ami de…, Oh vous êtes… D’où viens-tu ? « , « Oh, je suis Canadienne ». Ou même américaine, parce que là, ils ont dit toujours les américains, les américains. Même si vous êtes Canadienne, vous êtes américaine. Mais je m’identifie comme une Italienne.

113 A : D’accord, oui. Et… qu’est-ce que je voulais vous demander aussi ? Oui, on parle des langues, des cultures différentes, tout ça, donc… j’ai appris il y a quelques jours qu’ils avaient fêtés au Nouveau-Brunswick, vous savez, cette province juste à côté du Québec… Ils ont fêté leur anniversaire pour le bilinguisme officiel, parce que c’est une province officilement bilingue. C’est la seule d’ailleurs au Canada. Et, qu’est-ce que vous pensez d’un anniversaire comme ça sur le bilinguisme ?… Pour fêter les 20 ans du bilinguisme.

114 R : Bin, pour moi, je pense que c’est beau. Vous… vous devrez… capture152, vous devrez… garder… les moments comme ça. Ça, c’est des moments qui changent… la direction de… la politique de votre pays, de votre province, des choses comme ça. Vous devrez vraiment respecter ça. Mais, je trouve ça triste quand vous… échange, quand vous met à côté une chose pour une autre. C’est… moi, je pense que c’est toujours bon d’ajouter, de… build. up153, de… pas d’échanger ça pour une autre. Comme ici, ils vont enlever l’anglais complètement. Mais je trouve pas ça un peu… Parce que… le reste du monde travaille en anglais Alors, quand tu… tu fermes la personne, si vous obligez la personne juste comprendre le français, juste de parler le français, là la personne n’est pas capable de… de se… communiquer avec des autres… La langue est une conduite de communication, de… de comprendre le monde, de… de relations avec avec tout le monde. Le plus de langues que vous êtes capable de parler, le plus ouvert vous êtes d’apprendre de choses, d’expérimenter154 des choses. Mais, quand vous êtes… vous parlez juste une langue… Et, la langue française, dans un pays bilingue Et vous parlez juste le français Vous restrict155. Vous êtes… votre monde devient vraiment petit.

115 A : Mais vous pensez qu’ils vont vraiment le faire ? … de rendre le Québec vraiment… unilingue, c’est à dire interdiction de parler l’anglais.

116 R : Bah, là, ils essaient.

117 A : La politique ?

118 R : Oui. Ils essaient vraiment, mais, je pense que même… même des francophones, là, ils commencent à dire : « Regarde, vous me mettez dans une position de pas parler anglais au travail. Mais moi, j’ai mon… ma compagnie, font des affaires avec les États-Unis. Si je suis pas capable de parler en anglais, je perds mes affaires  » Alors, ils commencent. Parce que là, vraiment, everything. is. interrelated156. Alors, la langue, ça touche l’économie, ça touche… C’est pour ça que Québec, si ça devient un pays, et un pays qui parle seulement le français, ça peut pas aller en avant Parce que… comment tu peux faire, vous êtes restrictés juste à faire des affaires ici ou à la France On a le français beaucoup pays d’Afrique, mais l’Afrique aussi, c’est une… beaucoup de third.word.countries157. C’est pas des… oui, ils sont riches de… ah ils vivent des choses, mais ils sont pas… the.free. trade158, c’est pas là Alors, what.are. you.going. to.do. ?.159.qu’est-ce que vous faites ? Pour l’économie, pour… Je pense pour tout La langue, c’est vraiment… the.lenguage160, c’est vraiment une chose… C’est votre conduite pour le monde

119 A : D’accord, je comprends. Pour revenir sur l’immersion et puis, justement, sur le fait que vous ayez choisi par exemple, pour Julien, l’immersion… C’est-à-dire qu’en secondaire, vous allez laisser Julien choisir s’il va aller… en anglais ou en immersion peut-être , ça sera toujours en immersion ?

120 R : Oh non, toujours, toujours, même si c’est anglais, ça doit être french.immersion. Jamais, jamais, je ne même pense qu’il y a des écoles qui restent qui sont pas french.immersion, je sais pas.

121 A : Ah, je pense… il y a des écoles en anglais…

122 R : Je sais, on a des écoles 50/50. Et il y a des écoles… où c’est vraiment pour des enfants qui ont de la misère, qui sont dyslexiques, qui sont un peu autistes, des choses, qui ont des misères learning.desability161, qui sont des anglophones. C’est sûr, tu prends un enfant anglophone qui a déjà de la misère pour apprendre, puis vous le mettez dans une école en français… c’est…. vraiment, vous mettez le pauvre. Alors, on a les écoles comme EBS, Hamstead School, qui sont des écoles en anglais. Mais, pour la plupart, 70% sont des enfants avec des apprentissages…

123 A : Des difficultés d’apprentissage.

124 R : Oui, c’est ça. Mais, je sais qu’on a des écoles comme Santa Monica162, 50/50. Mais ça pour moi, ça marche pas. Parce qu’un jour… ce qui font, ou c’est un jour anglais, un jour français, ou c’est le matin en anglais et l’après-midi. Ça… it.will.confuse.the.child163. C’est même que moi, dans le CPE, j’insiste toujours : vous, vous êtes l’éducatrice en anglais, vous vous êtes l’éducatrice en français. Parce qu’avec les petits… Et puis, même, j’ai aussi des allophones qui viennent. Ils parlent ni même le français, ni l’anglais. Mais quand vous dites : « Oh, le verre d’eau » aujourd’hui, puis, demain, vous dites : « The. glass. of. water164″, l’enfant est perdu. Mais si toujours vous dites « un verre d’eau » et moi, toujours je dis « glass of water », l’enfant vient et fait la connexion. On a beaucoup d’enfants qui ont 3 ans, 2 ans et demi, 3 ans, ils demandent à leurs parents :  » Comment je parle avec elle ? Comme Nancy ou comme Norma ? Comme Rielle ou comme Linda ? » Parce qu’il connait pas français, anglais, mais il connait que moi je parle d’une manière, puis l’autre parle d’une autre manière. Alors c’est plus facile pour l’enfant de faire la… la relation d’un objet avec le nom, quand vous utilisez toujours toujours le même mot, pour le même objet.

125 A : C’est intéressant. Tout à fait. Oui, oui. Alors, je me demande, on en a parlait tout à l’heure, mais… en 3ème année en immersion, c’est un petit peu un programme bilingue, n’est-ce pas ? Est-ce que vous comptez faire comme avec Melissa, avec Julien, de mettre Julien en école francophone ?

126 R : Je crois pas que… J’ai déjà vu une différence entre Julien et Melissa. Je crois pas que…

127 A : Donc, comme vous disiez, c’est une question d’enfant aussi, il faut respecter cette…

128 R : Oui, c’est ça. Parce que moi, mon rêve, c’était toujours que tous les enfants vont à l’école en français jusqu’à 6ème année, et après ça, ils peuvent faire leur choix. Mais, moi, mon premier choix, c’était toujours Collège Notre Dame. Alors, Melissa, elle était acceptée, mais elle a accepté d’aller à Royal, elle était acceptée au deux. Elle a accepté d’aller là… Jean Daniel, il était pas accepté à Collège Notre Dame, mais il était accepté à l’autre école. Puis Justin, il était accepté ni l’un ni à l’autre. Parce que Justin, il n’aime pas lire. Alors, comme Jean Daniel, il est allé à l’école en français, mais comme il aime lire, il a lu beaucoup de livres en anglais. Alors quand les examens sont faits de 3 parties, mathématique, français, et anglais, imagine mon enfant, Justin, il a pas réussi l’anglais. Parce qu’il lit jamais en anglais. Il aime pas lire Mais comme il est allé à l’école en français, il n’était pas capable de… réussir. Bah, il a réussi, mais le mark 165 était vraiment… 60, quelque chose comme ça, vraiment… Là, vous avez besoin des bonnes bonnes notes. Alors, il n’est pas accepté.

129 A : Et vous pensez que le milieu en immersion va permettre à un enfant de continuer, sans problème un secondaire en anglais ?

130 R : Oui, ils sont capables. Parce que là, il y avait quelques un A c’est à cause de cette école-là, Royal West A il y avait plusieurs enfants dans le milieu qui sont pas acceptés. Comme c’est une école alternative, vraiment, ce sont des enfants de Laval, Hudson, South Shore, Brossard166, ils ont beaucoup de… qui vient de loin, pour aller à cette école. Alors, toutes les familles dans ce quartier, on a commencé à lamenter : « Hé, c’est une école qui est juste ici, mes enfants ont pas le droit d’y aller « . Alors, on a fait une réunion avec le… English-Montreal School Board, puis là, ils ont expliqué : c’est une école alternative, votre enfant doit avoir la capacité de faire ça. Alors c’est quoi le problème que les enfants ici sont pas acceptés ? Alors, ils ont commencé à mettre plus d’élèves forts pour que les enfants sont capables de réussir l’anglais et le français dans… parce que ça, c’est une école qui, french. immersion, et à la fin, qui vous reçoit le certificat… comme une école, comme… Melissa, elle a suivi le cours… français comme si c’était dans une école secondaire en français. C’est vraiment le même français dans l’école en français. C’est pas français seconde langue, c’est vraiment…

131 A : Oui. C’est français langue maternelle.

132 R : Oui. C’est ça. Alors ils sont capables. Mais encore, je vais vous dire, quand tu parles avec Melissa, tu parles avec Jean Daniel, c’est complètement différent

133 A : D’accord, ça dépend des enfants.

134 R : Oui, ça vraiment. C’est ça que j’ai appris ça. Comme j’ai vu Julien, il résiste le français. Je regarde, moi je mets cet en enfant dans une école en français, il n’est pas content, il me donne de la misère à moi. Et à la fin, il va être comme ses frères. Parce ce que, si tu vois Jean Daniel et Justin, vous pensez qu’ils sont allés à l’école french.immersion, pas à l’école en français. Alors, je dis pourquoi… J’ai pas l’énergie comme en avant et j’ai… comment on dit, j’ai appris des choses que j’ai pas… Parce que je voulais vraiment que mes enfants soient 100% bilingue.

135 A : Mais c’est marrant que vous me disiez, il résiste. C’est marrant que vous employiez ce mot-là, il résiste.

136 R : Oui. Il résiste. Et Julien résiste. Alors je dis :  » Ah, I’m.fighting167″. Je combats une guerre comme ça. C’est toujours moi qui dois… On peut pas.

137 A : Mais, est-ce que, en dehors de l’école, Julien, par exemple,… parle un peu français ?

138 R : Oui, avec mes éducatrices. Il vient à la garderie. C’est les anciennes éducatrices de lui. Je l’écoute toujours dans le parc. Cette fois, je vais au parce, je prends Juju : « AllonsAy au parc  » parce que la garderie est là. « Hé Juju, ça va » « Oui, ça va. » Il commence à parler. Même l’année dernière, une de ses éducatrices m’a dit : « Franchement, j’ai fait… j’ai eu une belle conversation avec Julien. Il a vraiment vraiment, il se sent à l’aise à parler. » Mais avec moi, il le ferait pas Alors, je l’écoute jamais. Mais… je sais qu’il est capable. Même, il joue au hockey, et ils ont là des enfants qui… qui parlent français. Et Justin, il joue au hockey au niveau… c’est pas juste Notre Dame de Grâce, c’est… très compétitif. Et Julien, souvent, ils vont… il va regarder les matchs de son frère. Mais là, ils sont tous en français. Et là, il commence à parler avec des enfants. Moi, je suis content pour ça. A la fin, mes enfants sont capables. S’ils veulent rester à Québec, ils ont la base, pour s’impliquer, pour… s’ils veulent vraiment, ils peuvent. Alors, il a le choix.

139 A : Le choix, c’est important…

140 R : C’est ça. C’est le… vous donnez le choix à vos enfants. Je pense que, comme des parents, vous devez mettre les outils devant vos enfants. A la fin, c’est eux. Ce qu’ils font, avec ça, j’ai pas le droit de choisir pour mes enfants la vie qu’ils veulent suivre. C’est leur choix, c’est leur vie. Mais moi, je dois mettre tous les outils devant eux. S’ils refusent, ils refusent, c’est leur choix, je… C’est sûr que je suis l’adulte, il y a des choses que j’accepte pas, mais… c’est toujours… Le but, c’est qu’ils sont capables après de faire un choix et ils peuvent jamais dire : « Oh, je peux pas faire ça parce que vous m’avez fait ça « . J’avais mis l’opportunité là. C’est sûr que jamais j’accepte qu’il aille à une école en anglais… Et là, je peux vous dire, on est en train de discuter avec mon mari, en 3, 4 ans, de… aller à Vancouver. Oui, puis là, la chose qui nous… c’est… « Et les enfants, qu’est-ce qu’on va faire avec les enfants ? » Là, je veux pas Julien de perdre l’opportunité… d’apprendre encore le français.

Puis, on a commencé à investiguer. Là, ils ont là des écoles bilingues. Comme… comme Canada est un pays bilingue…

141 A : Même de l’immersion non ?

142 R : Oui, oui.

143 A : Bon, et bien alors, c’est bien de terminer là-dessus, je pense. A moins que vous ayez des choses à rajouter sur ce qu’on vient de discuter…

144 R : Non (rire). Je pense que j’ai parlé beaucoup (rire)

145 A : Ah mais c’est très bien Moi, ça me convient très bien

99 que Julian (l’un des fils de Mme R dont je m’occupe en 1ère année)
100 Éducatrice en maternelles à cette époque
101 la directrice
102 angoisse de séparation
103 immersion française
104 Où vas-tu ?
105 formation
106 École francophone de la Commission scolaire de Montréal
107 films
108 Le conte de…
109 Université anglophone de Montréal
110 vêtements de marque, avec les marques
111 Municipalité de l’ile de Montréal
112 la ville de Québec
113 excentriques
114 vous savez, terre à terre
115 abonnement aux chaines de télévision cablées
116 Série télévisée francophone, jeunesse
117 Émission francophone, jeunesse
118 monopolisent
119 École primaire francophone de la Commission scolaire de Montréal (CSDM)
120 École secondaire francophone de la Commission scolaire de Montréal (CSDM)
121 désavantage
122 École anglophone en immersion française de la Commission scolaire English-Montreal
123 abordable
124 rythme
125 sac à dos
126 ticket de de train utilisable partout en Europe pendant une durée limitée
127 ça se transmet
128 au bout des doigts
129 Réseau de télévision québécois francophone
130 censuré
131 arrivée
132 passer d’une langue à l’autre
133 Centre de la petite enfance
134 90, attends une minute, 86 ? Non, même pas, ah 86…
135 avoir de la racune
136 tendu
137 européen
138 à travers le Canada
139 monotone
140 langues latines
141 roulement de la lettre « r »
142 émouvante
143 taquiner
144 accent québécois prononcé
145 dialecte Québecois
146 on s’amuse
147 Plat typique québécois
148 aigri
149 Julien
150 éléve de la classe de Julien
151 On la transmet
152 immortaliser
153 dévellopper
154 de vivre
155 limitez
156 tout est lié
157 pays du tiers monde
158 le libre échange
159 qu’est-ce que vous faites ?
160 la langue
161 difficultés d’apprentissage
162 École bilingue de la Commission scolaire English-Montreal
163 ça va désorienter l’enfant
164 Le verre d’eau
165 note
166 Villes extérieures à l’ile de Montréal
167 Je me bats

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