1.1.1 PROBLEMATIQUE

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L’année 1989 a vu les Nations Unies adopter une convention relative aux droits de l’enfant, et aura marqué dès cet instant, un tournant décisif en la matière. Désormais, la mobilisation d’un soutien politique international en vue de l’éradication du travail des enfants sera un objectif clairement et durablement affiché (ONU, 2000). Ainsi, au cours des deux dernières décennies, on a observé des efforts concertés pour réduire les niveaux de travail des enfants, efforts dans lesquels les employeurs et les travailleurs ainsi que leurs organisations ont joué un rôle majeur.

Cependant, malgré l’importance des efforts déployés, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) fait encore état, en 2010 dans le monde, de trois cent cinq (305) millions d’enfants s’adonnant à une activité économique. Plus grave, ce sont deux cent quinze (215) millions d’enfants qui sont astreints à travailler. Parmi eux, cent quinze (115) millions s’adonnent à des travaux dangereux soit plus du tiers (37,7%). Toujours selon l’OIT, beaucoup d’entre ces enfants travaillent à temps plein. Les autres combinent le travail avec l’école ou d’autres activités non économiques. Par ailleurs, l’OIT affirme que la plupart des enfants travailleurs (70%) continuent en 2010 d’être employés dans l’agriculture. Les un cinquième (1/5) seulement d’entre eux sont rémunérés et l’immense majorité constitue des travailleurs familiaux non rémunérés. Ces statistiques montrent que la main d’oeuvre infantile, constitue une part majeure de la population active mondiale.

Par ailleurs, le rapport du BIT en 2011 sur le travail dangereux des enfants renseigne qu’au niveau régional, l’Asie et le Pacifique comptent le plus grand nombre d’enfants astreints aux travaux dangereux. Cependant, la plus grande proportion d’enfants astreints aux travaux dangereux en référence au nombre global d’enfants de la région se situe en Afrique sub-saharienne (OIT IPEC, 2011). En effet, les enquêtes sur le travail des enfants en Afrique de l’Ouest montrent qu’au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, au moins 80% des enfants de 5 à 17 ans, sont soumis à des activités dommageables, travaillent dans des conditions dangereuses (Y. Diallo, 2008).

L’ampleur de ces chiffres montre que l’axe le plus important à prendre en compte dans la réduction du travail des enfants est la lutte contre le travail dangereux.

Outre cette ampleur des travaux dangereux dans notre pays, les effets sur le bien-être des enfants sont très nuisibles. En effet, les enfants astreints à des travaux dangereux occupent des emplois où ils risquent d’être tués ou blessés ou d’avoir des problèmes de santé liés au travail. Le BIT estime que pas moins de 22 000 enfants sont tués au travail chaque année. Les problèmes de santé permanents liés aux travaux auxquels ils sont astreints, comprennent notamment: les troubles musculo-squelettiques dus au port de lourdes charges, les affections respiratoires dues à l’exposition aux poussières, les cancers et troubles de la reproduction en raison de l’exposition aux pesticides et aux produits chimiques industriels. Les incidences sur la santé d’un temps de travail prolongé, manque d’hygiène, stress, harcèlement sexuel et violence au travail doivent également être prises en compte. Alors que les adultes et les enfants travailleurs dans la même situation font face aux mêmes dangers, le risque est plus grand chez les enfants car leur esprit, leur corps et leurs émotions sont encore en cours de développement et ils sont moins à même de se protéger.

Malgré ces problèmes précités, les travaux entrepris dans le domaine des travaux dangereux dans notre pays sont peu nombreux. C’est dans ce souci que notre étude s’intéresse aux enfants astreints aux travaux dangereux en se proposant d’étudier les profils de ces enfants et les facteurs qui les contraignent à ces types de travaux.

A quel niveau se situe le Bénin dans la lutte contre le travail des enfants et quels sont les éléments qui favorisent les travaux dangereux des enfants au Bénin? En mettant en évidence, les liens traditionnellement établis entre pauvreté et travail des enfants d’une part, et entre éducation et travail des enfants d’autre part, cette étude détermine les principaux facteurs de l’astreinte des enfants aux travaux dangereux au Bénin.

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