Annexe 6 B : Entretien E2

Non classé

Lundi 25 Mars 2013 1 16h
École Willingdon

A : Enquêteur

W : Madame W

1 A : Alors, la première question que j’aimerais vous poser c’est depuis combien de temps vous êtes à Montréal ?

2 W : Je suis née à Montréal. Mes parents viennent de… ma mère vient de Australie, mon père vient de Grande Bretagne. Alors, je suis première Canadienne, mes parents sont Canadiens maintenant. J’ai passé dans l’école anglophone, anglais. Mais j’avais commencé la maternelle juste dans le temps de la Loi 101, alors j’avais le droit d’aller à l’école en anglais. Mes parents n’ont pas fait leur éducation ici. Je suis allé à McGill5. J’ai fait 2 Bachelor’s.degree à McGill. J’ai commencé la maitrise, mais j’ai pas terminé. Et… c’est tout.

3 A : D’accord. Alors, à la maison vous me dites, on parlait en anglais.

4 W : Toujours.

5 A : Et vos parents sont arrivés pour avoir une idée… ha oui, donc vous me dites « Loi 101 »…

6 W : Juste avant. J’étais né avant. Juste avant. J’ai commencé la maternelle pendant que la Loi 101 a passé, et après ça, j’avais le droit de continuer en Anglais parce que j’étais déjà dans le système d’école et pour ça, ma sœur et mon frère qui sont venus après moi avaient le droit. Mais je suis vraiment (fort) comme anglophone, mon dernier nom c’est Jackson6. C’est (rire) vraiment anglophone.

7 A : Et vous êtes mariée ?

8 W : Oui, oui, je suis mariée.

9 A : Donc, votre mari…

10 W : Il parle… il est allé en anglais aussi. Ses parents sont éduqués ici, au Canada, mais il est anglophone d’Ukraine. Il est origine de l’Ukraine. Mais il est allé dans une école Royal West7, une école plus ou moins bilingue, mais c’était plutôt anglophone à ce temps-là. Aujourd’hui, c’est plus bilingue que dans ces années, et il est allé à McGill aussi comme moi. Alors il a fait toute son éducation en anglais.

11 A : D’accord. Et votre programme en primaire à vous, c’était un programme en immersion déjà ?

12 W : Je pense que l’immersion, ça a commencé en 4ème année. Dans ce temps-là, c’était en 4ème année. J’avais des cours de « french.» (mime des guillemets avec les doigts), de français, avant, mais l’immersion, ça commençait en 4ème année. Mais c’était pas très avancé. On a fait les sciences humaines. C’était moi… c’était enseigné en anglais… en français… oh non, c’était moitié-moitié, 50% je pense français. J’aime ça, j’aimais ça.

13 A : Oui ?

14 W : Oui, j’aimais le français, j’avais pas de difficultés. Maintenant, je parle pas beaucoup français parce que je travaille dans un milieu anglophone.

15 A : D’accord, votre milieu professionnel est anglophone.

16 W : Oui.

17 A : Et à la maison avec votre mari, j’imagine que vous parlez…

18 W : On parle seulement anglais. Je pense, français des fois avec les… mes enfants. Juste des mots comme ça, comme, you.know8, « Mets ton sac de lunch ici », ça faisait plutôt des « Come.on. 9» quand ça vient dans la tête, je le fais en français. Pour mon fils, c’est plus important de le pratiquer avec lui parce qu’il aimait pas le français l’année passée, maintenant ça va beaucoup mieux.

19 A : Et peut-être pendant les devoirs aussi, vous parlez en français…

20 W : Oui, c’est ça. On lit en français oui. quand on fait les devoirs, les mots de dictée, Capsule10, la lecture, oui, Tic tac mots11, oui, on fait ça, tout ça.

21 A : Et votre mari parle un peu français ?

22 W : … Oui, il parle français, mais pas beaucoup. Il comprend. Comme moi, on comprend très bien. Il écoute le hockey en français, toujours (rire). Je comprends très bien. Je comprends le français mieux que je le parle. C’est… quand je regarde la télévision, je comprends tout ça, mais des jokes12… des jokes… j’ai perdu un peu. quand je travaille dans un milieu francophone, j’étais plus à l’aise, mais là ça fait 17 ans que je travaille dans un milieu anglophone. Je parle français avec mon beau-frère qui est francophone, mais c’est pas beaucoup.

23 A : D’accord. Et alors justement, le souvenir que vous avez quand vous étiez petite, en primaire ou en secondaire aussi, que vous aviez des cours en français, comment ça s’est passé votre apprentissage du français ?

24 W : … Je sais que mes parents m’aidaient pas, parce que j’avais de l’aide. Ma mère, même aujourd’hui, elle est ici depuis 41 ans et elle parle pas beaucoup de français. Elle a pris des cours. Mes parents m’ont pas aidé. J’ai trouvé ça difficile le français à cause de ça, mais je l’aimais beaucoup, parce que ça, j’aimais ça savoir des mots : « qu’est-ce que ça veut dire ? En anglais c’est ça, en français c’est ça ». J’étais un peu… showEoff 13 avec mon frère, ma sœur qui était plus jeune. Je parlais français juste pour montrer que j’étais capable de dire des mots dans une autre langue. Et mon père parlait beaucoup plus de français, il a pris des cours ici et lui aussi il est allé chez Winigan pour 3, non Jonquière pour 3 semaines. Alors, on avait, même si on était une famille très anglophone, s’il n’y avait pas de négativité, j’ai beaucoup apprécié le français à l’école, j’aimais ça. En secondaire, j’avais des livres à lire, j’ai pas toujours compris, mais (rire) j’aimais ça quand même.

25 A : Et… qu’est-ce que ça représentait pour vous le français à l’époque ? Si vous vous souvenais… Pourquoi est-ce que vous aimiez ça ?

26 W : Je pense que c’était pas une raison politique… pour moi, en ce temps-là… pas de politics14… mais je sais pas, j’ai juste, j’ai apprécié que je pourrais parler une autre langue, c’est deux langues, c’est très cool.

27 A : C’est très… ?

28 W : C’est très cool, je sais pas le mot en français (voix basse). On a voyagé beaucoup et… je le sais que c’était quelque chose, que c’était important de parler d’autres langues. Mes parents… ma mère venait d’Australie, on a voyagé en Australie. Il y avait des familles grecques qui parlaient toujours, même si elles étaient Australiennes, elles parlaient le grec, en tout cas… J’avais beaucoup apprécié ça. Et à l’école, j’ai toujours aimé, j’aimais les profs de français aussi, je pense. J’avais des bonnes profs. Alors j’avais des sentiments très positifs. C’était les profs, c’était… j’aimais les langues parce que ça représentait de savoir plus, de communiquer avec d’autres personnes dans une autre place. Je pense que c’est… c’est plutôt simple (fort), mais c’est ça comme ça que je pensais quand j’étais jeune.

29 A : Ça pouvait être le français, mais ça pouvait être aussi une autre langue étrangère.

30 W : Ah oui aussi Oui, c’est ça, j’ai pris un cours d’espagnol au Cégep15 et j’aimais ça aussi. J’aimais ça, faire ça encore.

31 A : Alors, justement, pour parler du français et de l’anglais. Aujourd’hui, est-ce que vous pourriez me donner 2 mots qui représente pour vous, on va commencer par l’anglais. Est-ce que vous pourriez me dire 2 mots, 2 adjectifs ?

32 W : Pour décrire l’anglais ?

33 A : Oui.

34 W : … OK. Je vais choisir les mots appropriés…/… Oh.my.god,.that’s.hard. 16 C’est difficile. Deux adjectifs pour décrire l’anglais… Bon un mot, c’est… heritage17, héritage. C’est un héritage. C’est mon héritage… Et ça, c’est très (fort) important pour moi… Et c’est communication globale. Je pense que c’est… pour communiquer dans le monde parce que tout le monde parce que tout le monde, tu vas partout, j’étais en Italie l’année passée, il y avait beaucoup de personnes qui parlaient en anglais. C’est… avec l’internet et tout ça. C’est communication globale.

35 A : L’héritage, pourquoi c’est important pour vous ?

36 W : Parce que ça représente mes parents, et mes parents qui sont anglophones, qui avaient des traditions de la Bretagne. Ma mère aussi, d’Australie, c’était très… vraiment en Bretagne, c’est… je sais pas les mots qu’on parlait, même à la maison, c’était you.know… c’était pas le garbage18, le rubbish19, on dit, il y avait des mots qui n’était pas le même. Et elle était fière de l’anglais, on a toujours… on aimait ça, la reine queen. Elisabeth et tout ça, la princesse Diana, you.know, tout ça, on était très associé avec ça, on a de la famille en Angleterre, on a… en Australie, toujours. Alors, c’est vraiment qu’est que je savais, c’est tout ce que je savais quand j’étais jeune. C’était comme ça. Et pour moi, c’était important aussi.

37 A : Alors pour le français, est-ce que vous pouvez faire la même chose ?

38 W : OK… (rire) C’est devenu plus difficile (rire)… à cause des politiques quand j’étais adulte. Mais quand jeune, c’était aussi opportunities20.? Opportunité, ça donne des opportunités… et…

39 A : Sur la langue en elleAmême.

40 W : OK. The.language.ok. Je trouve c’est beau, belle, beautiful21, like c’est… it’s.a.beautiful.language22. J’aime ça, comme ça…

41 A : qu’est-ce qui est beau dans la langue ?

42 W : Je sais pas, juste la manière de communiquer, la passion, passion. you. know23,. passion. Tout le monde est très expressif. Le français, c’est vraiment… je trouve quand les francophones parlent, c’est vraiment expressif. En anglais, c’est plus… bon, mes parents c’était plus calme, mais le français c’est toujours plus passionate24. J’aime ça, je trouve que c’est intéressant. Passionate, c’est beau ? c’est assez ?

43 A : Oui, oui… C’est ça, quand… Pour résumer, vous êtes arrivée à Montréal en connaissant pas vraiment le français…

44 W : Mes parents.

45 A : Vos parents, et vous l’avez surtout appris à l’école…

46 W : A l’école, oui.

47 A : C’est ça… Est-ce que vous gardez un bon souvenir de votre enfance aussi, concernant la vie sociale autour de vous, en dehors de la famille même ? Est-ce que vous gardez un bon souvenir de la vie à Montréal ?

48 W : Oui, toujours. Oui, toujours. J’avais des amis une fois qui m’appelaient, des amis francophones de banlieue, qui m’appelaient square.head25,.tête carrée, parce que j’étais anglophone. C’était un nickname26, j’ai pas aimé ça. quelques fois, j’avais des personnes qui me disaient : « On est à Québec, tu dois parler en français », et moi j’ai toujours dit moi : « On est au Canada, je peux parler les 2 langues ». Et je suis très (fort) fier de ça, qu’au Canada on parle 2 langues, tout le monde, you.know, pour toujours, pour tout le monde. En Colombie-Britanique, Terre-Neuve, même s’ils parlent pas beaucoup, you.know, on a le droit de parler les 2. Mais j’ai… j’ai des beaux souvenirs, j’ai pas des souvenirs négatifs, j’ai eu quelques choses comme ça avec les enfants, mais c’était pas très sérieux. C’était quand j’étais plus, quand j’étais adulte que j’ai vraiment commencé à comprendre les langues plus, l’histoire des langues… C’était pas quand j’étais jeune, j’ai pas vraiment compris qu’est-ce qui se passe dans les politiques. Mes parents ont pas parlé de ça. Ils ont gardé ça pour eux autres, ils ont pas… J’ai lu le journal, mais… c’était plate alors j’ai… you.know, j’ai pas lu les articles sur les politiques et les langues, parce que moi j’avais… j’avais pas de problèmes. Je voulais apprendre le français à l’école et j’aimais mes amis francophones et… alors ça représentait pas mon problème, mais j’étais jeune, c’était pas mon affaire.

49 A : Donc vous aviez des amis et puis vous vous sentiez intégrée ?

50 W : Entre mes amis ?

51 A : A la culture Québécoise ?

52 W : J’ai toujours senti ça, même si je parle, même si je suis anglophone, j’ai toujours senti : « Je suis très fière d’être née à Québec, c’est my.home27,.c’est ma maison, c’est… je viens d’ici, mes enfants viennent d’ici, c’est… ».

Il y a des fois que… comme anglophone, je sais que je suis dans la minorité, et des fois c’est difficile si je parle pas la langue ou si je cherche mes mots, mais ça arrive pas souvent, parce que j’essaie de parler en français et alors…

53 C : Et quand vous rencontrez des difficultés par rapport à la langue, qu’est-ce que ça vous fait ?

54 W : … Je suis… je pense : « Je dois prendre des cours de français Je dois… » Ça serait comme ça. Je pense… Je sens pas des… Ça arrive pas souvent que des personnes disent des choses négatives en ce moment, mais j’ai entendu des choses avec d’autres personnes, mais pas moi, pas moi, j’ai pas eu des mauvaises expériences. Mais, c’était plutôt quand j’étais jeune des fois, quand je travaillais dans un restaurant, j’avais des collègues francophones et ils me disaient : « ah, Ariane, tu dois parler en… », you. know. J’ai un nom francophone, alors tout le monde : « Mais Ariane, c’est francophone ». Mes parents ont choisi ce nom à cause d’un caractère dans un film et c’était pas parce qu’ils étaient francophones. J’ai un frère et une sœur avec des noms anglophones… Alors, j’avais pas de… j’avais pas beaucoup des expériences négatives, vraiment. Même quand je suis adulte, j’ai pas beaucoup, mais je travaille dans un milieu anglophone. Alors ça fait un peu de différence.

55 C : Et vous pourriez vous dire que vous vous sentez totalement Québécoise ?

56 W : Oui, je me sens Québécoise. Mais j’aime pas les politiques. J’aime pas… j’aime pas les lois qui… qui imposent des… J’aime pas les langues… J’aime pas les lois parce que je pense… mais je… J’aime pas toutes les lois, mais je comprends que c’est important de protéger la langue. Et je comprends qu’il doit y avoir des lois à protéger le français, sinon le français va disparaitre ici. Et je crois que c’est important de garder parce que ça fait partie de notre histoire au Canada. Et… je veux pas que ça… que ça va quelque part. I.want.to.keep.french.here,.it’s.important.28.Mais des fois les lois… je trouve que l’idée de séparatisme, non, ça, ça… ça me rend au cœur parce que je suis fière d’être Can… d’être Québécoise, mais je suis anglophone Québécoise. J’apprécie mes amis francophones, j’apprécie ma famille francophone que j’ai mariée. Y a mon beau-frère, j’ai deux beaux-frères, une belle-sœur, qui sont francophones. Je veux le Canada qui va ensemble. Alors quand c’est des lois et des chose comme ça, ça… ça me fait… it.makes.me.angry,.it.makes.me.sad29, ça me fait triste. Parce que je pense qu’on doit garder notre pays ensemble.

57 A : C’est ça, le fait que vous soyez anglophone, vous sentez Canadienne aussi.

56 W : Oui, oui, c’est ça. Je suis Québécoise et Canadienne. Surement, les 2. Les 2. Et je suis fière d’être les 2. Oui, c’est important. C’est notre… Et je suis Australienne aussi. J’ai la citoyenneté d’Australie. J’ai voyagé plusieurs fois en Australie quand j’étais jeune. Alors c’est important pour moi aussi. J’ai une petite partie qui est fière de leur pays aussi.

58 A : OK je comprends. Alors, là on va parler de Willingdon et du programme en immersion. Donc, vous avez décidé d’inscrire déjà votre premier enfant en maternelle, donc c’est-ce lui qui est en 4ème année, c’est ça ?

59 W : 6ème, oui elle est ici depuis la Maternelle.

60 A : D’accord. Et est-ce , que… à l’époque où vous l’avez inscrite, est-ce que vous aviez d’autres choix ?

61 W : Oui, j’avais une école francophone jusqu’en arrière, presque en arrière de ma maison. J’avais ça là, je pourrais… J’ai visité Royal Vale30 aussi. Alors j’avais 3 choix. J’ai visité les trois écoles. J’ai fait mes devoirs avant, j’ai visité les écoles. Alors je pourrais choisir une école francophone si je voulais, mais j’ai pas choisi ça.

62 A : Pourquoi ?

63 W : Well31, je ne voulais pas perdre le droit pour mes enfants d’avoir, d’aller dans une école anglophone et de mes grandchildren32… parce que, si mes enfants ne vont pas dans une école anglophone, leurs enfants peuvent pas aller. Alors je voulais pas perdre ça parce que ça c’est un peu de mon histoire (fort), c’est anglophone, et je voulais pas qu’il perde ça. Mais je voulais qu’ils étaient dans une école où ils apprennent beaucoup de français quand même. Alors ça doit être une école immersion, et pas bilingue comme les programmes EMSB 33, le plus français possible. Alors, j’ai décidé pas l’école francophone. Et dans l’école francophone, il y avait des classes d’accueil, des choses comme ça. C’était… J’ai pas vraiment senti l’accueil. J’ai pas senti ça dans l’école juste à côté de la maison. J’ai pas senti à l’aise. Alors j’ai dit : « Non, je peux pas mes enfants ici ». Et alors j’avais deux choix : Willingdon, Royal Vale. Et c’était pas de questions, j’ai beaucoup… j’ai préféré, mon mari a aussi préféré Willingdon que Royal Vale. (voix basse)

64 A : Royal Vale, c’est aussi en immersion, c’est un programme en immersion aussi ?

65 W : Oui, c’est immersion aussi.

66 A : qu’est-ce que vous saviez du programme en immersion avant de mettre vos enfants ici.

67 W : … Je savais que, je pense que c’était à 80% français jusqu’en maternelle, 1ère et 2ème année. Après ça, c’est 50%, je pense. Alors je savais qu’il prenait presque tous les cours en français, au début, et après c’est… plus d’anglais, mais je savais ça. C’est tout.

68 A : Et donc, vous me parliez des avantages que vous voyez, c’était surtout au niveau de l’enseignement du français, c’est ça, qu’il y avait plus de français.

69 W : Oui, plus de français. Et plus que l’autre. Comme St Monica34, c’est bilingue, alors c’est moins de français. Et je… si mes enfants avaient beaucoup plus de difficultés à l’école, je pourrais peut être considéré, penser mettre dans une école comme ça, parce que c’est moins… si vous avez des… difficultés d’apprentissage ou des choses comme ça, je pourrais mettre mes enfants là.

70 A : Pourquoi ?

71 W : Parce que le français, c’est pas… Beaucoup d’enfants qui ont des difficultés, le français et les math, ce sont… les plus difficultés, ça donne plus de difficultés, alors… il y a plus des enfants qui ont des difficultés d’apprentissages qui vont dans des écoles comme ça. Alors… les profs sont… suited35… les professeurs sont…. they’re.suited.to.work.with.kids.like.that36. Ils ont plus d’expérience à travailler avec des enfants. Mais (fort)… je suis chanceuse, mes deux enfants ont pas de difficultés, alors je voulais donner le plus de français possible, mais en gardant le droit d’aller à l’école en anglais. Comme ça, oui.

72 A : Oui, donc vous me dites, vous pensez qu’il y a des enfants… Tout le monde ne peut pas faire ce type de programme en immersion. Il y a des enfants…

73 W : Non, je pense pas. Il y a des enfants qui ont… les langues c’est difficile à… acquire37 en anglais, on dit acquire. in. a. lenguage,. it’s. a…. it’s.not.an.easy. lenguage,. gives.people.difficulties.and. some.people.don’t. see.words,.they.don’t…..difficultie.reading,.if.they.don’t.hear.the.lenguage38, s’ils entendent pas la langue à la maison, ça clique pas beaucoup dans… dans la tête. Alors… oui.

74 A : C’est un programme plus difficile.

75 W : Je pense. Mais… peut-être . Je pense. Je sais pas exactement, je suis pas dans les autres écoles, mais j’ai l’impression que c’est un peu plus difficile… Ils doivent recevoir plus de français ici que dans les autres écoles, comme ça.

76 A : Alors je vais vous montrer un petit tableau qui représente l’évolution des inscriptions en programme d’immersion française chez les élèves qui sont admissibles. Alors ça c’est dans tout le Canada. C’est pas qu’au Québec. quelle impression ça vous donne ?

77 W : … C’est que de plus en plus les parents et les personnes, ils voient l’importance d’apprendre le français, parce que ça a beaucoup amélioré de presque… Ça, c’était mes années scolaires (en désignant du doigt le début du graphique). C’était ici et ça… it’s.a….double.more.than.double.the.percentage.you.know. In.20.
years,. it’s. gonna.upload,. lot. of.people..They. believe. in. the. importance. of. educating.. Les parents croient dans l’importance de donner leurs enfants à l’éducation en français, de savoir les deux langues. Et ça continue (en désignant du doigt les années 2002 sur le graphique).

78 A : Alors oui, c’est ça. Ça s’arrête en 2002.

79 W : Puis ça continue d’aller plus haut.

80 A : Oui, ça monte encore un peu là, je n’ai pas eu la suite, mais je sais que ça progresse, mais c’est sur que ça progresse pas autant qu’ici (en désignant du doigt les années 1978 à 1990).

81 W : OK, oui. Mais aujourd’hui, il y a… beaucoup d’anglophones qui choisissent les écoles francophones. J’ai deux de mes meilleurs amis qui ont choisi des écoles francophones pour leurs enfants, parce que c’était plus… Ils voulaient qu’ils reçoivent le plus français, le plus… Dans la cour, dans les corridors, ils voulaient tout ça, le plus de français possible. Pour moi, je voulais ça, mais… je voulais pas ça at. the. coast. of. loosing39, je voulais pas perdre leur droit.

82 A : Alors, c’est vrai que l’immersion… quand on parle d’immersion, on parle de bilinguisme, de parler deux langues. Est-ce que vous pensez qu’à la fin des trois cycles de primaires, votre enfant justement, est-ce qu’il parle français comme vous le souhaiteriez ?

83 W : Elle parle très bien. Elle a gagné… the… elle a gagné (?). Ma fille a gagné en 6ème année, cette année. Et elle a participé les 2 années passées. Alors même si elle est anglophone, elle a un petit peu d’accent, elle se débrouille très bien et….

84 A : Vous vous attendiez à ça ? Ou vous êtes surprise ? Ou plutôt peut-être déçu ?

85 W : Ho, je ne suis pas déçu non, pas déçu du tout. Je… Ça me surprend pas parce qu’elle travaille fort. Je suis très fière d’elle, parce qu’elle travaille fort et elle a appris le français. Elle parlait pas de français quand elle a commencé ici. Et quand elle est, maintenant elle est capable de se lever devant 200 personnes, de dire, de parler pour 3 minutes sans feuille, sans papier, de juste dire un texte qu’elle a mémorisé en français, je pense que c’est remarquable, c’est… moi je suis très fière.

86 A : Est-ce que vous considérez qu’elle est bilingue ?

87 W : … Pas encore. Pas encore… Parce qu’elle lit pas à la maison en français. quand elle commençait à lire, quand elle était jeune, quand elle a commencé à lire, en première année, c’était juste en français, mais maintenant, c’est tout en anglais. quand elle commence à lire en français, parce que, ici, je suis un peu déçu, elle lit pas des romans en français, en 6ème, 5èmeA6ème. Les profs m’ont dit : « Oh, ils sont tous à des niveaux différents, c’est vraiment difficile ». L’année prochaine, quand elle commence le secondaire, là ça va commencer, elle va lire. Et je pense que ça va aider aussi… Parce que, pour moi, lire c’est, c’est vraiment, it’s.solidify.your.lenguage40. Alors elle lit pas. Et… elle parle à l’école, mais à la maison, elle parle en anglais… Peut-être, si elle fait pas des cours d’été, alors c’est…. Elle a fait des cours d’arts, mais c’était en anglais, à Wesmount41, alors… c’est… pour qu’elle soit vraiment bilingue, je pense qu’elle doit lire, elle doit avoir l’opportunité de parler plus que juste à l’école. Et, est-ce qu’elle va devenir bilingue ? J’espère. Oui, mais elle est pas là, mais ça s’en vient, oui… Et elle veut être bilingue, complètement. Mais elle comprend très bien, elle peut parler très bien, mais juste, quand elle écrit, c’est les fautes, des choses comme ça. Elle doit apprendre la grammaire, plus, des choses comme ça. Alors 5 ans, 5 ans en secondaire pour apprendre tout ça aussi. Et j’espère que ça va bien aller.

88 A : Elle va continuer son secondaire en français ?

89 W : Non, elle va à EMSB encore. C’est à Royal West. Et c’est une école immersion, secondaire. Alors, elle va prendre… mais c’est un niveau assez avancé. C’est pas une école pour… des enfants avec difficultés. C’est… il y a des enfants qui… Il faut faire l’examen, les entrevues. C’est pas juste… C’est pas juste tout le monde qui peut aller… qui peut faire le programme. Et ils font beaucoup des classes en français. Alors j’espère qu’elle va continuer, et le français va continuer à développer à l’école secondaire.

90 A : D’accord. Il y a 2, 3 semaines, on a fêté au New Brunswick l’anniversaire, les 20 ans de l’adoption du bilinguisme dans la Charte canadienne. C’est-à-dire que ça fait 20 que le New Brunswick est bilingue officiellement. Alors, qu’est-ce que vous pensez de cet anniversaire ? De fêter le bilinguisme ?

91 W : J’aimerais ça que tout le monde fête ça. J’aimerais ça que, à toutes les provinces, on apprécie les deux langues. A Québec, l’anglais c’est pas apprécié comme ça doit être. Et les autres provinces, le français, c’est pas apprécié comme ça pourrait… Alors j’aimerais ça, ça soit fêter partout. C’est vraiment… important pour Canada d’être vraiment bilingue (fort). Ça doit être partout, et c’est pas partout… Mais au Nouveau-Brunswick c’est intéressant. J’aimerais ça que tout le monde soit bilingue, alors c’est important de fêter ça je pense. Je veux pas qu’il gaspille l’argent comme… 200 millions de dollars pour une grande fête, ça c’est un peu assez. Mais… je pense que c’est important pour les provinces de pro… je sais pas le mot, promote42.?

92 A : Promouvoir oui, promouvoir.

93 W : Promouvoir le bilinguisme. Parce que, si vous êtes bilingue, les portes sont ouvertes. Tu peux voyager, tu peux travailler. Et c’est aussi, ça développe le cerveau. C’est vraiment important. Et il y a beaucoup de Canadiens qui parlent 2 langues, mais c’est pas toujours anglais-français, par ex… anglais-chinois, français-chinois… You. know, arabe… you. know, perse… c’est perse-français… you. know… indi, quelque chose. Alors, c’est… je trouve ça c’est intéressant aussi qu’ils parlent plusieurs langues. On doit encourager ça, vous êtes un citoyen de… the.earth,.you.know43, tout le monde. Aujourd’hui, on peut communiquer partout très rapidement avec l’Internet. Alors, pour avoir l’aptitude de parler plusieurs langues, c’est toujours un avantage. Pour moi, moi, selon moi, ça c’est-ce que je pense.

94 A : Je pense qu’on a fait le tour… Vous dites que vos enfants ne socialisent pas encore assez à votre goût en français en dehors de l’école. Vous trouvez que ça pourrait être…

95 W : Ça pourrait être plus. Mon fils joue au hockey et c’est bilingue. Parler 2 langues, ça, c’est assez bien. Mais c’est à moi d’inscrire mes enfants dans des programmes qui sont francophones alors… c’est pas… it.hasn’t.happen44, c’était pas arrivé comme j’aimerais, mais… on a le temps, on a encore du temps. Mon fils va peut-être faire un camp d’été en hockey en français. Et je pense que ça, c’est assez bien de faire ça. Mais comme je suis à la maison pendant les mois d’été, mes enfants sont pas… sont avec moi. On fait des cours dehors à l’école, elle fait de la natation. Elle le fait en français, mais c’est vraiment… c’est pas qu’elle… Elle joue pas, c’est natation, c’est individuel alors… Les instructions sont données en français, mais c’est juste : « Bon, OK, nage », you.know… Et elle comprend les instructions et nage, mais c’est pas… Elle a pas les opportunités pour parler beaucoup, you.know, c’est ça. Alors, j’aimerais ça qu’elle a plus d’opportunité, mais ça c’est à moi de trouver des classes, et aussi, je dois respecter leurs intérêts aussi. qu’est-ce qu’ils veulent prendre ? Des classes, des choses comme ça. Il y a seulement un certain nombre d’heures dans une journée. On peut pas, you.know, on a des devoirs à faire aussi. Elle a fait des cours ici le mardi. Elle fait les arts dramatiques ici, mais c’est en anglais. Elle fait de la natation. Mon fils fait du hockey. Après ça on va commencer le soccer45. Oui c’est ça. Alors, c’est toujours… Pour moi, c’est des activités physiques, physical. C’est très important pour mes enfants de faire ça. Alors… Ici, à NDG, c’est beaucoup de… c’est bilingue, des fois c’est plus anglais, des fois c’est… des années c’est plus français. Mais je suis d’accord avec lui de… ça a marché… Ils ont des amis qui sont… Alors, ils veulent faire des choses avec leurs amis. C’est normal, je pense.

96 A : Vous habitez NDG hein ?

97 W : Oui, NDG, oui.

98 A : C’est plutôt un quartier anglophone aussi ?

99 W : Oui… C’est les 2 mais… Je trouve c’est les 2 mais… on est très confortable de parler en anglais ici. Les enfants, les magasins, des choses comme ça. Tout le monde parle anglais. Les 2 Mais j’aime ça (rire) Pour moi, c’est facile. (rire)

100 A : Bon bah c’est parfait. Je vous remercie beaucoup.

101 W : OK, c’est bon Merci infiniment

5 Université anglophone de Montréal
6 Par soucis de confidentialité, le nom a été changé tout en gardant son caractère anglophone
7 École anglophone en immersion française de la Commission scolaire English-Montreal
8 tu sais
9 Allez
10 Livre de lecture illustré pour le premier cycle primaire.
11 Dictionnaire illustré.
12 blagues
13 frimeuse
14 politiques
15 CEGEP : Collège d´enseignement général et professionnel (correspond au Lycée professionnel français)
16 Oh là là C’est difficile.
17 héritage, patrimoine.
18 Ordure, déchet. (US)
19 Ordure, déchet. (UK)
20 Débouchés (professionnels), chances.
21 beau, joli.
22 C’est une belle langue
23 la passion, vous savez
24 passioné.
25 tête carré.
26 surnom
27 ma maison
28 Je veux que le français reste ici, c’est important
29 ça me met en colère, ça me rend triste
30 École en immersion de la Commission EMSB
31 Hé bien
32 petits-enfants
33 English Montreal School Board : Commission scolaire EnglishAMontréal
34 École bilingue de la commission scolaire EMSB.
35 formés
36 Ils sont formés pour travailler avec des enfants comme ça.
37 acquérir
38 acquire une langue, c’est… c’est pas une langue facile, ça donne des difficultés aux gens et certains ne discernent pas les mots, ils ne… ils ont des difficultés en lecture s’ils n’entendent pas la langue
39 à tout prix
40 ça fixe tes connaissances sur la langue
41 Westmount Park School : École anglophone de la commission scolaire EMSB, programme anglophone.
42 promouvoir
43 du monde, vous savez
44 Ça s’est pas produit
45 football

Page suivante : Annexe 6 C : Entretien E3

Retour au menu : L’IMMERSION FRANÇAISE À MONTRÉAL : QUELLES POLITIQUES LINGUISTIQUES CHEZ LES PARENTS D’ÉLÈVES ANGLOPHONES ?