Annexe 4 : Le « Skunk works » de Lockheed Martin

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De nombreuses entreprises sont connues pour avoir tenté de créer des organisations internes afin de promouvoir l’innovation en leur sein. Un des exemples les plus connus est le groupe « Skunk Works » de chez Lockheed Martin. Le nom du groupe trouve son origine dans une bande dessinée et il a été mis en place en 1943 à l’occasion de la construction du chasseur à réaction P-80. Étant donné que ce groupe a finalement pris part à l’effort de guerre, il était protégé et tenu secret en interne. Kelly Johnson, devenu ensuite célèbre pour les 14 règles de Kelly sur l’intrapreneuriat, était le directeur de ce groupe.

Skunk Works est l’appellation officielle du « Advanced Development Programs » (ADP) chez Lockheed Martin précédemment connu sous le nom de « Lockheed Advanced Development Projects ». Skunk Works est à l’origine de la conception de bon nombre d’avion célèbres, tels que le U-2, le SR-71, le F-117, et le F-22. A l’heure actuelle son principal projet est le F-35 Lightning II, qui sera utilisé par les armées de l’air de plusieurs pays dans le monde. « Skunk works » ou « skunkworks » est un terme très largement utilisé dans le monde des affaires, de l’ingénierie et dans les domaines techniques pour désigner un groupe au sein d’une entreprise bénéficiant d’une large autonomie, libre de toute bureaucratie et chargé de travailler sur des projets novateurs ou secrets.

Les 14 règles de Kelly

Les règles de Kelly ont été élaborées lors du projet XP-80 en 1943. Toutefois, ce n’est pas avant le début des années 1950 qu’elles ont été formalisées et imposées comme les règles de fonctionnement du Skunk Works®.

1. Le manager Skunk Works® doit se voir accorder le contrôle quasi total de son programme, et ce dans tous ces aspects. Il devrait faire ses rapports à un directeur de département ou à un autre supérieur.

2. Des bureaux de projets petits, mais résistants doivent être soutenus par l’armée et par l’industrie.

3. Le nombre de personnes en relation avec le projet doit être restreint de façon presque vicieuse. Utilisez un nombre réduit de personnes efficaces (seulement 10% à 25% des effectifs des systèmes dits-normaux).

4. Les plans doivent être simples et un système de communication des dessins flexible doit être mis en place pour faciliter les changements.

5. Le nombre de rapports nécessaires doit être minimal, toutefois les avancées importantes dans le travail doivent être consignées minutieusement.

6. Une révision mensuelle des coûts doit être réalisée. Elle reprend non seulement ce qui a été dépensé et utilisé, mais aussi les coûts futurs nécessaires à l’achèvement du programme. Ne prenez pas 90 jours de retard dans vos livres de compte et ne surprenez pas le client avec des dépenses inattendues.

7. Le contractant doit se voir confier et doit assumer plus de responsabilités afin d’obtenir de bonnes offres de ventes pour des sous-contrats du projet. Les procédures d’offre commerciale sont souvent meilleures que les offres militaires.

8. Le système d’inspection utilisé actuellement par le Skunk Works®, approuvé par l’armée de l’air et la marine, répond aux besoins militaires existants et devrait être utilisé pour d’autres projets. Confiez davantage les responsabilités d’inspection de base aux sous-contractants et aux vendeurs. Ne dédoublez pas tant d’inspection.

9. Le contractant doit pouvoir tester son produit final en vol. Il peut et doit le tester lors des périodes de démarrage. S’il ne le fait pas, il perd
rapidement sa compétence de concevoir d’autres véhicules.

10. Les spécifications d’application pour le matériel doivent être acceptées avant la signature du contrat. La pratique de Skunk Works® consistant à avoir une section établissant clairement quelles spécifications militaires importantes ne seront pas respectées sciemment et les raisons de ce non-respect est donc vivement recommandée.

11. La création d’un programme doit se faire dans les temps afin que le contractant n’ait pas à courir les banques pour soutenir financièrement les projets du gouvernement.

12. Une confiance mutuelle doit s’établir entre les organisations de projets militaires et le contractant, avec une coopération et une relation d’informations au jour le jour. Ces éléments permettent de réduire au minimum les malentendus et les communications écrites.

13. L’accès aux personnes extérieures et au personnel doit être contrôlé par des mesures de sécurité appropriées.

14. En raison du nombre peu élevé de personnes travaillant en ingénierie et dans d’autres domaines, il est nécessaire d’envisager de récompenser les bonnes performances par des rémunérations ne se basant pas sur le nombre de personnes dirigées.

Sources : http://www.wikipedia.com ; http://www.lockheedmartin.com/aeronautics/skunkworks/14rules.html

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