1.2.2. Les causes de la dégradation

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La dégradation est un processus graduel dont les conséquences peuvent ne pas être subies par les auteurs, ce qui explique souvent l’absence de perception par les paysans.

Certains types de dégradations ont souvent des effets en aval plus néfastes que ceux causés dans les zones de départ des phénomènes (barrages ensablés, routes détruites, ravines d’érosion, dépôt de sables et d’éboulis dans les champs des bas-fonds).

Des causes biophysiques socioéconomiques et les impacts des changements climatiques sont à l’origine de la dégradation des terres.

1.2.2.1. Causes biophysiques

Elles proviennent essentiellement de la péjoration des conditions climatiques (sécheresse) et de la forte intensité des pluies. En milieu tropical, l’érosion hydrique est favorisée par la violence des pluies et la rareté de la couverture végétale du sol.

La faible capacité de rétention de l’eau, la faible stabilité structurale et la nature squelettique de certains sols sont des facteurs favorisant le détachement des particules et leur transport par le vent et/ou l’eau. La rapide décomposition de la matière organique du sol (cinq fois plus rapide que dans les zones tempérées) et son lessivage sont aussi des facteurs importants.

1.2.2.2. Causes socioéconomiques et politiques

Parmi les causes socioéconomiques on peut citer :

– la forte croissance démographique avec son impact sur les terres disponibles, le raccourcissement de la jachère et l’extension des cultures vers les zones marginales ;
– la mauvaise gestion agricole, le surpâturage et le déboisement ;
– la destruction des écosystèmes fragiles ;
– la politique agricole peu cohérente et sujette à de nombreux changements ;
– les programmes d’ajustement structurels qui ont démantelé des services étatiques, ce qui affecte les subventions sur les moyens de production et les mesures de soutien des prix. Ceci se traduit par une chute du revenu des exploitants avec le recul des investissements dans les techniques d’utilisation durable des sols ;

1.2.2.3. L’impact des changements climatiques

Parmi les causes de la dégradation des terres on peut aussi citer l’impact des changements climatiques. En tirant le bilan sur les changements climatiques et leurs effets observés, le GIEC (2007) cite entre autres dans son 4ème rapport(12):

– le réchauffement du système climatique, avec comme effet une hausse à l’échelle du globe des températures moyennes de l’atmosphère et de l’océan, une fonte massive de la neige et de la glace et une élévation du niveau moyen de la mer,
– l’augmentation des émissions mondiales de GES (imputables aux activités humaines depuis l’époque préindustrielle(13);
– la chute du rendement de l’agriculture pluviale ;
– l’augmentation des superficies des terres arides ;
– l’aggravation des effets de la malnutrition et des maladies diarrhéiques, cardiorespiratoires et infectieuses ;
– l’augmentation de la morbidité et de la mortalité due aux vagues de chaleur aux inondations et aux périodes de sécheresse ;
– lourdes conséquences pour les services sanitaires.

L’encadré qui suit montre des incidences probables des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes.

Encadré 2 : Incidences probables des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes

Tableau 4 : Exemples d’incidences possibles des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes associés aux changements climatiques, selon les projections

Exemples d’incidences possibles des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes associés aux changements climatiques, selon les projections

Source : GIEC, 2007

12 Ce rapport constitue l’évaluation scientifique la plus complète et la plus à jour des impacts des changements climatiques sur toutes les régions du monde, de la vulnérabilité des milieux naturels et humains, et des moyens possibles de s’adapter aux changements climatiques.
13 La hausse a été de 70 % entre 1970 et 2004

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