2.3. Les domaines d’application de la télédétection

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Le premier grand domaine d’application de la télédétection a été l’étude de l’atmosphère (météorologie et climatologie). L’intérêt de la télédétection dans ce domaine est d’assurer une couverture globale et très fréquemment répétée de la planète. Les satellites en orbite géostationnaire, à 36 000 km de la Terre, permettent d’obtenir une image couvrant près d’un cinquième de la surface terrestre toutes les demi-heures ; cinq satellites de ce type assurent une couverture globale de l’atmosphère terrestre, à l’exception des pôles. Ce système est complété par des satellites en orbite polaire, à 900 km d’altitude, qui offrent plus de précision. Les capteurs utilisés permettent d’observer les nuages et leur déplacement, de mesurer des températures ou le contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère. Parallèlement au système opérationnel de veille météorologique, la météorologie est un domaine très actif de la recherche en télédétection ; des capteurs encore expérimentaux, utilisant les micro-ondes, effectuent de véritables sondages de l’atmosphère et mesurent la composition de la stratosphère (ozone) ou les termes du bilan radiatif. Le traitement des données par les physiciens a pour but d’obtenir des paramètres géophysiques susceptibles d’être intégrés dans des modèles numériques de prévision météorologique ou de l’évolution climatique future.

En océanographie, la télédétection offre l’avantage de permettre une vision synoptique de vastes régions qu’il est impossible d’obtenir par les moyens traditionnels (bateaux). Pour certaines études à petite échelle, les données des satellites météorologiques sont largement utilisées en océanographie (températures de surface de l’océan) ; pour les études côtières, ce sont les satellites de télédétection terrestre, équipés de capteurs à haute résolution, qui sont les plus utiles. Des satellites spécialisés à vocation océanographique ont volé dans un passé récent (Nimbus, Seasat) ou volent depuis le début des années 90 (ERS-1 de l’Agence Spatiale Européenne, TOPEX-Poseïdon). Les types de capteurs utilisés pour l’océanographie sont très variés. Les radiomètres utilisant le rayonnement visible analysent la couleur de l’océan, qui permet de mesurer la production biologique (plancton) et la turbidité; les radiomètres infrarouges ou microonde mesurent la température de surface de la mer. La répartition des températures ou des turbidités est un indice des courants océaniques. Les radars embarqués sur des avions ou certains satellites ont l’avantage d’être insensibles aux nuages; ils permettent d’observer les phénomènes ondulatoires présents sur l’océan, les vagues en particulier. Enfin, certains types particuliers de capteurs, radars-altimètres ou diffusiomètres sont utilisés pour mesurer avec une très grande précision l’altitude de la surface de la mer qui est un reflet de la dynamique océanique (courants généraux), ou la vitesse du vent sur la mer. Parmi les applications océanographiques de la télédétection, citons enfin l’étude des glaces de mer en régions polaires.

Les applications terrestres de la télédétection sont extrêmement variées. La photographie aérienne, sous toutes ses formes, est encore, sans doute pour peu de temps, le moyen le plus usuel de télédétection ; les photographies aériennes sont de plus en plus utilisées sous forme numérique de façon à permettre leur correction géométrique (orthophotos) et leur intégration dans les Systèmes d’Information Géographique. En télédétection spatiale, ce sont surtout les radiomètres optiques à haute ou très haute résolution qui sont utiles pour les applications terrestres. Depuis 1972, les progrès dans ce domaine sont remarquables : on est passé d’une résolution de 80 m (MSS de Landsat), à 30 m (Thematic Mapper) et à 20,10 et 2,5m (HRV de SPOT). En géologie ou pour l’étude de la végétation, les radars imageurs, surtout aéroportés, sont aussi très utilisés. Le champ des utilisations de la télédétection ne cesse de s’élargir : cartographie, géologie et prospection minière, mais aussi surveillance des cultures ou du couvert forestier, urbanisme, aménagement, génie civil, etc.

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